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Sweet family (Ft Katerina)

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Julian S. Monroe
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MessageSujet: Sweet family (Ft Katerina) Lun 1 Sep - 1:06

Sweet family
Katerina & Julian

Julian avait passé une très mauvaise nuit à l'hôpital. Les infirmières étaient venues deux fois pour voir comment il allait et constater qu'il ne dormait pas. C'est au petit matin qu'il parvint à tomber dans les bras de Morphée. Le personnel médical fit une exception et décida de le laisser récupérer. Trois heures plus tard, Monroe se réveilla. Il était onze heures et quelques... Dehors, c'était plutôt silencieux ça le changeait. Il se redressa sur le lit. Ce que ça pouvait être inconfortable... Il regarda dehors, à travers la fenêtre. On lui avait déconseillé de trop bouger parce qu'il était encore en observation. Les médecins voulaient s'assurer que tout aille bien. Après deux mois de coma, il fallait être sûr que tout soit opérationnel : muscles comme cerveau. Et là ça pêchait beaucoup. Julian n'avait rien perdu de sa capacité intellectuelle, par contre, il avait un trou de mémoire énorme sur tout ce qui s'était produit depuis ses quinze/seize ans... Et ça, c'était dramatique. Roméo avait tenté de lui expliquer ce qu'il savait de sa vie, les médecins aussi, au fur et à mesure. Perdu, désorienté, Julian faisait mine d'avoir de vagues réminiscences histoire de ne pas paraitre étranger à lui-même. Mais au fond, impossible de lutter contre cette amnésie. Il avait beau essayer, tout était compliqué. Il prit la télécommande et alluma la télévision. Ca lui occupait l'esprit et il évitait de broyer du noir. Pas évident d'aller de l'avant sans les six dernières années de sa vie.

Il zappa sur une chaîne jeunesse où il y avait des dessins animés. A son époque, il badait les Looney Tunes... Là, il devait se contenter de... Naruto... après dix minutes, il se lassa et finit par zapper encore. Il tomba sur une émission de cuisine. Tiens... des lasagnes au saumon... ça lui disait quelque chose. Il se rappela soudain d'un moment qu'il avait oublié, chez sa mère... L'odeur du plat qui cuit doucement dans le four, sa demie-soeur... comment s'appelle-t-elle déjà... Katia ? Non... Karen ? Il cherche un stylo dans le tiroir de la table de nuit juste à côté, pressé de noter les détails de ce souvenir... D'un geste maladroit, il arracha le câble du téléphone et fit tomber la télécommande. La chaîne se changea alors pour se mettre sur un écran d'abonnement payant... pour adultes. Sons et images étaient équivoques. Julian ouvrit le tiroir pour en récupérer le stylo. N'ayant pas de papier il écrivit sur sa main quelques mots avant de soupirer... Il s'était déconcentré. Résultat impossible de se rappeler ce que ce plat de lasagnes évoquait chez lui. Il leva les yeux vers la télévision. Il avait failli l'oublier celle-là. Il se pencha doucement sur le côté. C'est à ce moment là que la porte de la chambre s'ouvrit. Un infirmier rentra et le salua. Dans la précipitation, Julian se redressa. L'homme le regarda, surpris, posa ses yeux sur la télévision et balbutia des excuses... Il pensait être tombé au mauvais moment. Quelle idée d'avoir le satellite ici ! Dans un hôpital ! En plus, le type n'avait pas lu le petit texte : "Diffusion des programmes à partir de 23h".

- Je... la télécommande m'a échappé des mains et ça s'est déréglé... Je me suis rappelé... mais j'ai oublié...


L'infirmier ramassa la télécommande pour la rendre à Julian. Ce dernier ne perdit pas une seconde pour éteindre la télévision. Il était rouge comme une tomate. Il se rendit soudain compte qu'il n'était pas entré seul... il y avait une jeune femme derrière lui qui tenait quelque chose dans ses bras... un bébé. Julian fronça les sourcils et posa ses yeux sur la jeune femme. Il la connaissait... Comment elle s'appelait déjà... Lauren ? Loïs !!! Non ça c'était le prénom de la fille amoureuse de Superman, il avait vu l'épisode hier. Il agita nerveusement la télécommande... L'infirmier nota son air un peu perdu et il demanda :

- Vous la reconnaissez n'est-ce pas ? Elle est venue avant-hier ?

- Oui, oui je la reconnais très bien ! Je ne m'attendais pas à ce que tu viennes, Linda.

Il avait dit le premier prénom qui lui était passé par la tête. L'infirmier le corrigea doucement.

- Katerina...

- Kat ! Oui Katerina ! Je suis fatigué... je n'ai pas bien...

C'est alors qu'il se figea et devint blanc comme un linge... Dans le bras de sa cousine, un petit couinement s'était élevé. Il savait de quoi il s'agissait. Un bébé... son bébé... Sa gorge s'assécha tout à coup. Il était papa... lui... il ne savait pas quoi faire ! Ni quoi en penser... Etait-il prêt à élever un bambin ? L'infirmier lui fit un sourire bienveillant, récupéra l'urinoir et sortit de la pièce, laissant Julian en famille. Il ne savait pas quoi dire, ni quoi faire. Comment ça marchait les gosses ? Sans s'en rendre compte, il tremblait légèrement. Il avait l'air terrorisé à l'idée d'avoir un fils...

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Katerina M. Lehtonen
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MessageSujet: Re: Sweet family (Ft Katerina) Lun 1 Sep - 21:38

    C’est étrange parfois comment madame la vie se joue de vous : elle vous balance sa copine l’horrible vérité à la gueule puis vous oublie pendant longtemps avant de revenir foutre la merde comme pas possible. J’aurai espéré qu’après toute cette histoire concernant mon adoption qu’elle me laisserait tranquille… mais non. A croire que je devais être son jouet préféré ou quelque chose du style. J’aurai aimé l’avoir en face, en face à face pour lui dire ma façon de voir les choses, que tout ce qui était arrivé ces derniers mois étaient pire qu’injuste, que j’avais déjà eu mon lot d’emmerdes pour les cinquante années à venir… mais non, elle s’en fouterait royalement. Qui se soucierait de la petite miséreuse Lehtonen de toute façon ? Personne. Voilà. M’enfin c’était plutôt égoïste de ma part de dire cela car je n’étais qu’un dommage collatéral dans les derniers évènements… Ce n’était pas moi qui avait été touchée de plein fouet comme Michael, Kathlyn ou encore Julian. Julian qui, d’ailleurs, avait eu la chance de rester parmi nous. Lui… et son fils. Fils dont j’avais actuellement la charge. C’était totalement irréel et inconcevable. Moi, Katerina Minka Lehtonen, j’avais un gosse à charge alors que je n’avais que dix-neuf ans… et que le petit Jésus n’était pas encore entré dans la crèche qui plus est ! Damn. J’aurai aimé que tout cela ne soit qu’un mauvais rêve mais les pleurs du nourrisson étaient encore bien là ce matin pour me réveiller. J’émergeais difficilement.


