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But I'm only human, and I bleed when I fall down... (Maten)

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Yasen D. Austen
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MessageSujet: But I'm only human, and I bleed when I fall down... (Maten) Lun 3 Nov - 1:31

Yasen & Matveï

Why am I so emotional? No, it's not a good look, gain some self-control...
Elle t’appelle à elle, tu n’oses pas te retourner, elle est dangereuse, elle cherche à t’attirer vers elle, à te faire basculer vers son monde, à t’inciter à la rejoindre. Ce n’est pas elle, ce n’est que son fantôme, le souvenir de son être qui te hante et qui ne veut pas te laisser tranquille, qui emplit tes rêves, les squattant sans vergogne, cherchant à te polluer l’existence à tout prix. Le réveil est toujours brusque après cet éternel cauchemar qui te poursuivra sûrement pour le restant de ta vie, alors que tu t’assois sur ton lit, en sueur, ta tension artérielle battant  tous les records de vitesse, les dernières images de ta sœur encore présentes qui t’arrachent d’incroyables frissons, comme si c’était leur dû. Encore tremblant, haletant, tu te passes la main dans tes cheveux, puis tu essuies les larmes qui coulent d’elles-mêmes, comme s’il y avait une fuite, avec le dos de ta main. Ça te torture, Yasen, ça te chauffe le cœur à blanc et ça te ronge petit à petit, tel un os de poulet dans un contenant d’acide. Elle te manque tellement que tu as l’impression d’en crever. Tu te lèves, étouffant un sanglot, puis tu te diriges vers la salle de bain, tu regardes ton reflet dans ton miroir et tu y vois quelque chose de différent, par rapport à l’année précédente. Tu as perdu un peu de ta fraîcheur, un peu de ton innocence, et surtout, beaucoup de ta joie de vivre. Tu essaies de sourire à ton miroitement, mais on dirait tellement une grimace que tu t’en taperais le front. C’est triste, toi qui te faisais toujours complimenter sur ton sourire contagieux, te voilà condamné à ne plus étirer tes lèvres, à ne plus montrer tes dents dans une expression de bonheur qui t’a totalement quitté. Tu te brosses les dents, machinalement, après t’être lavé le visage, gestes quotidiens qui te rassurent, qui te donnent l’impression de vivre une vie routinière, une vie de sécurité. Une autre habitude est celle de boire ta tasse de thé, tu n’es pas comme les autres anglais, tu ne prends pas un petit-déjeuner copieux, ta mère t’a toujours dit que tu as un petit estomac, qu’il suffit d’un rien pour le combler et pour que tu sois rassasié. Pour toi, le thé est suffisant, mais une tasse ne l’est pas, alors tu en mets toujours dans un thermos que tu emmènes avec toi à l’hôpital pour t’en délecter pendant les quelques minutes de pause qu’on t’accorde ici et là. Tu t’es réveillé tôt, trop tôt, mais rester cloîtré tout seul, sans rien faire, dans ton appartement, ne te laisserait que la proie facile des souvenirs qui t’assaillent à chaque fois que tu leur en laisses l’opportunité. Alors, tu t’habilles soigneusement après une douche rapide, ce qui est relatif parce que pour toi celle-ci dure quinze minutes, et tu quittes ton chez-toi, ou plutôt ton nouveau chez-toi. Tu as trouvé cet appartement, une aubaine, il correspond à tes attentes. Ni trop grand pour ne pas te rappeler le luxe où tu vivais avant de quitter Londres, ni petit pour que tu t’y sentes cloîtré, mal à l’aise. Tu y vis tout seul, il faut dire que tu es difficile à supporter parfois, avec tes règles strictes de l’ordre et de l’intimité, donc tu préfères ne pas t’imposer à un colocataire qui ne fera que te haïr, même si la compagnie te ferait beaucoup de bien, tu en as marre de la solitude, marre de te résigner à passer toute ton existence avec pour seul camarade le silence qui se heurte à tes tympans, tandis que tes tempes bourdonnent à cause du flot de pensées qui régit ton esprit. L’air est froid dehors, mais pas aussi froid qu’en Angleterre, ton écharpe claque avec le vent et tu contemples ce décor qui t’est devenu familier, qui était tellement obscur il y a quelques mois. Tu te diriges vers le ferry, tu adores ça, c'est le seul moyen de transport que tu supportes, même si ça veut dire qu'il faut sortir de chez toi une heure à l'avance pour arriver à l'heure. Ça sent les médicaments, une odeur qui ne t’a jamais dérangée, que tu apprécies même un minimum en fait, ce qui ne fait qu’ajouter à ta bizarrerie déjà omniprésente.  Tu es paré, accoutré de ta tunique d’interne, entamant une nouvelle journée de sang et de sueur. Tu as toujours senti que tu étais prédestiné à sauver des vies, et enfin, te voilà dans le bain, te rendant utile, productif. Bien entendu, ton rôle n’est pas si important que ça pour l’instant, mais tu apprends, et tu ne t’es jamais senti aussi proche de ton objectif final. Le biper sonne, tandis que tu te diriges vers ton supérieur. Tu l’ignores, tu sais bien que c’est Matveï, une nouvelle fois. Il a cette lubie de se pointer aux urgences pour rien, prétextant une douleur quelconque et faisant du charme aux infirmières pour qu’elles t’appellent, toi, afin que tu t’occupes de lui. Après tout, tu ne te fais jamais biper dans d’autres situations, et tu en as marre de tomber dans le panneau à chaque fois. Alors avec un sourire, tu laisses sonner, et tu te rappelles de ces vingt quatre heures qui t’avaient tellement bousculé, qui avaient laissé un sourire flotter sur ta bouche pour la première fois depuis que Leïla t’a quitté.