    Je me penchais au-dessus du berceau et de l’adorable petite frimousse du Monroe. « Bonjour toi » lui dis-je tendrement en caressant sa joue du bout des doigts. C’est fou comme je m’étais attachée à ce gamin au fil des jours, aujourd’hui pour rien au monde je ne le confirais à un autre membre de la famille qu’il soit Eubanks ou du côté de Kathlyn. JAMAIS même si c’était plutôt compliqué pour moi de gérer cela, mes deuils, le boulot et cette relation d’autant plus bizarre qui se tramait avec Dimitri. Mais je tenais bon parce que je le devais. Je ME le devais, je le devais à Julian, à Kathlyn et à Michael. Je n’avais tout simplement pas le droit de m’écrouler, pas maintenant. Je n’ai jamais été croyante et je ne le serai sans doute jamais mais il y avait bien une chose en laquelle je croyais : c’est qu’ils me regardaient de là-haut et qu’ils veillaient sur moi. Je pris le petit bout de chou dans mes bras pour lui donner le premier biberon de la journée. Et dire qu’il y a deux mois je refusais net tout ça… sur le coup j’avais refusé de m’occuper de mon p’tit gars. En fait quand le téléphone avait sonné je m’étais cru comme dans ce film où les meilleurs amis de l’héroïne décèdent dans un accident de voiture et qu’elle doit élever leur gamine. Sauf que dans ce cas seule Kathlyn était partie… j’avais la gorge serrée à chaque fois que je pensais à elle, je la voyais dans les yeux de son fils. Julian était encore là mais j’avais cette terrible sensation qu’une partie de lui était partie également. Pas à cause du coma non, mais à cause de son amnésie. J’avais beau venir le voir le plus souvent possible avec son enfant, il ne me reconnaissait presque jamais. Ni lui, ni moi. C’était plutôt dur. Surtout que Julian et moi n’avions jamais été très proches. Je n’avais pas compris pourquoi c’était à moi de m’occuper de leur enfant, moi la p’tite dernière de la famille qui était encore une femme-enfant elle-même… C’était bizarre et même insensé. Je suppose que c’était probablement le souhait de Kathlyn vu qu’elle ne s’entendait pas avec Candice, que Michael nous avait quitté lui aussi début juillet, que mes parents ne la portaient pas dans leur cœur, que la mère de Julian était partie… tsss trop de monde qui n’était plus là.

    Aujourd’hui ne dérogeait pas à la règle. Malgré les mauvais souvenirs qui hantaient les couloirs du Richmond, j’embarquais mon petit pour un long trajet dans le métro New-York afin d’y aller voir son père. C’était mon jour de repos, je comptais bien passer la journée là-bas. J’estimais que Julian devait passer le plus de temps possible avec son fils, que ça l’aiderait à retrouver la mémoire et au fond de moi je croisais les doigts pour contribuer à sa rémission également.

    Je connaissais cet endroit comme ma poche à présent… et c’était triste à dire. J’y avais même mes habitudes maintenant. Inutile de passer par l’accueil, j’avais seulement à m’annoncer à un infirmier du service dans lequel était placé Julian pour qu’il me conduise à lui. Intérieurement cela me rassurait qu’un membre de l’hôpital m’y accompagne car j’avais toujours un peu peur de la réaction de Julian en me voyant. Imaginer les réactions possibles d’un amnésique était plutôt angoissant. J’avais laissé la poussette à l’entrée du service pour ne pas m’encombrer et serrais bien fort le petit bout contre moi « Qui c’est qui va voir papa, qui c’est ? » lui dis-je doucement avant que l’infirmier n’ouvre la porte de la chambre de Julian. La scène qui suivit m’arracha un sourire… jusqu’à ce que Julian me nomme Linda. Je fronçais les sourcils. Une fois de plus. Une fois de plus il ne se souvenait pas de moi. Ça faisait mal. Je tentais tant bien que mal de sourire lorsqu’il prononça mon nom mais cela devait plus ressembler à une grimace qu’autre chose, je ne considérais pas cela comme une victoire, l’homme en blouse blanche l’avait aidé à se rappeler. Je m’approchais de Julian pour lui dire bonjour quand il se figea net. Je fis de même instinctivement. Son regard était planté sur ce petit être qui était dans mes bras. Oh mon dieu… il se souvenait de lui, je le sentais, il s’en souvenait ! Je me tournais, radieuse, vers l’infirmier « Ça va aller, merci » lui dis-je pour le congédier gentiment.

    J’allais m’asseoir sur le lit de Julian tout près de lui. « Shhh calme-toi, tout va bien » tentais-je de le rassurer en voyant ses mains trembler. « N’ai pas peur, il avait hâte de te voir et moi aussi » Je me penchais vers lui et déposais un bisou sur sa joue en guise de bonjour un chouia en retard. « Comment tu te sens aujourd’hui ? Tu as mal dormi c’est ça ? » Je baissais les yeux sur le petit garçon qui gazouillait « C’est une chose que vous n’avez pas en commun, il fait dort comme un bébé ! Il fait ses nuits maintenant » J’adressais un sourire bienveillant à mon cousin puis lui tendis son enfant « Tiens porte le. C’est pour toi qu’il est venu, il me supporte déjà bien assez comme ça tous les jours » Je ris.


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Julian S. Monroe
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MessageSujet: Re: Sweet family (Ft Katerina) Mer 3 Sep - 22:36

Sweet family
Katerina & Julian

Malgré la prévenance de Katerina, son ton doux et réconfortant, Julian était tétanisé... La vue de son fils le faisait angoisser. Il ne parvenait pas à reprendre le contrôle de lui-même. Si seulement il avait pu avoir des jambes solides pour s'enfuir à toute vitesse et se cacher dans un placard à balais ! Il ne put prononcer un mot et il déglutit avec difficulté. Malgré ses craintes, il ne lâchait pas ce petit être des yeux. Le petit garçon n'avait que deux mois et il affichait déjà des ressemblances troublants avec son père. Il avait le même nez, la même bouche... et des yeux qui semblaient virer au vert... sans doute comme Kathlyn. Toutes les personnes qui étaient venues ici le lui avait dit. Il aurait vendu ses organes pour être papa. Et maintenant qu'il l'était, qu'il ne se souvenait plus de rien, il voyait ça comme un cauchemar. Le sourire bienveillant de sa cousine n'y changea rien. Elle le lui mit dans les bras sans qu'il puisse de rétracter ou décliner ce "don". Pendant quelques minutes, le jeune homme resta comme interdit, n'osant plus respirer. Son fils était lové entre ses bras puissants bien que ramollis par le coma. On sentait toute sa maladresse d'homme dans sa façon de tenir cet être fragile. On aurait dit qu'il avait peur de le briser, que le moindre souffle pouvait lui provoquer d'atroces douleurs. Le garçon chouina une nouvelle fois et sa petite main attrapa le pouce de son géniteur qui paraissait démesuré. Comme si ce geste suffisait, Julian se détendit. Une larme tomba sur le front de l'enfant, alors que Monroe gardait les yeux baissés pour ne pas montrer à Katerina qu'il pleurait. Emu, il prit enfin la parole :

- Quel genre de père oublierait le prénom de son fils... je sais que tu me l'as dit... mais je ne m'en rappelle plus... j'ai ce bout entre les bras... je ne me souviens pas de sa mère... ni de l'avoir conçu... je suis étranger à ma propre vie. Si seulement je pouvais... avoir un flash... quelque chose... il a le pire des pères qu'on puisse avoir... comment je suis sensé faire ? Qu'est-ce que je peux lui dire ?