C’était une journée qui s’annonçait comme toutes les autres, sauf que soudainement, ton résident t’avait annoncé que tu allais assister avec lui pour la première fois à une opération, et qu’il allait te laisser exécuter les manipulations les moins difficiles. Autant dire que ça t’avait estomaqué, jamais quelqu’un n’a fait ses preuves aussi vite que toi, et ta poitrine s’était gonflée de fierté, reconnaissant qu’on ait constaté ta capacité à gérer ce genre de situations sans problèmes. Tu t’étais préparé, autant physiquement que psychologiquement, et tu avais foncé. Tu n’avais pas cédé à la fatigue et tu avais tenu le coup,  malgré les complications qu’il y avait eu et qui avaient rallongé le temps qui aurait du être consacré à la chirurgie. On t’avait même proposé de te remplacer si tu n’y arrivais plus, mais tu avais été d’une patience exemplaire et tu t’en étais tiré comme un chef pour ta première fois. A ta sortie du bloc, ceux que tu considères comme tes collègues et que tu apprends petit à petit à apprécier t’avaient congratulé et t’avaient proposé de t’emmener boire un verre parce que tu en avais vachement besoin. Tu avais essayé de refuser poliment, leur assurant que tu ne bois pas, mais ils avaient fait la sourde oreille et ils t’avaient entraîné à un bar qui était assez loin. C’est là que tu l’avais aperçu, après t’être assis sur une chaise avec le reste de tes compagnons, et tu ne sais pas si c’est les romans à l’eau de rose que tu lis occasionnellement qui te font dire ça, mais ton cœur avait raté un battement. Il était beau, enfin il l’est toujours. Tu t’étais dit que si les Dieux grecs de la mythologie grecque étaient beaux, celui-ci était une bonne représentation de leur magnificence. Puis son regard chaud avait rencontré le tien, et tu avais baissé les yeux, rougissant jusqu’à la racine de tes cheveux. Tu avais fait mine de t’intéresser à la conversation, alors que tu te sentais défaillir, alors que la tentation était tellement grande de le contempler à nouveau. Tu répondais aux compliments en bredouillant des «merci» gênés,  et tu attendais au fond de toi le moment propice pour jeter un coup d’œil. Que dirait ta mère si elle t’avait vu à ce moment-là, dans un établissement de ce genre qui la rebute, en train de reluquer un garçon, une personne du même sexe qui te donne des envies pas du tout sages ? Tu te rappelles t’être frotté la nuque avec frustration, puis d’avoir reporté tes iris sur lui à nouveau, et là, tu t’étais rendu compte que soit il a senti leur poids et qu’il s’était retourné conséquemment, soit il ne t’avait pas du tout quitté du regard depuis le premier croisement.


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Matveï L. Lewinski
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MessageSujet: Re: But I'm only human, and I bleed when I fall down... (Maten) Lun 3 Nov - 1:35

maten ∞
un jour tu t'envoleras
Le bruit, le mouvement, les odeurs de naphtaline qui se mêlent à la mort. Il y avait toujours une angoisse viscérale en toi à l'idée d'être dans un hôpital. Les médecins te paraissaient être d'étranges charlatans, remplis d'une science dont ils usaient & abusaient pour garantir une vie plus longue aux riches & pleine de souffrance aux pauvres. Ils n'avaient, après tout, pas épargner ta tendre & jolie maman. Sois tranquille, tout va bien, c'était il y a longtemps.  Maman est en paix & toi, tu tentes de l'être. Petit à petit, pas après pas, tu gagnes doucement ta sérénité. Tu assassines tes vieux démons, tu choisis de les retarder pour lui.

Lui, tournoyant dans tes yeux fauves, provoquant une montée d’allégresse en toi comme une bouffée de provocation, comme si il te plaisait déjà. Le verre incrusté dans ta peau, tu sens le sang goutter de ta plaie, perle rouge qui s'écrase mollement le long de ta paume, longeant tes doigts, trempant le mouchoir. La terre pourrait se dérober en silence sous tes pieds, la terre pourrait valser, tu n'aurais que ce déchirement entre ton pouce & ton index. Cette douleur familière, stupide qui pousse, qui égratigne, qui te fait sombrer. Tu as mal & tu traînes tes peines, dans un silence de mort.  La douleur physique n'est rien mais elle est tout, aussi. Fichu alcoolo trop difficile à maîtriser. Fichu toi, tête brûlée, tu n'as que faire des conséquences. Sans regret, ta blessure saigne. Tu as retenu ce connard, on ne crache pas des insultes dans ton bar sur des gamines de quinze ans en quête d'un frisson & d'un diabolo menthe. Il n'a pas hésité à te balancer le verre & toi, comme un imbécile, tu l'as stoppé.

Pourtant, il y a lui. Lui et son regard fuyant, animal tremblant, tu aimes l'observer, couvrir sa sa nuque d'un million de baisers brûlants imaginaires, te plaire à le déshabiller du regard, sans une hésitation. Le brûler, le flamber de ton insolence, de ton impudence & te croire le maître du monde, le maître du jeu. Tu resserres le torchon sale autour de la plaie ; Comment est-ce que toute cette folie a débuté ?

~ ♦ ~

« Lewiski, tu traînes les fesses là. », la voix du patron résonne dans tes oreilles & te fait lever les yeux vers lui, il t'agace. On te laisse toujours prendre ton temps, te presser n'est qu'un échec. Tu es homme d'impatience, homme de passion mais le stress, l'angoisse ne te poussent qu'aux bêtises. Tu aimes servir, tu aimes les odeurs de boissons qui se mêlent aux rires. Tu luttes pour la douceur, la chaleur, le plaisir. Alors tu mords ta lèvre & tu hausses les épaules, il ne te touche pas. Plus personne ne le peut. Plaire est une chose, séduire en est une autre après tout. Tu sais plaire, charmer, tes boucles brunes capturent, ton regard fauve déclenche des incendies. Tu ne désires juste pas plus. Tu veux juste la paix que cette vie t'apporte. Tu ne veux plus de passion entremêlés de chagrin, de supplices infernales du cœur. Tout est asséché ici. Tout est un fleuve aride, un désert de glace qu'on n'apprivoise plus.