Il secoua la tête, visiblement désemparé. Un larme roula sur sa joue tout doucement. Pleurer, ça ne lui ressemblait pas. Mais il tenait son fils entre les bras... son petit Nathan. Il aimait bien ce prénom même s'il n'en gardait pas souvenir. Le bébé porta doucement la pouce de son père à sa bouche dans un geste attendrissant. Il ne pleurait pas, il semblait paisible. Julian, lui, ne put retenir un sourire. Et tout naturellement, il se montra moins stressé, moins crispé. Il tenait l'enfant avec beaucoup plus de naturel, comme si ça ne l'avait jamais quitté. Combien de fois s'était-il entraîné avec des sage-femmes pour apprendre à le tenir correctement ? Dès qu'il avait su que Kathlyn était enceinte, il avait pris des cours, pour être sûr d'être à la hauteur, comme si le milliard de livres sur le sujet qu'il avait lu n'y suffisait pas. Les larmes avaient cessé. Il leva ses yeux rougis et fatigués sur Katerina et la regarda, sans rien dire. Il fallut plusieurs minutes avant qu'il ne prenne la parole.

- Merci de l'avoir recueilli... de t'en occuper... et de me l'amener... je ne sais pas ce que tout ceci va impliquer, mais... je sais ce que j'aurais perdu si je ne m'étais pas réveillé. Pour répondre à ta question, je suis... épuisé... je ne dors pas beaucoup. Et j'ai mal partout. Le médecin a dit que c'était... euh... que j'étais rouillé... ankylosé. Il veut attendre avant les séances de kiné... que mes vertiges passent. Et toi comment vas-tu ? Tu as besoin de quelque chose pour vous deux ? Le notaire est passé pour une donation... il parait que cet argent me revient de droit mais je n'ai rien compris. Ce serait l'argent de... Cas... Carol...

Il secoua la tête, tout était confus, brouillon. Il n'arrivait pas à se rappeler le prénom de sa femme. C'était extrêmement touchant et ça glaçait les sangs. Il n'avait vécu que pour elle pendant ces dernières années. Le médecin estimait cependant que son amnésie était un moyen d'auto-défense. Il changea de sujet, sans se rendre compte qu'il mettait les pieds dans le plat :

- Comment va Michael ? La mort de maman a du lui faire un choc... j'aurais aimé qu'elle soit là.

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Katerina M. Lehtonen
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MessageSujet: Re: Sweet family (Ft Katerina) Sam 6 Sep - 1:25

    Le geste m'avait semblé être le plus naturel au monde, la chose à faire. Ce petit garçon n'était pas le mien même si je m'en occupais comme tel durant l'hospitalisation de son père. Ayant moi-même été adoptée, je me doutais de l'attention dont il avait besoin et aussi son besoin de comprendre la situation actuelle. Certain pourrait trouver cela dérisoire vu le jeune âge du petit Nathan, mais peu m'importait. Je lui racontais ce qu'il s'était passé, j'étais certaine qu'il m'entendait. Et ça me faisait indirectement du bien de lui parler de ses parents, j'aurai aimé que l'on fasse de même pour mes parents biologiques, savoir d'où je viens, tout ça. Alors maintenant que la petit était réuni dans la même pièce que son père, il était logique que je m'en sépare pour qu'ils en profitent pleinement. Si Julian n'avait pas été amnésique je les aurai même laissé seuls dans la chambre d'hôpital. Non pas que je ne faisais pas confiance à mon cousin vu son état, c'était juste qu'il devait se poser des millions de questions, qu'il ne savait peut-être plus comment s'y prendre... alors je me devais d'être là, d'être son bras droit durant tout le processus de guérison et même après. Nous avions perdu bien trop de temps à nous chamailler pour des histoires familiales à la con.

    La scène était plus que touchante, c'était beau, attendrissant et bien que Julian ne disait rien pour le moment, je pouvais lire toutes son émotion sur ses traits. Cela me rendait heureuse et triste à la fois. Le beau visage de Kathlyn manquait cruellement à la scène. Mais je n'avais pas le droit de pleurer ou même faillir. Je n'en n'avais tout simplement pas le droit, pour Julian, pour Nathan. Je m'écroulerais juste une fois de plus ce soir dans mon lit une fois que le petit ange aurait rejoins les bras de Morphée. « Eh » un simple murmure pour calmer les angoisses et les questions de mon cousin. Je posais ma main sur son épaule ne voulant pas m'imposer dans ce moment privilégié avec son fils, un signe que j'espérais réconfortant pour lui. « Écoute, rien n'est de ta faute. Tu n'as pas demandé à ce que ça tombe sur toi. Tu n'y es absolument pour rien d'accord ? Et arrête de culpabiliser, tu es un père fantastique. Regarde, même lui le sait » dis-je en adressant un petit coup de tête en direction du bout de chou qui agrippait tendrement au pouce de son papa. « Tu es attentionné, doux, patient, tu t'y prends à merveille avec lui. Je sais bien que ce n'est pas facile pour toi en ce moment, que ça doit être extrêmement dur à vivre mais tu ne dois jamais, jamais douter de ça. Promets-le moi. » Je cherchais son regard comme pour lui faire comprendre l'importance de mes mots, de ma démarche et de la promesse que je lui demandais. Ce qu'il pouvait lui dire ? Un léger sourire se dessina sur mon minois alors que je caressais doucement la tête du nouveau né. « Tu peux déjà lui dire bonjour Nathan, c'est son prénom. » Je reportais mon attention sur le père. « Est-ce que ça te dit quelque chose ? Il figurait dans le top trois des noms que vous aviez choisi pour lui. » Je n'osais pas mentionné le nom de Kathlyn, ça serait beaucoup trop douloureux pour Julian et pour moi également. De plus, je ne voulais pas gâcher ce moment. « Ne te pose pas de questions, tu es père, tu as ça en toi. Ça va venir naturellement. Laisse toi aller, dis-lui juste ce que tu as sur le cœur ou ce que ça te fait de l'avoir dans les bras, le choix est vaste. » Je lui adressais un sourire réconfortant avant de me pencher vers le marmot, comme pour lui montrer l'exemple « Alors Nathan, tu es pas bien là dans les bras de papa ? Oh oui, t'es heureux là hein, t'es heureux ! Tu sais que ton papa t'aime trèèèèès fort ? Et tatie Kat aussi, même si tu piques des colères parfois ! » Je riais doucement à mes propres dires. Je me redressais « Tu vois, c'est pas bien compliqué. Regarde comme il se marre, il doit se dire que sa tante est un vrai clown ! »