« Vas plutôt servir le groupe, là. », un geste dédaigneux, il n'a toujours pas confiance. Il n'aura jamais confiance. Un soupire & tu te diriges vers cette armée de médecins & leur jargon étrange à tes oreilles. Tu les avais remarqués dés qu'ils sont entrés. Tardivement, dressé dans leur fatigue, ils étaient tous entrés, heureux d'avoir sauver des vies, heureux de cet homme dont ils tapaient le dos. C'était la star ce soir. Un sourire se glisse sur tes lèvres, doux, compréhensif. C'est toujours bon d'être apprécié par ses aînés. C'est toujours bon d'avoir un peu d'amour. «  Monsieur, vous pourriez m'apporter une bière, s'il vous plait ? », la jolie blonde rougit, hésitante. Elle a dû braver des mers de peur pour t'adresser un mot & ses copines derrière elle gloussent. Tu passes tes doigts dans tes boucles, tes yeux pétillent, « Ouaip, pas de soucis. ». Le brouhaha s'intensifie autour de toi, les odeurs d'alcool devraient te dégoûter, la chaleur des corps, les rires aussi mais au final, c'est chez toi.

Et tu sens un regard courir le long de ton dos, glisser sur tes hanches, ta taille, transperçant ta peau halée. Une envie qui te chauffe les reins, vient ravager  le reste. Ton quotidien veut que tu ais pris l'habitude d'être sculpté par les yeux des inconnus. Tu sais que c'est là, la ritournelle de ta vie, la mélodie de ton existence, ça devrait te donner envie de gerber d'être désiré pour un corps. Tu balayes juste d'un revers impitoyable. Tu n'en prends pas compte, tu ne t'embrases plus pour personne. Tu sais la sentence pour chaque amour, chaque douleur, ça n'en vaut pas la peine. Cependant, ces iris là, elles te bousillent. Bim, bam, boum, elles accélèrent ton cœur. Tu ne veux pas le regarder, ce serait une erreur. Tes pensées tournent en rond dans ton esprit, faisant trembler tes doigts sur le verre de la gamine. Tu jures, ta maladresse te rattrape. Il te bousille, il agresse ton myocarde d'un feu ardent, d'une litanie sensuelle qui réveille de vieux instincts, des vieux amours. T'enfoncer dans ses yeux comme enfoncer tes ongles dans sa peau brûlante, sillonner son dos, envahir son ventre, catapulter ce désir qui t'agrippe vivement, terriblement. La vague t'attrape & te noie. Tes yeux se voilent, tournent au noir tempête, au noir désir. Tu expédies la gamine et la bière pour le voir, pour admirer ta tragédie.

Beau, il est beau d'une beauté tendre, innocente, timide. C'est une beauté faite de l'inexpérience, du désir qui effleure sans jamais l'assouvir. De bibliothèque en bibliothèque, tu l'imagines reclus dans  les livres, assassiné sous les manuels de médecine. Il a dû en soulever de la poussière, il a dû en caresser des pages. Ça aurait plu à Philippe, un frisson glacial te dévore & accélère un peu plus ton cœur. Tu frôles la syncope, l'adrénaline te dope. Perdrais-tu la tête pour lui ?  

Il croise tes yeux & ta raison est pulvérisée. Ta respiration se coupe, se stoppe, se déchire, c'est la fin. Tes yeux fondent dans les siens, se liquéfient, il t'a attrapé comme un débutant.  Et tu sens ça ? C'est le début des problèmes, le début d'une rupture, tu trouves en lui une excuse pour te perdre encore & encore. Il pourrait te détruire. Il pourrait te chauffer à blanc, liquider le reste. Il y a déjà trop peu en toi, tu ne peux pas le laisser faire. Tu ne peux pas. Tu n'es pas prêt.

D'une main, tu attrapes un panier avec des gâteaux apéritifs. Calme-toi, tu trembles comme une feuille, tu t'éveilles. Tu cours à ta perte, mais, en vérité, tu t'en fous. Tes doutes dérapent, valsent. Coeur sensible & trop doux, tu poses le panier en face du groupe. Il faut que tu évites son regard, il faut que tu te ressaisisses mais tu ne peux pas. Ta faiblesse t’enchaîne, tes prunelles s'enfoncent dans les siennes. « Vous désirez ? », c'est de la lave liquide qui s'écoule de ta bouche, c'est  une voix rauque, brutale, qui glisse à son oreille, provoquant un frisson jusqu'à . Tu inspires le désir, tu inspires la sensualité & c'est lui que tu veux. Malgré le fait que ce soit laid à l'intérieur de toi, malgré le fait qu'une goutte de sueur glisse dans ton dos, tu deviens folie, déraison pour un mot, un geste. Tu inspires brutalement, ton corps se lâche, tangue ; Que te faut-il ? Lui, encore & encore.

Dans un dernier effort, dans un geste vain pour te retenir, tu craches, à bout de souffle, à bout de toi, « Et en particulier, monsieur ? ». La température grimpe, tu réalises à peine tes mots quand tes yeux s'agrippent aux siens. Il faut trouver une excuse, ne pas lui faire peur. Trop tard, non ? Tant pis. « C'est offert par la maison. ». Tu en fais trop, animal imprévisible. Ton patron va surement t'encastrer dans un mur. Mais il te plait, non ? Non.
C'est pire que ça.
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Yasen D. Austen
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MessageSujet: Re: But I'm only human, and I bleed when I fall down... (Maten) Lun 3 Nov - 1:36

Yasen & Matveï

Why am I so emotional? No, it's not a good look, gain some self-control...
La noyade n’avait jamais été aussi tentante. Tu es plutôt pudique, tu n’aimes pas te baigner quand il ne s’agit pas de barboter dans ton bain. En fait, tu n’es même pas sûr de bien savoir nager, si ce n’est les maigres souvenirs qu’il te reste de quelques cours de natation avant que ta pudicité ne te fasse supplier en pleurant ta mère de t’en désinscrire.  Pourtant là, dans l’intensité de ses pupilles, tu avais retenu ta respiration et tu t’étais jeté à l’eau, même d’un plongeoir pendant que tu y es. Tu avais gardé le contact pendant quelques secondes, soutenant son regard, pris d’un élan d’audace qui n’avait duré que pour un instant avant que tu ne baisses tes yeux de chien battu à nouveau, le cœur tambourinant contre ta poitrine à un rythme terriblement effréné. Si ce simple échange te fait cet effet, que se passerait-il s’il te touchait ? Tu t’étais sens faiblir, pourtant tu croyais que ta volonté était plus forte que tout cela, elle t’a fait rejeter toutes les avances qu’on a pu te faire auparavant, même si tu t’es senti chancelant à maintes reprises. Là, c’était différent, tu avais envie qu’il te parle, tu avais envie qu’il te drague, tu avais envie de dire oui et de te retrouver dans ses bras la minute d’après, comme tu en as toujours envie à ce jour. Tu as cette éternelle impression qu’y être te ferait sentir en sécurité, tu as cette éternelle impression qu’il t’offrira ce que personne n’a réussi à t’offrir jusqu’ici, tu ne sais pas comment tu étais arrivé à déterminer tout cela avec juste le reflet doré de ses iris, mais tu l’avais cru et tu le crois toujours, dur comme fer.  C’est quand il s’était rapproché, c’est quand sa voix grave t’avait drapé de son voile de chaleur, allant jusqu’à t’arracher des tremblements, que tu avais su que tu le désires, et qu’il est dangereux, trop dangereux pour toi et ta décision de ne jamais céder aux envies de ce qui se trouve sous ta ceinture. Tu lui avais lancé un regard de défi, que tu n’assumes toujours pas, tu avais soutenu son coup d’œil, sans broncher, alors qu’il t’avait littéralement dévoré des yeux. Ce petit jeu que vous aviez joué était tellement excitant et t’avait fait découvrir une nouvelle facette de toi, celle du défi.
«Rien pour moi. Merci.»
En quelques syllabes, tu avais balayé toute son envie de te faire plaisir, tu n’avais pas accepté son cadeau, sa consommation gratuite dont tu te foutais un peu. Avec lui, tu n’avais pas le droit rougir, tu ne pouvais pas y aller délicatement, tu le savais, tu le savais qu’il insisterait si c’est le cas, qu’il ne te laissera pas tranquille s’il sait que tu es faible, alors tu t’étais paré du masque de la force, de l’indifférence, tu avais soigneusement évité de rencontrer son œillade une nouvelle fois, déglutissant difficilement avant ce faire…

C’était sans compter l’intervention de tes chers collègues, qui avait commencé à lui conter ta première fois, comme si c’était un exploit légendaire, te faisant crouler sous les compliments, te faisant courber l’échine sous la passion de leurs propos. En les entendant parler, quelqu’un qui ignore le contexte te prendrait pour un prodige, alors que ce n’était rien de spécial. Tu as toujours abhorré être le centre de l’intérêt, et voilà qu’ils ne tarissaient pas d’éloges pour toi, faisant ressurgir ta timidité intruse, faisant voler en éclats tes plans contrecarrés par ce défaut qui t’empoisonne l’existence. D’un coup d’œil discret, tu avais essayé de jauger sa réaction, puis tu t’étais ravisé juste à temps, au cas où il t’observerait aussi. La frustration t’avait submergé de sa haute vague, et tu n’avais pas arrêté de marmonner «Mais non, ce n’était vraiment rien, arrêtez d’exagérer…» de ta petite voix humble. Ça t’avait cruellement embarrassé, surtout qu’ils avaient essayé de te convaincre par la suite de prendre un verre que le gentil et beau serveur te proposait. Il y avait des filles parmi tes amis, et elles ne l’avaient pas quitté des yeux, ce qui t’avait inexplicablement rendu jaloux, mais bien sûr tu ne te l’avoueras jamais. La pression était de taille, ils ne voulaient pas se stopper dans leur élan, ils ne voulaient pas te laisser tranquille. Pour eux, ce n’est qu’un verre, de petites gorgées d’alcool qui te tombent dans la gorge puis c’est terminé. Pour toi, c’est l’interdit, la substance illicite qui habitera dans tes veines pendant un moment où tu ne te supporteras pas, où la culpabilité t’engloutira dans des abysses où la lumière n’a pas sa place. «S’il vous plaît, arrêtez, je ne peux vraiment pas…» C’est de ça que ta mère veut te protéger à tous prix, de cette tentation horrible, de ces gens qui exercent une influence horrible et qui veulent t’attirer de l’autre côté sans penser aux conséquences que cela aura sur toi… Tu avais cru être vraiment fort pour la combattre, mais avec l’homme juste à côté de toi qui t’avait donné et qui te donne encore le tournis ; ainsi que cette proposition alléchante de finalement avoir le goût de la liqueur dans ta bouche, tu t’étais senti vraiment amoindri, comme si t’achever était la tâche la plus facile au monde. Tu avais serré les poings, tu leur en avais voulu, tu ne voulais pas de tout ça, tu n’aurais jamais du accepter, ils avaient promis. Promis de ne pas te faire boire contre ton gré, promis de ne pas essayer de te retourner contre tes principes. Tu n’en pouvais plus, alors tu avais crié, enfonçant tes ongles dans ta paume «STOP.» Choqués, ils t’avaient jeté des regards interrogateurs, ils avaient contemplé tes larmes sans comprendre leur raison, ils s’étaient profusément excusés alors que toi, tu avais eu le réflexe de tendre ta main vers celle de ta mère, comme si elle se trouvait juste à côté, tu avais serré son bras, avec fureur. Sauf que cette chaleur, ces poils, cet avant-bras puissant n’était pas celui de ta génitrice et il te donnait cette incroyable envie de vomir, parce que c’est trop pour toi, trop pour ton petit cœur fragile. Le contact t’avait électrifié, il t’avait brûlé et tu avais retiré tes doigts brusquement, les fixant comme si tu ne les reconnaissais plus. Tu l’avais touché pour la première fois, et ça t’avait plu, ça t’avait éveillé les sens, ça t’avait donné envie d’avoir plus. Sans un regard dans sa direction, tu t’étais levé, les vannes menaçant de céder. Tu ne pouvais pas pleurnicher devant eux, ce serait la honte intersidérale …
«Je suis désolé pour cet éclat, je ne me sens pas bien, je reviens tout de suite…»
Tu avais couru jusqu’aux toilettes, n’osant pas l’affronter, tu avais examiné ta main tout le long, te rappelant de cette interaction agréable qu’elle a eu avec une peau étrangère, une peau rassurante, une peau tiède mais menaçante comme les feux de l’Enfer lui-même…