    Il faut dire qu'avec un petit rayon de soleil comme Nathan, mon côté asociale et dark passait à la trappe. Ce gosse avait le don de me donner la pêche et la banane tous les jours malgré la fatigue et parfois le ras-le-bol. Je me tus ensuite pour le laisser faire, je pris néanmoins soin d'essuyer délicatement la larme qui coulait sur sa joue. « Eh ! Tu n'as pas à me remercier. C'est normal, je le fais avec plaisir. Et puis, tu l'aurais fait pour moi aussi dans le cas contraire non ? » J'espérais que sa réponse soit oui. Tout ça pour dire que c'était normal de se serrer les coudes dans une famille. « Ne t'en fais pas, je m'en occuperai aussi longtemps qu'il le faudra. Tu peux compter sur moi. » Et puis mine de rien je m'étais attachée à ce petit bout avec le temps. Je fronçais les sourcils en écoutant Julian me raconter son état, sa toute petite forme physique. Je ne comprenais pas que les médecins le laisse ainsi en compagnie de ses douleurs au point de n'en plus dormir. « Ils ne te donnent pas d'anti-douleurs ? C'est un comble quand même... tu veux que j'en touche un mot à l'infirmier avant de repartir ? Il faut que tu te reposes au maximum bon sang. » Je souhaitais que sa guérison soit rapide et efficace et si la nécessité se présentait je n'oserai pas à foncer dans le tas pour son bien, quitte à me mettre le corps médical à dos. « Tss, ne te soucie pas de moi. Il faut que tu t'occupes de toi en priorité. Ne t'en fais pas, on s'en sort comme des chefs ! On forme une équipe d'enfer ! Pas vrai Nathan ? » Je me tournais vers le bébé à ces derniers mots. Il gazouilla. « Tu vois même lui approuve ! » Un léger éclat de rire m'échappa. Un rire qui se fane aussitôt – mon sourire y compris – lorsqu'il entame cette histoire de donation, d'héritage ou whatever. C'est encore pire lorsqu'il cherche le prénom de Kathlyn. Je ressentais un nœud se former dans ma gorge. Je déglutis difficilement un moyen comme un autre pour m'empêcher de pleurer. Je ne digérais toujours pas la perte de la jolie blonde. J'hésitais un instant, me pinçais les lèvres, était-ce nécessaire de dire son nom à voix haute ? J'avais peur de l'impact que celui-ci aurait. Mais je devais être honnête avec Julian, je le lui devais et je le devais à Kathlyn. Je pris une profonde inspiration et … « Kathlyn. Elle s'appelait Kathlyn. » Je grimaçais alors que je tentais de sourire. Fail. « Écoute, je me débrouille très bien. Cet argent c'est le votre, pas le mien. Je n'en veux pas. Je veux que tu le gardes pour ta rééducation, ta nouvelle vie et pour Nathan. Elle rêvait grand pour lui, elle voudrait qu'il aille à l'université... et c'est pas donné. » moyen détourné pour essayer d'alléger le lourd sujet de discussion qui avait fini sur la table. Dur, très dur. Encore plus dur que de lui révéler le nom de son fils une nouvelle fois.

    Et encore une fois... j'avais sans doute parlé trop vite. Michael. Putain. Sa mère. Putain². Pourquoi n'avait-il pas plutôt parlé de Candice par exemple ? J'aurai pu laisser échapper la pression en la traitant de tous les noms celle-là. Mais non, il fallait que ça tombe sur Michael. Point positif : il se souvenait de lui. « Tu... tu te souviens de lui ? » Ma gorge était à nouveau nouée. C'était douloureux de parler de mon défunt frère. J'avais énormément de regrets à son égard. J'avais envie de pleurer dès que l'on mentionnait son nom. « Comment te dire » réfléchis-je à voix basse. Si je comprenais bien il se souvenait de sa mère... et qu'elle aussi était partie. Je sautais sur l'occasion – bien que ça soit plus que morbide, j'en conçois. Je me levais et allais me poster devant la fenêtre de sa chambre qui dominait la Grosse Pomme. Le regard dans le vague, je restais silencieuse le temps de trouver mes mots. « Je crois qu'il va bien là où il est... » Levant les yeux vers le ciel bleu je refoulais mes larmes « J'aurai aimé qu'il soit là aussi... mais il les a rejoins. » Je sous-entendais sa mère et Kathlyn bien entendu. Crap, je sentais que j'allais craquer. Je sortis un kleenex de ma poche pour me moucher, cela me donnait un peu plus de temps pour reprendre mes esprits. Je finis par me retourner vers Julian. « Tu ne t'en souviens probablement pas... il est parti peu de temps avant votre accident. » Je revoyais ses images horribles de son corps inerte sur son lit d'hôpital, relié artificiellement à la vie par des pompes et autres machines. J'étais à nouveau à deux doigts de m'écrouler. « Et Candice... est toujours Candice » dis-je machinalement bien qu'il n'ait pas demandé de nouvelles de la sorcière... mais je préférais détourner le sujet. C'était encore trop frais tout ça.


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MessageSujet: Re: Sweet family (Ft Katerina) Jeu 11 Sep - 0:56

Sweet family
Katerina & Julian

Dans la famille tout le monde s'était accordé à le dire : Julian serait le meilleur des pères et des maris. Kathlyn avait pu le constater de son vivant. Pas une seule infidélité, présent à chaque instant même lorsque ça n'allait pas, amoureux comme au premier jour. La tragédie qui avait frappé le couple n'était pas la première. Elle fut pourtant celle de trop, celle qui ruina leurs vies, en prenant celle de la jeune femme et en effaçant une grande partie de son mari survivant. Julian avait beaucoup de chances. Sans Roméo pour appeler les secours, pour veiller sur lui, il serait mort. Les médecins l'avaient hospitalisé pour qu'il soit soigné, mais avec deux arrêts cardiaques et un coma profond, ils nourrissaient peu d'espoirs de rétablissement. Le jeune homme les avait faits mentir, déjouant les pronostics, son esprit combattif était revenu, blessé, meurtri mais toujours fort. La peine de Katerina lui fit prendre conscience avec violence de sa méprise et de son incapacité à se rappeler. Il devint livide. Michael était mort... Le choc fut si puissant qu'il en resta bouche bée et se mit à trembler. Pourquoi tous ses proches finissaient-ils par mourir ? Qu'était devenu son beau-père et sa demie-soeur ? Mort eux aussi ? Il fouilla dans sa mémoire en vain. Il secoua la tête, négativement, comme s'il refusait d'y croire. Il tenait son fils dans ses bras et celui-ci respirait paisiblement, comme s'il voulait que son père en fasse de même. Lentement, Julian inspira et prit la parole, la gorge nouée :

- Je... je n'arrive pas à le croire... c'est... c'est injuste... Pourquoi lui ? Il ne méritait pas ça... Je... je suis désolé... je ne me souviens pas... j'ai... la dernière image que j'ai de lui... c'était à la soirée pour Halloween... il avait... un costume de... vampire... J'ai détesté son faux sang... Il cherchait à plaire à une fille...

Ce souvenir là, il était vieux, il datait d'une bonne dizaine d'années auparavant. Rien ne lui revenait, pas même lors de l'évocation de Kathlyn, de son prénom... Il avait aimé cette femme comme un trésor, mais il ne voyait même plus à quoi elle ressemblait. Il poursuivit, tout en caressant son fils dans ses bras :

- Candice... ce prénom me dit quelque chose... mais je n'arrive pas à mettre un visage dessus... C'est quelqu'un de la famille, c'est ça ? Oh ! A propos ! Je viens d'y penser... Ils m'ont rendu mon portable. Il a l'écran fracassé mais j'ai mon répertoire intact. Je ne comprends pas grand chose à ce truc, c'est trop compliqué pour moi, le tactile, je suis plus habitué aux touches... Je ne t'ai pas trouvé dans mes contacts... je ne comprends pas pourquoi... bref, il me faudrait ton numéro pour que je t'ajoute. J'ai du perdre des noms... je n'ai même plus mon père et ma soeur...