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Matveï L. Lewinski
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MessageSujet: Re: But I'm only human, and I bleed when I fall down... (Maten) Lun 3 Nov - 1:37

maten ∞
un jour tu t'envoleras
Tu essuies le refus avec un sourire. Un sourire contraint, forcé, tu ne peux lui imposer ta présence. Tu ne peux lui imposer un verre, ton sourire, ta chaleur. Tu n'es pas Philippe. De ceux qui trahissent, mentent, jouent pour arriver à ses fins, tu n'as rien d'eux. Tu es l'enfant du feu, de la chaleur, d'une humanité dévorante et douce. Impulsif, terrible, tu es l'homme de passion qui met en déroute ses envies. Il ne veut pas de toi. Une grimace, un soupire, tu passes ta main dans tes boucles, les faisant s'embrouiller sous ton contact. Rien n'est grave. « Soit, vous voulez passer commande ? », ta voix se fait chaude, de velours. Tu ne veux pas l'effrayer, tu ne veux pas le forcer. Et là tout se précipite, tu ne le quittes pas des yeux.  

Dans un silence effroyable, ils se jettent sur lui, pauvre oisillon tombé du nid. Ces loups voraces plantent leurs crocs acérés dans son corps frêle, ils impriment leur morsure et leur rire. Humiliation &  sensibilité se mêlent dans ses yeux.  L'angoisse divise, l'angoisse règne. Ils se croient drôle, ils se croient doter d'une finesse d'esprit et d'une politesse habile, mais il n'en est rien. Les traits du jeune homme se creusent, il supplie, murmure, implore. Tu les hais. Tu les hais tellement fort de le faire souffrir. Ne pas boire n'est pas un crime. Il y a des tas d'autres manière d'apprivoiser la fête, de s'amuser. Tu as déjà vu des gosses se glisser dans le bar juste pour une partie de billard ou pour discuter autour d'une limonade. La vie n'a pas à se noyer dans l'illusion de l'alcool. La vie n'a pas à être un mensonge effroyable, une gueule de bois. Et tout cela te rend coupable. Toi, glissant dans une gentillesse tendre, une bonté qui t'est habituelle, tu n'as  pas voulu cette révolte, cette humiliation. Tu ignores les compliments, tu balayes d'un revers de main révolté l'angoisse quand son échine se courbe sous le poids de la gêne.

« S’il vous plaît, arrêtez, je ne peux vraiment pas…» , un murmure, une supplique qui tombe dans les oreilles d'un sourd. Un grognement meurt dans tes dents qui s'enfoncent dans ta lippes. Tu te retiens d'hurler ta haine, ta colère. Au fond, ça te remue, ça gronde. Tu as envie de dégueuler cet ouragan brutal du fond de ton cœur, il terrassera sans aucun doute ses imbéciles sans âme, sans raison. C'est à croire que pour être médecin, on n'a pas besoin d'un cerveau brillant. Ta retenue te retient. Ta retenue te dégoûte. Alors tant pis, si tu perds ton boulot. Tant pis pour tout ça. Tu t'approches un peu plus, prêt à enfoncer ton poing dans la gueule de celui qui hurle le plus fort.  Tu es pas du genre à chercher les emmerdes mais tu ne peux résister à ses yeux chocolats fondus qui agrippent ton être. Il te détraque. Il met en vrac ton âme. C'est l'électricité qui court sous tes veines. C'est la tendresse qui se suicide. Tu ne le connais pas & pourtant, la menace explose dans tes yeux fauves, s'éclate sur les rives de ton cœur. Tu es à deux doigts, à deux doigts de sombrer, d'aimer, de protéger. « STOP.» , l'air quitte tes poumons, tes gestes se suspendent, il a hurlé. Il a crié ce désespoir qui animait ses prunelles, il a volé la rage de ton être. Le choc est rude, le choc est désagréable. Tes doigts se glissent sur ta nuque. Calme-toi, il te touche. Tu clignes des yeux, battant des cils, ne comprenant pas tout de suite. La chaleur de sa main te recouvre, la chaleur dévaste l'atmosphère autour de vous. Respire, ton cœur syncope, l'adrénaline te dope. Tout va trop vite. Tu grinces des dents & le désir se déverse, tournoie, s'affole. Il pulse, se bousille dans ton système et tu ne sais plus, tu ne sais pas. Il te fout en l'air. Respire, non, c'est trop dur. Tu veux ses lèvres, tu veux son corps, tu veux son odeur. Tes ongles s’enfoncent dans ta paume, griffe. Putain, putain, calme-toi. Et il te quitte.

Bim, bam, boum, non, tu ne veux pas.
Reste.
Ton désir est sot, ton envie est terrible.
Ne fais pas comme tous les autres.
« Je suis désolé pour cet éclat, je ne me sens pas bien, je reviens tout de suite…». Il a couru, il s'est enfui. Loin de toi. Tu déglutis difficilement. Et ils reprennent leur vie comme si rien n'était. Ils le laissent s'enfuir. Tu n'acceptes pas, tu ne veux pas. Un frisson te dévale. Il faut que tu le rattrapes. Il faut que tu lui parles. « Vous pouvez nous apporter des bières ? ». Tes yeux tombent sur le groupe, furieux, ignobles. Ils veulent des bières ? Ils en auront. Tes gestes sont précis, brutaux. Tu ne l'oublies pas, tu n'oublies jamais rien. Les gestes mécaniques te reviennent, te refroidissent, permettent de te calmer un peu. Il y a un bruit soudain, le liquide se répand sur un pantalon. Un sourire furtif éclaire ta peau basané, tes yeux doux s'illuminent d'un feu victorieux. « Pardon. Je suis maladroit, ce soir. Mon collègue va vous servir à ma place. », et tu leur échappes avant la moindre plainte, tu suis ses pas.  