Il avait oublié qu'ils s'étaient disputés au sujet de Kathlyn et qu'ils ne se parlaient plus. En l'écoutant parler, on se rendait compte brutalement à quel point l'accident l'avait changé. Au moins pouvaient-ils partir de zéro désormais et peut-être reprendre une relation plus amicale, familiale. Kathlyn et Katerina étaient devenues amies mais Julian, rancunier n'avait pas fait de pas en avant. Nathan chouina légèrement et Monroe reporta son attention sur lui. Il avait des bras épais et longs qui s'adaptaient très bien en un petit berceau. Alors de son fils pressait doucement son pouce et fermait les yeux, l'infirmier rentra dans la pièce après avoir frappé et lui donna un biberon. Il avait l'air émerveillé de voir Julian et son fils. Il sortit en souriant. Julian approcha la tétine de cette petite bouche demandeuse et le laissa tranquillement se nourrir. Il posa ses yeux bleus sur Katerina.

- Je suis là si tu as besoin de moi... si tu veux parler, te confier... tu ne dois pas rester toute seule avec tes problèmes... Je vais remonter la pente, reprendre ma vie en main, promis. Mais je veux la même chose pour toi. J'ai oublié tellement de choses... est-ce que tu vis avec quelqu'un ? Qu'est-ce que tu fais maintenant comme métier ? Comment vont tes parents ?

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Katerina M. Lehtonen
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MessageSujet: Re: Sweet family (Ft Katerina) Jeu 25 Sep - 21:38

    Il avait raison. Les évènements s’étaient enchainés en cascade, les uns suivant les autres sans même nous laisser le temps de respirer, le temps de dire ouf, le temps de digérer, le temps de réaliser. Voir Julian ainsi me rappelait tout ça. Cette perte de nos êtres chers tel un jeu de dominos qui tombent un à un… en se demandant quand le cercle vicieux s’arrêtera, quand il y aura un bug dans le système… ou pire… qui sera le prochain. Peut-être que le fait que Julian soit encore là marquait la fin de cette série morbide… je l’espérais du moins. C’était ce que je pensais, cela me réconfortait. Et dieu savait que j’en avais besoin. Surtout quand le sujet de Michael arriva telle une bombe dans la conversation. J'aurai aimé à ne pas avoir à lui annoncer, à lui dire que Michael était en pleine forme et réussissait son année universitaire, qu’il était même devenu le capitaine de son équipe de basket… mais non, c’était à moi de lui annoncer son funeste destin. En parler à haute voix rendait toujours l’incident trop réel. Je n’y croyais toujours pas même si j’avais vu son corps inerte, même si j’étais à ses côtés lors de son dernier souffle, même si j’étais au premier rang lors de son enterrement… je n’arrivais pas à m’y résoudre. Bien que l’on ne se parlait plus, il y avait une différence entre un silence radio et une absence pesante remplie de regrets… Qu’est-ce que je pouvais me détester pour ça. Je n’arrivais même pas à regarder Julian lorsqu’il balbutia sa surprise. Me retournant à nouveau vers la fenêtre les yeux levés vers le ciel, une larme m’échappa et roula sur ma joue. Je l’essuyais vite d’un revers de main espérant ne pas laisser de traces suspectes de maquillage. Souviens-toi Kat… ne pas craquer, ne PAS craquer. Je ne savais quoi dire. Je n’avais plus rien à répondre aux multiples ‘désolé’ que j’avais entendu depuis que la nouvelle s’était répandue. Cependant, et malgré ma gorge nouée, un léger rire résonna dans la pièce lorsque mon cousin mentionna cette soirée d’Halloween. Un maigre sourire s’étira sur mes traits à ce souvenir « Du Michael tout craché » En effet, il avait toujours été du genre dragueur.

    Je mettais Candice sur le tapis lorsque j’en revins à Julian, respirant un bon coup pour me donner un peu de courage. Et surtout cela changeait le sujet, parler de Michael était encore trop… trop justement. « Tu fais des progrès » dis-je avec un léger sourire, même si on devait cela à l’ignoble Candice. « C’est bien ça. C’était la jumelle de Michael, ta cousine. » Je me tenais bien de rajouter ‘et ma demi-sœur accessoirement’. Mais ce qui vint après était encore plus délicat. Son portable. C’était une bonne chose qu’il lui ait rendu mais alors le reste… comment lui expliquer qu’on était en froid ? Qu’il en était de même pour son père et sa sœur ? Je ne pouvais pas lui mettre ça en plus dans la figure après la nouvelle pour Michael. Rhaa, dilemme. « Tu l’as ici ? Je peux te réapprendre sans problème, j’ai mis longtemps aussi à me mettre au tactile » Quoi lui dire pour le reste ? On verrait ça plus tard, c’était plus sage. Je repris précipitamment « J’ai changé de numéro y’a pas longtemps, ça doit être pour ça » mensonge, pure invention, connerie. Mon numéro n’avait pas changé des lustres. Pouvait-on dire que c’était un mensonge par omission ? Je dirais que oui, je culpabilisais un peu moins de lui mentir comme ça. J’évitais soigneusement le sujet du père et de la sœur espérant qu’il l’oubli.

    Nathan se fit entendre… dieu merci. Merci mon petit être chéri de couper net le sujet. Il avait faim. L’infirmier devait être réglé comme une horloge puisqu’il entra dans la pièce avec un biberon pour le nouveau-né. Je n’exprimais aucun désir de faire ce geste quotidien que j’affectionnais tant. Je laissais ce plaisir à Julian, après tout c’était plus que légitime. La scène était tellement plus que touchante, voire attendrissante. Je retournais m’assoir à leur côté. « Je vais bien ne t’en fait pas. Il faut que tu te soucies de toi en premier, c’est toi qui a besoin d’aide en priorité. Je sais que tu vas le faire et j’ai foi en toi. Tu as toujours été d’une force incroyable, et je serai là pour t’épauler tout le long du chemin. Je te le promets aussi. » Je posais une main réconfortante sur l’épaule de mon cousin. A deux, on y arriverait. « Je vis en colocation avec un drôle d’énergumène répondant au prénom de Dimitri. C’est un vrai parasite… mais je l’aime bien, même un peu trop je dirais. Mais chut, garde le pour toi » je posais un doigt sur mes lèvres et lui faisais un clin d’œil. Ce n’est pas comme si Dimitri allait se pointer ici de toute façon hein. « J’ai enfin eu mon bac, woop woop ! » Un rire m’échappa. Qu’est-ce que j’avais trimé pour avoir ce putain de diplôme sérieux ! « Et je travaille chez Starbucks maintenant, je ne sais pas si tu t’en souviens mais c’est une grande chaine de café. C’est plutôt chouette si on oublie les clients chiants » Je ris à nouveau. C’était vrai ça, qu’est-ce qu’il pouvait y avoir de clients chiants. « D’ailleurs dès que tu sors d’ici, je t’offre un bon frappucino fait de mes mains habiles ! » Oui, avec le temps j’étais devenue une experte. « Et mes parents ben… disons qu’on a coupé les ponts. Longue histoire. » Longue histoire aka je ne tiens pas à épiloguer dessus sinon on était parti pour la dépression assurée. Je ne savais même pas si Julian se souvenait que j’avais été adoptée. Bref.