La porte se ferme en grinçant derrière toi. Le carrelage blanc t'aveugle, mais il est là. Dressé sur ses jambes, observant sa main, il est là. Et toute ta résistance se suicide. Cette main, elle t'a touché, elle a esquissé le trajet d'une envie, d'un désir. Un soupire et tu dégringoles. Tu sens que les regrets seront là, si tu recules, ils tremperont tes draps la nuit. La porte se verrouille. Juste toi & lui. Juste vous. C'est stupide, ridicule, tes jambes se mouvent, ta main attrape la sienne. Tu abîmes sa vie fragile. Tu abîmes ses croyances. Tu froisses le bon sens, la raison. C'est stupide, il n'a rien fait pour ça. Ce n'est pas Philippe. Doucement, lentement, tu le guides à toi. Tu l'enfonces contre ton corps musclé. Une étreinte ? Un aveu silencieux. Une promesse douce qui s'imprime dans ta peau. Tu vacilles, tu ne résistes plus. « Je. », tes lèvres s'approchent, traversent l'espace qui vous sépare mais s'arrête à quelques millimètres. Non pas comme ça. Pas comme avec Philippe. Le désir hurle à l’oppression, rue et se cambre. Le feu de tes reins te fait mal. Le feu te terrasse, t'assiège, brutalisant le moindre de tes sens. Laisse-le t'aimer. Non, non. Tes erreurs, tes pudeurs, tes regrets te crucifient. Tout va trop vite.

Alors tu t'écartes. Hébété par tes gestes, tu ne te comprend plus et tout se fissure, te dérange. « Je … Je suis désolé. Je ne voulais pas. », tu te mords la lèvre, tu baisses la tête. « Pardon. Je suis un imbécile. », un con, un débile, tes doigts s'agitent dans tes boucles, gênés. Il te plaît mais tu n'as pas le droit. Il n'est pas à toi. Même si ton odeur glisse, s'agite en toi. Même si l'envie explose. Le poison enivre ta raison, libère une sombre folie. Un soupire, tes pulsions sont violentes et tu te sens glisser vers le fond. Tu te sens posséder, animer d'un désir qui devient ta prison. Un grondement rauque. « Je ne voulais pas te faire peur. », tes yeux glissent dans les siens, sincères. Tu n'as jamais voulu tout ça. Tu voulais juste le protéger. « Je vais partir, ok ? », il ne faut pas rester près de lui. Il ne faut pas céder. Tu es un fléau, tu lui feras forcément du mal.
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Yasen D. Austen
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MessageSujet: Re: But I'm only human, and I bleed when I fall down... (Maten) Lun 3 Nov - 1:39

Yasen & Matveï

Why am I so emotional? No, it's not a good look, gain some self-control...
Brrr. Frisson qui s’était attardé sur ton dos, qui avait escaladé lentement tes vertèbres comme le ferait une personne avec des escaliers. Tu avais eu froid, ce n’est pas inusuel, après tout, tu es habitué aux basses températures, ton corps est toujours glacial, il a toujours eu besoin d’être réchauffé. D’ailleurs, ta mère a toujours paniqué à ce propos, elle faisait de son mieux pour te protéger, persuadée que quelque chose ne va pas, que ta santé est menacée, que c’est une anomalie qui doit être combattue. Mais cette fois-là, c’était le froid de l’excitation, de l’aventure, de l’attraction répugnante. Ça t’avait rongé de l’intérieur, ça t’avait noué les entrailles et tu étais devenu le serviteur de cet éveil des sens qui t’avait assailli lorsque vos deux peaux ont été rapprochées. Tu t’étais retrouvé devant le miroir de la salle de bains, refuge temporaire en attendant de retrouver tes esprits et retourner t’excuser auprès de tes collègues que tu éviteras pour d’éventuelles prochaines sorties par la suite. Tu n’avais pas cessé de contempler ta main, amusé qu’elle ait connu cette sensation si étrange et terrifié à l’idée que peut-être ça n’allait jamais se reproduire. L’intrusion de quelqu’un s’était faite sentir par un grincement qui avait produit un écho bien désagréable à tes oreilles mais que tu avais choisie d’ignorer. Tu te rappelles avoir présumé que c’était quelqu’un qui venait se rassurer sur ton état, étouffé par sa culpabilité mais tu n’avais pas prononcé mot. Pas avant d’entendre le bruit caractéristique d’un verrou qu’on enclenche. «Qu’est ce que… ?» Tu n’avais pas eu le réflexe de regarder dans le miroir, tu voulais toiser le responsable pas son reflet, mais une fois retourné, bien avant d’avoir ressenti les retrouvailles de vos mains, tu avais fait face à un colosse, à ton colosse. Cette montagne de muscles qui avait envahi en même temps ta vision et ton cœur, s’insinuant dans tes veines, réclamant sa place dans tes pensées. Si tu savais… Oh si tu savais… Tu n’avais pas pu résister, tu n’avais pas pu te débattre, tu t’étais laissé faire doucement, dirigé par ses bras rassurants. Puis, naufragé accroché à un bout de bois, tu avais retrouvé la terre ferme, tu t’étais échoué sur le corps chaud, tu avais calé ta tête contre son torse puissant, et tes poumons s’étaient remplis d’air frais. Tu t’étais senti toute chose, unique. Tu avais fermé les yeux, tu aurais presque ronronné et machinalement, tes bras étaient allés entourer son dos, avides de le rapprocher encore plus de toi, de faire fusionner vos deux physiques. Tu avais laissé s’effondrer tous les barrages, tu n’avais pas permis à tes résistances de s’opposer au bonheur que tu vivais. Tu avais juste profité du moment, tu t’étais saisi du moment et tu l’avais fait tien et uniquement tien, désir égoïste que tu ne voulais pas combattre. Tu n’avais pas pensé au fantôme de ta sœur, au regard des gens, au Dieu auquel ta génitrice croit, à sa réaction si elle était spectatrice de ceci.

Puis il avait tout gâché en essayant de parler, en proférant une syllabe hésitante. Tu avais instantanément retrouvé ta place dans le monde réel, cruel et impitoyable. Les pensées négatives dont tu étais protégé jusque-là avaient retrouvé leur chemin jusqu’à ton cerveau et avaient constitué un fardeau tellement lourd sur tes épaules frêles. Si tu avais su qu’il allait parler, tu l’aurais sûrement intimé au silence, il avait ruiné votre moment, ton moment. Tu avais déplacé ta tête de son support, prêt à mettre les points sur les i, prêt à quitter le confort de son étreinte. C’était sans compter son souffle qui était venu trouver comme finalité ta peau, qui avait envahi tes narines et qui avait déferlé sur ton cou, subtilement, voluptueusement. Il avait été trop près, vraiment trop près. Ton cœur avait menacé de rompre, tu avais avalé le peu de salive qu’il y a dans ta bouche assez difficilement. Maintenant que tu y penses… tu avais vraiment cru qu’il allait t’embrasser. Et le pire dans tout ça, c’est que tu ne l’aurais sûrement pas repoussé, que tu lui aurais rendu avec autant d’ardeur. Tu t’étais préparé à cette éventualité, tu l’avais accepté. Tu avais agréé d’y céder, et à bas les remords qui allaient s’en ensuivre. Mais il avait été stupide… Il s’était écarté, il t’avait donné l’occasion de reprendre ta respiration. C’était la deuxième fois de la journée que tu t’oubliais à cause de lui, que tu te laissais aller. Allait-il y avoir une troisième fois ? Sur le moment, tu étais persuadé que non, c’en était assez. Tu avais même été soulagé qu’il avait retrouvé sa raison et qu’il s’était éloigné de toi. Ça aurait pu très mal se finir s’il avait osé joindre vos bouches, tu aurais sûrement eu une réaction de rejet à son encontre. Et alors… ? Peut-être que c’est à ce moment que tu avais réalisé que tu le voulais dans ta vie. Non pas en tant qu’amant ou quelque chose de ce genre … Il a juste cette aura qui te bouscule, qui t’entoure et qui te donne l’impression d’être vivant, d’être en sécurité. Ses mots avaient été une douce mélodie à tes oreilles, qui s’était emparée de ton être, qui l’avait soumis. Tu t’étais laissé emporter par la cadence de sa magnifique voix grave, sans pour autant comprendre le sens de ce qu’il profère. Trop hypnotisé par son regard, ce n’est que lorsqu’il avait fait un pas en direction de la sortie que l’ampleur de ses paroles t’avait affolé. Et c’est instinctivement, au-delà de toutes attentes que tu t’étais emparé de son bras le retenant, et qu’avec une voix plaintive tu lui avais dit «Reste. S’il te plaît.»
Tu n’avais pas su où tu voulais en venir, tu n’avais pas compris d’où ceci provenait, tu avais juste laissé ton corps, tes pulsions te dicter ta conduite. Jamais deux sans trois, troisième égarement.  Tant pis. Vivant les instants précieux, tu avais fait un pas, puis un deuxième…

Et le temps s’est ralenti, il a pris un rythme nonchalant, mais finalement, tu avais atteint ton but, tu t’étais retrouvé à quelques centimètres de lui, haletant, le regard baissé. Timidement, tu avais repris «Tu ne me fais pas peur. Enfin si mais pas de la façon avec laquelle tu crois le faire.» C’est une menace, c’est un danger, il allait s’attaquer à ton innocence, tôt ou tard, il allait te faire transgresser les principes par lesquels que tu vis, sans les avoir choisis. Et ce serait la rébellion de trop, celle que tu vivrais très mal, celle qui t’emplirait de remords. Tout ça était coincé dans un recoin de ton esprit, après tout tu étais perdu, tu ne savais plus où tu en étais.   «Ne pars pas. Enfin à part si tu en as envie.» Plus tard, tu apprendras qu’il s’appelle Matveï, un nom qui te fascinera, un nom qui vivra et qui vit toujours par le biais de tes songes, de ceux qui te sortent de ta torpeur mais positivement contrairement aux cauchemars où ta chair te blâme. Et à Matveï, tu t’étais donné ce soir-là, tu lui avais octroyé un deuxième câlin, toujours retrouvant réconfort en te  blottissant contre lui. Ça t’avait fait tellement de bien, tu avais même senti tes yeux se mouiller pendant quelques instants. Puis tu y avais mis fin, péniblement, et ta main, ne répondant plus à tes ordres, était partie se loger sur sa joue barbue.  Du bout de tes doigts tu l’avais caressée. Retenant tes expirations, tu t’étais laissé couler dans le gouffre de ses prunelles de braise. Puis, soupirant doucement, tu t’étais hissé sur la pointe de tes pieds et tu avais embrassé l’endroit où s’était tenue ta main, longuement, t’imprégnant de son odeur, te faisant mal parce que cela n’a fait que te donner envie d’avoir plus, encore plus, toujours plus. «Merci de m’avoir suivi, j’apprécie énormément. Bon après le client est roi, mais toi, tu as donné beaucoup de toi-même quand même.» Tu n’avais même pas rougi. Ça avait l’air si … naturel. Comme si c’était une habitude. Ou alors peut-être l’humour avait été ta réaction de défense. Mais non, maintenant que tu l’évoques, c’était juste toi en train de vivre le moment présent, celui qui t’a été offert, sans trop y penser. Mais bien sûr, ça n’allait pas durer. Te délestant de ton enjouement, tu t’étais refroidi. Non pas parce que tu le voulais, mais parce qu’il le fallait. Tu avais eu envie de pleurer à ce moment-là, ravagé par la rigueur dont tu allais faire preuve, mais tu t’étais convaincu que c’était la bonne chose à faire et jusqu’ici, tu en es persuadé. «Néanmoins, ceci n’est jamais arrivé. Je suis désolé, je suis dans un état de faiblesse extrême, et c’est pour cela que je me suis lâché comme ça. Je ne voudrais pas que tu te fasses des idées, je sais que je dois avoir l’air contradictoire et je m’en excuse, mais c’est comme ça et t’expliquer les mille raisons pour lesquelles rien ne va se passer entre nous n’est pas quelque chose que je compte faire non plus.»