    « D’ailleurs on a une chambre de libre à l’appartement si tu veux quand tu sortiras, ça éviterait à Nathan d’être dépaysé après coup. Enfin seulement si ça te tente bien sûr. » A vrai dire je n’avais pas vraiment réfléchi à cela avant de venir, je n’en n’avais même parlé à Dimitri mais puisque Sandro était parti… Et puis j’avoue que j’aimerais profiter de l’occasion pour rattraper le temps perdu avec mon cousin. « Je ne sais pas vraiment si c’est une bonne idée que vous retourniez dans votre ancien appartement avec tous les souvenirs et tout… j’ai peur que ça te bloque dans ton processus de guérison. » j’essayais d’y aller avec des pincettes mais je ne voulais en rien le blesser. « Juste penses-y d’accord ? » C’est le moment que choisit le petit Nathan pour finir son biberon. Je regardais son papa « Je crois que c’est l’heure du p’tit bonhomme pour faire son rot. Tiens donne-moi ça » finis-je en tendant la main pour récupérer le biberon afin de laisser les siennes libres pour son petit.


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Julian S. Monroe
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MessageSujet: Re: Sweet family (Ft Katerina) Mer 15 Oct - 0:26

Sweet family
Katerina & Julian

Julian avait fini par prendre conscience qu'il était un miraculé. Deux mois plus tôt, aucun médecin ne se serait aventuré à dire qu'il s'en sortirait. Il avait du être opéré en urgence, sa rate avait éclaté dans l'accident, ses os souffraient de fractures multiples et il avait perdu beaucoup de sang. De tout cela, le jeune homme en gardait un souvenir unique et très flou. Il revoyait des images plutôt précise, des boules de lumières défiler, de sons très confus. Et il sentait quelque chose s'échapper de lui. La vie... au fur et à mesure. Le froid l'avait saisi, noyant son esprit dans un néant grandissant et puis, ce cri, cet ordre, qu'il avait entendu très distinctement : "Défibrillateur !". Le bruit assourdissant de ce bip permanent qui lui bousillait les tympans... et puis le silence. Il s'était réveillé bien plus tard, groggy, le corps endolori et engourdi par de longues semaines d'un coma dont, en toute logique il n'aurait pas du réchapper. Il ne gardait aucun souvenir de ce moment là, comme beaucoup d'autres, mais il avait l'intuition que des voix conversaient avec lui. Celle de Roméo lui était familière, Katerina également... Les deux protagonistes l'avaient-ils laissé seul bien souvent ? Il en doutait. Quand sa cousine lui expliqua qu'il devait prendre soin de lui d'abord, Julian fut tenté de lui faire remarquer avec un peu d'ironie que tout le monde dans l'hôpital accourait dès qu'il éternuait... mais il ne se sentit pas de faire de l'humour. Il venait d'apprendre que Mickael était mort, ça ne semblait pas être le moment opportun pour blaguer. Il fut touché par les propos de Katerina. Possédait-il une force incroyable ? Les médecins étaient épatés de voir qu'il ne gardait pas d'autre séquelle que l'amnésie. Ils mettaient en avant son caractère de battant. En réalité, Monroe n'avait rien fait de spécial pour s'en sortir, pas consciemment. Il avait toujours été plutôt résistant à la maladie en temps normal, sans doute que sa carrure y jouait beaucoup.

Dimitri... il ne connaissait pas cette personne, ça ne évoquait aucun visage. Parasite mais que sa cousine aimait bien... il lui fit un petit sourire. Pas besoin d'un dessin pour comprendre qu'elle avait le béguin. Elle semblait heureuse de l'avoir dans sa vie, ce qui était une bonne chose. Et en plus elle avait finalement eu son diplôme ! Ca c'était une bonne nouvelle ! Même s'il ne se rappelait pas qu'elle eut été en échec... Quand elle parla du Starbucks, le jeune Monroe fit un vif signe de la tête, comme pour montrer que de ça, oui il s'en rappelait !

- Le Starbucks ! Oh oui je me souviens ! J'y allais avec des amis de ma classe après les cours pour me goinfrer de pancakes... c'est toujours ouvert ? C'est génial ! Il faut qu'on y aille ! Enfin... toi tu seras déjà sur place... mais ok, j'accepte ton invitation...


Il fut tenté de lui demander où il se trouvait... Depuis son réveil, Julian avait des problèmes pour situer le temps et l'espace. Il ne savait plus quel jour on était ni quelle heure et il ne parvenait pas à se situer, ni lui ni l'hôpital. Normal selon les médecins, car il avait encore un certain traumatisme. Ca devait s'arranger rapidement... il l'espérait. Quand elle évoqua ses parents, il ne put s'empêcher de réfléchir et tout naturellement, il répondit :

- Je... je crois que j'ai peut-être fait une bêtise... ma soeur et mon père ne sont pas venus me voir... je suis sans nouvelle... j'en déduis que j'ai fait une connerie... ça doit forcément être ça, pas vrai ? Du coup, tu as voulu prendre ma défense et tes parents se sont braqués... je suis désolé...

Le pire c'est qu'il était sincère. En voulant faire croire qu'il se souvenait, il s'attribuait des choses qu'il n'avait jamais commise et il inventait des situations pour répondre à ses questions. Une technique banale chez un amnésique, comme l'avait précisé l'infirmer quand la jeune femme lui rendait visite. A la proposition de Katerina, Julian hésita. Aller vivre avec elle, il aurait adoré, pour avoir une présence, quelqu'un sur qui il pouvait compter. Mais il ne voulait pas la déranger davantage et puis... il voulait se souvenir, il en avait besoin. Vivre dans son ancien appartement, ça serait l'occasion de se souvenir plus vite.

- C'est gentil... mais je vais éviter de t'embêter davantage... tu en as déjà fait beaucoup. Je ne veux pas m'incruster avec ton amoureux... et puis... en retournant chez moi, peut-être que des souvenirs reviendront... que cette partie de ma vie ne sera plus une feuille blanche sans indice... Je dois essayer, j'en ai besoin pour avancer... enfin je crois... Mais je ne veux pas faire de cassure à Nathan. Tu es sa maman de substitution. Je veux que vous gardiez ce contact... parce qu'en plus, je ne sais pas si je suis vraiment à la hauteur pour être papa... je me sens tellement balourd...

Julian improvisa pour le fameux rot. Il reproduisit un geste qu'il avait lu maintes fois mais qui restait totalement nouveau son esprit. Il cala son fils sur son épaule et lui tapota le dos avec une infinie douceur. Un petit son ne tarda pas à sortir. Julian le prit dans ses bras et le félicita... sauf qu'il reçut une gerbe de lait sur le visage... Il eut un petit mouvement de recul et manqua le lâcher. Il le rattrapa in extremis. Le côté droit de son visage était maculé de blanc. Il s'essuya machinalement avec l'épaule et commenta :

- C'est façon à lui de me dire que j'ai raison... je ne suis pas un bon père... je ne suis pas vraiment bon à grand chose de toute façon...


En un éclair, son visage avait changé. Il avait des sautes d'humeur, des accès de déprime. Ne pas se rappeler était horrible et en prime, il avait appris de terribles nouvelles. Nathan perçut son changement d'attitude et commença à pleurer. Julian avait l'air totalement perdu, et une expression défaite était restée sur son visage.

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Katerina M. Lehtonen
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MessageSujet: Re: Sweet family (Ft Katerina) Sam 25 Oct - 1:38

    Que dire ? Que faire ? Je savais que je voulais en faire plus, toujours plus pour aider Julian dans sa rééducation. Je faisais déjà mon possible, peut-être mon mieux, et pourtant… j’avais la sale sensation que ce n’était toujours et que ça ne serait jamais assez. D’autant plus quand il demandait de MES nouvelles, c’était comme le monde à l’envers ! Ce n’était pas moi qui étais allongé dans ce lit d’hôpital pourtant, pas moi qui y étais depuis bien trop longtemps, pas moi qui souffrais ! Le comble ! Mais soit, j’étais prête à lui parler de ma vie actuelle si c’était ce qu’il désirait, je restais malgré tout convaincue qu’il devait penser à lui avant tout. La colocation, Dim, le boulot, le bac… que les aspects les plus « joyeux », on évitera de mentionner les fins de mois toujours compliqués à boucler. Un grand sourire s’étala sur mon visage lorsqu’il mentionna qu’il se souvenait de la célèbre marque de café, j’en tapais presque dans mes mains. Comme quoi… Julian n’était pas totalement amnésique. Je voyais cela comme quelque chose des plus encourageants pour la suite. « Et oui toujours ! Tu sais c’est comme une institution chez nous, ça ne risque pas de disparaitre du jour au lendemain ! » Expliquais-je toujours avec un grand sourire collé aux lèvres. Que l’apocalypse s’abatte sur notre chère planète terre le jour où Starbucks fait faillite ou décide de fermer ! « Et t’auras intérêt à venir ouais ! Tu auras le droit à quelques pancakes en prime » je lui fis un clin d’œil. Quoi qu’il puisse lui faire plaisir à vrai dire. Je devais être aux petits soins avec mon cousin. « Vendu ! »

    Voilà, on ne reviendrait pas là-dessus, le rendez-vous était donné. Cela donnait une raison de plus d’attendre la sortie de mon cousin. On ne fêterait peut-être pas ça avec du champagne mais un bon frappuccino… c’était tout aussi cool. Cependant la conversation devint un peu plus compliquée lorsqu’il me demanda des nouvelles de mes parents. Devais-je lui mentir ? A nouveau la réponse était non. Alors oui, certes, je les avais vu lors des funérailles de Michael et durant de longues heures à l’hôpital à peser le pour et le contre de si oui ou non on devait le débrancher… mais ça ne nous avait rabiboché en rien. Alors non, je ne savais pas comment mes parents allaient, en toute franchise nous avions même coupé les ponts. Simple, clair, net et précis. « eeeeeh ! » je m’approchais de lui et posais ma main sur son épaule comme geste réconfortant. « Tu n’as strictement rien à voir là-dedans, tu m’entends ? D’ailleurs c’est moi qui leur ai tourné le dos, en rien tu n’as joué là-dedans. Je ne sais pas où tu vas chercher ça mais je t’en prie met ces fausses idées de côté. » J’avais parlé d’une voix douce et calme, rien ne servait de s’énerver contre lui parce qu’il se faisait des films. D’un côté c’était normal, il essayait de replacer les pièces du puzzle. Mais je voyais qu’il était inquiet au niveau de son père et de sa sœur… alors… « Je peux essayer de les appeler si tu veux… mais je ne te promets rien. D’accord ? » et je le pensais. Son père et sa sœur ne devaient quand même pas être si insensibles alors qu’il était dans un lit d’hôpital, si ? Même moi j’étais venue voir Michael malgré notre passé tumultueux. Alors… je ferais mon possible. C’était une promesse. Peut-être dure à tenir, mais une promesse malgré tout.

    Et si ça ne marchait pas ? Je ne me sentais pas le courage de lui expliquer le pourquoi du comment, surtout pas que le départ de Kathlyn était encore tout frais… ça aurait été cruel, non, pire que cruel. Horrible. Et puis de fil en aiguille… je lui proposais d’emménager avec moi, enfin, avec nous. N’oublions pas DimDim. D’ailleurs… WHAAAAAT ? Mon amoureux ? « HEIN HEIN ! » m’exclamais-je à haute voix. Non, non, non Dimitri n’était PAS mon amoureux. « De un, il est rien de tout ça. De deux, tu ne te tapes pas l’incruste puisque je te le propose. Et de trois, tu ne m’embêtes pas. » Démonstration en trois temps, la base. « Mais si tu te sens de retourner là-bas… c’est toi qui voit. Je ne veux en rien contrarier tes plans si tu y as déjà pensé. Et ne t’inquiète pas, je serai toujours là pour Nathan, il peut compter sur moi tout comme toi. Et ne te méprends pas, je suis juste sa tata, je ne veux en rien prendre sa place… » Dire le prénom de Kathlyn m’était toujours autant impossible et douloureux. Je ne pouvais tout simplement pas me considérer comme la mère, même de substitution, de Nathan. Sur ces mots plein de sagesse, je lui donnais Nathan afin qu’il lui fasse faire son rot. Observant la scène, je retins un rire face à la gaffe du petit. « Attends » Je me levais et allais chercher une serviette dans la micro-salle de bain de sa chambre d’hôpital que je finis par lui tendre « Tiens ! Et je t’interdis de dire ça Julian ! Tu es un très bon père ! » Nathan se mit à pleurer. Aie. Je remarquais le changement chez Julian, je n’aimais pas beaucoup ça… « Viens par-là mon p’tit bonhomme » Je pris délicatement Nathan des bras de son père et le berçais dans les miens en faisant des allers-retours dans la pièce. « Shhhh Shhhhh » répétais-je au petit jusqu’à ce qu’il se calme avant de me retourner vers son géniteur. « Ecoute, je sais que c’est compliqué pour toi, que tu dois tout rapprendre, te réhabituer… mais malheureusement ça ne vient pas du jour au lendemain ces choses-là. Je veux faire de mon mieux pour t’aider, vraiment, mais tu ne dois pas être pessimiste, baisser les bras et parler de toi ainsi. Tu dois te battre, et pas que pour toi, pour Nathan aussi, pour elle, pour tous ceux qui tiennent à toi. Alors s’il te plait… » Ma voix s’était presque faite suppliante. Je gardais dans un coin de ma tête que je devais mettre l’infirmier au courant de ce changement d’humeur. Ça ne me rassurait guère. « D’ailleurs, tu as besoin que je te ramène quelque chose la prochaine fois ? Des vêtements peut-être ? Je vais te prendre ton linge sale et faire une machine déjà » Je lui souris légèrement. Faire de mon mieux… toujours faire de mon mieux.


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MessageSujet: Re: Sweet family (Ft Katerina) Dim 2 Nov - 1:14

Sweet family
Katerina & Julian

Le visage de Julian était maussade... Il se sentait tellement impuissant et faible par moments. Cela en devenait inquiétant pour ceux qui vivaient ses sautes d'humeur. En quelques secondes, il pouvait passer de la joie à une mine taciturne. Et ce sans raison particulière, parce que quelque chose le contrariait à moitié. Le fait de ne pas se rappeler le faisait énormément culpabiliser. Il ne comprenait pas que l'équipe médicale qui s'occupait de lui soit ravie. Il lui manquait la moitié de sa vie, les éléments les plus importants. Il oubliait que deux mois plus tôt, personne n'aurait présagé qu'il s'en remettrait. Il était arrivé ici dans un sale état, avec peu de chance de survivre. Réanimé à plusieurs reprises, nul ne s'aventurait à dire qu'il allait se réveiller un jour. Et son fils aussi était un miraculé. Les mots réconfortants de Katerina lui firent prendre conscience à quel point son état de santé avait inquiété ses proches, du moins les rares qui étaient venus le voir... Il regarda Nathan. Il ne saurait expliquer pourquoi mais l'idée d'être père l'effrayait. Il avait l'impression de ne pas être prêt... Mais ce petit être qui semblait désormais apaisé traversait lui aussi des moments difficiles. Sa mère était morte et comme le disait la brune qui avait pris soin de lui jusqu'à maintenant, elle n'était pas une maman de substitution. Personne ne pourrait remplacer Kathlyn. Et personne ne pourrait le remplacer lui, en tant que père. Dans sa tête, les souvenirs de son enfance revinrent. Il avait souffert de la mort de son géniteur... de son absence. Pas un jour ne passait sans qu'il ne regrette sa mort, même si elle n'était pas de son fait. Il supportait pas mal ce manque, et il aurait tout donné pour le combler. Il n'avait pas le droit d'infliger la même chose à Nathan, de renoncer à lui. C'était son bébé, son garçon. Il avait le devoir d'être présent et de bien l'élever. Un peu penaud, Julian répondit :

- Je suis désolé... j'ai l'impression de ne plus être utile à personne... vivement que je sorte. J'en ai marre d'être dans un lit, les gens ici sont gentils mais je sais qu'ils me voient comme un patient... Si je gratte la jambe, j'ai droit à un examen... juste pour vérifier que je fais pas une allergie à quelque chose... je ne suis pas en sucre...

Il était un peu brusque dans son propos. L'hospitalisation lui pesait, ça se voyait mais pas au point de le rendre dépressif comme ça. Il essayait juste de s'en convaincre et de persuader Katerina.

- Je ne peux pas me lever pour aller aux toilettes alors que je sais que je peux le faire... Et... et puis, je ne sais pas quoi faire... La télévision me fatigue... je veux respirer l'air de Central Park... comme avec maman... Elle adore... adorait y aller avec moi... J'aurais peut-être du y rester... sur la table... j'aurais préféré que ça soit le cas pour ne pas te faire du tracas... que ça soit moi à la place de Kathlyn... ou de Mickael...

Il était sincère. La discussion aurait pu continuer mais on toqua à la porte. Le médecin qui suivait Julian entra. Il s'agissait d'un vieil homme non loin de la retraite, assez petit, maigrichon et qui avait une moustache bien fournie. Il salua Katerina et voyant la tête de Julian, il comprit que quelque chose n'allait pas. Mais il ne fit aucune remarque. Il regarda la feuille de soins et demanda, l'air de rien :

- Comment vous sentez-vous ?

- Bien... ça va...

Julian passa une main derrière sa tête, l'air gêné. Et le thérapeute ne fut pas dupe. Il ne fit aucune remarque, se contentant de prendre son bras afin de mesurer sa tension. Il le fit s'asseoir sur le lit pour écouter sa respiration et son coeur avec son stéthoscope. Puis il lui prit la température à l'oreille.

- Un peu de tension aujourd'hui... je vais vous donner quelque chose pour la faire diminuer. Des douleurs quelque part ?

- Non...

Il grimaça lorsque le toubib appuya doucement sur ses côtes. Une nouvelle fois, il ne releva pas. Il enchaîna :

- Et la tête ? Pas de douleur ? De cauchemars ? D'hallucinations ?

- Non...

- Bien... dans ce cas, on garde la même lancée. Oh, madame, tant que vous êtes là, il faut que je vous parle de ce dont Julian aurait besoin, venez, l’infirmière en chef a fait une liste.


Il lui prit l'enfant des bras et vint le mettre dans ceux de son père. Puis il s'éclipsa avec Katerina dans le couloir. Quand il fut assuré que Julian ne pouvait entendre, il expliqua à la jeune femme :

- Il va falloir le surveiller. Le traumatisme est grand. Cela va prendre beaucoup de temps avant qu'il ne se remette totalement. Ne rompez pas le contact avec lui... vous êtes sa seule famille et s'il a aussi des amis, il va avoir besoin de vous. Son beau-père est en prison, à cause de violences conjugales. Et sa demie-soeur m'a clairement dit au téléphone qu'il pouvait mourir, pour rester poli. Bref, il traverse une période difficile. Il vit sans se souvenir des huit dernières années. Il meuble les trous avec des mensonges, c'est un mécanisme inconscient d'auto-protection. Le fait de ne pas être "lui" le poussa à déprimer. Il est en conflit avec lui-même. C'est une conséquence logique de son état. Déjà, à la base, il n'est pas très coopératif et même grognon, pour vous, il n'a pas changé. Je vais lui donner un calmant à faible dose. Cela le fera un peu dormir. Sur les trois derniers jours, il n'a dormi que dix heures, ça ne l'aide pas à se sentir mieux. Et augmenter légèrement les anti-douleurs. C'est une excellente idée que de lui avoir amené son fils. D'ailleurs, à ce propos, il a l'air bien en forme. Mes félicitations. Ce n'était pas gagné... vous vous en occupez à merveille.

Une infirmière arriva en grand pompe vers lui et l'interrompit, en lui expliquant qu'il était attendu d'urgence au bloc, un grave accident de moto... Le médecin s'excusa auprès de Katerina et lui faussa compagnie. La jeune femme pouvait retourner dans la chambre. A l'intérieur, Julian avait son fils entre ses bras et lui racontait une petite histoire. Son visage était à nouveau éclairé. Il souriait. Quand la jeune femme fut près de lui, il lui dit sur un ton enjoué :

- Je lui ai raconté la fois où ma soeur, Candice et toi m'aviez habillé en fille... Vous m'aviez mis un pompon sur la tête pour me coiffer. Et vous aviez piqué le maquillage à ma mère... elle était furieuse mais c'était drôle.

Candice et sa soeur n'avaient jamais été très tendres avec lui. Elles avaient toujours abusé de sa naïveté. Il ne s'en rendait pas compte. Katerina, avec le recul, devait bien se dire que parfois elles étaient allées trop loin.

- Tu me demandais tout à l'heure si j'avais besoin de quelque chose. J'aimerais bien que tu m'amènes un album photo... si tu peux... ça va peut-être m'aider à me rappeler. Pour le linge, il n'y en a pas... j'ai... enfin tu vois, juste leur tenue quoi...

Il se sentait gêné d'évoquer ça. Julian avait toujours été plutôt pudique.

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