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Dernière édition par Yasen D. Austen le Lun 3 Nov - 14:02, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: But I'm only human, and I bleed when I fall down... (Maten) Lun 3 Nov - 1:46

maten ∞
un jour tu t'envoleras
« Reste. S'il te plait. », tes yeux s'écarquillent, tu cesses de respirer, brutalement. Ses doigts caressent le tissu de ta chemise, outrepasse toutes les limites, toutes les barrières. Tes poumons se vident, ta raison explose, dans un silence assourdissant. Un frisson court sur ton échine où se mêle tendresse, désir & colère. Colère qui se brise sur les récifs de ton esprit, ne parvenant pas à faire fléchir ton calme, ta faiblesse pour lui. Lui qui s'égare, lui qui longe ton cœur de part en part, évinçant toute résistance. « Ce n'est pas raisonnable. », un simple murmure du bout de tes lèvres, une simple vérité qui tourmente tes yeux fauves, qui voile le noir désir d'un soupçon de peur, ta peur. Ignoble, laide & dégueulasse, elle s'accroche à toi, avide de la moindre miette de bonheur à écraser entre ses doigts ridés. Une inspiration, ton regard se rive vers ses doigts, il ne te fera pas de mal, n'est-ce pas ? C'est pire que ça, il te bousillera de sa tendresse, de sa maladresse, de sa délicatesse.

Son souffle te ravage comme un ouragan, voleur de sentiment, voleur de raison. Haletant, à demi-exténué, tu as l'envie, d'attraper sa taille & de te poser, léger comme un papillon, sur ses lèvres, tendrement, lentement. Tu as le désir qui se tue, s'exténue, avide d'un geste, d'un mouvement de lui. «Tu ne me fais pas peur. Enfin si mais pas de la façon avec laquelle tu crois le faire.» , sa timidité roule contre ta peau d'ébène, gagne la courbe de tes yeux & te fait fléchir. Tu voudrais lui demander une explication. Tu voudrais lui demander qu'est-ce qu'il craint. Tu voudrais guider tes doigts dans ses cheveux & terrasser tout ce qui l'assiège. Un élan de protection se glisse & ta main s'empare de son dos, paresse le long de sa colonne vertébrale, flirtant au-dessus du tissu. « Je pourrai t'offrir un café & tu m'expliquerais. », tu oses, tu outrepasses tes limites, insolente, ta voix formule tes désirs & laisse planer l'éventualité d'un temps encore avec lui, d'un moment volé à sa vie. Combien en voleras-tu ?

«Ne pars pas. Enfin à part si tu en as envie.» , glisse-t-il vers toi. Une inspiration, ton accent explose, ta voix déraille, rauque & sensuel. « Je n'en ai pas envie. ». J'ai envie de toi, tes dents s’enfoncent dans ta lippes, empêchant ce qui te remue, t'éventre & te promet la chute de naître, tes désirs s'avortent. Tu t’abîmes & tu en crèves. Sans même le connaître, sans même savoir, tu veux tout, absolument tout de lui, de ses yeux, de sa bouche, de son corps. Tout à en crever, à en rêver. Fixe, ton regard reste fixe et aveugle, ne demeurant que lui, se confondant aux pulsions d'un désir sourd & lâche, un désir qui te crevasse, qui le maltraite. Son étreinte n'est qu'une prison. Ses bras, son odeur, c'est une bombe qui ravage ton esprit, qui exige plus. Tellement plus. Tes doigts remontent, fou & dérangeants, le long de son dos, viennent fourrager dans ses cheveux, ébouriffant, abîmant & bousillant l'ordre dans sa tignasse brune. Tu t’accroches à lui, refusant de sombrer, refusant de l'embrasser dans ce bar, ici. Pas ici. Le supplice est terrible quand il frôle ta joue de ses lèvres, quand ses yeux se confondent à une tristesse noire.
Quel secret l'habite ? Quel amour lâche l'a éraflé ?
Que craint-il ? Toi ou lui ?

L'air se bloque, une boule se forme. Ses paroles n'existent plus. Ses paroles ne sont que des bribes d'incompréhension à tes oreilles. L'humour te tue, il s'offre le grand frisson, il t'offre l'enfer de son corps que tu tiens, que tu refuses de lâcher. « On dit souvent que je donne beaucoup. », l'amertume danse dans ta voix. Ne comprend-t-il pas ? Prince d'une tendresse infinie, tu n'as pas pour habitude de suivre tes clients jusqu'ici, tu n'as pas l'habitude de renverser des bières pour venger son innocence. Dieu que l'innocent te paraît cruel. Dieu que ton cœur se morfond dans une rage destructrice. « Cependant, je ne le fais pas pour n'importe qui. », grondes-tu, le noir aveuglé de désir laisse place au noir d'une violence rare. Combats intérieurs & souffrances tenues en laisse s'avachissent & grandissent grandis par ta colère amère, destructrice. La cage s'effondre, tes liens s'écartent, tu es libre. « Tu n'es pas un simple client. », non, il était pire que ça, bien pire que ça & un bordel monstre s'installe en même temps que son image.

Il s'échappe, un grognement d'animal blessé est laché.
Prostré dans ton incompréhension, dans ta rage éternelle, dans des mers d'acidité, tu restes là. Il t'abandonne & tu ne bouges pas. Tu ne bouges plus. Tu n'oses pas. Tes mots s'éventrent & il t'assassine. « Soit, si il ne s'est rien passé ... », le regard sombre, la bouche gourmande, vorace, tu t'approches, encore, armé de tes pulsions salvatrice, désireuses de plus, tellement plus. Tes pas te mènent à lui, ton corps répondant à des ordres qui ne sont pas tiens. Tu es fou, fou de lui. Ta folie envahit tout, pullule, s'empare de chaque morceaux de ton être. Ton être se retrouve de nouveau collé au sien, apaisé, relâchant une tension dangereuse & puissante. Tu le touches & tout te semble dérisoire, sans importance, d'un ridicule simple & inouïe. Il est tout ce qui compte.

Tu l'amènes contre le mur, plaquant tes hanches aux siennes, le dominant de toute ta taille. Tu défigures ta protection, tu t’absous de toute tendresse. La rage domine, pulse & ravage d'un incendie violent l'inacceptable. Pourvu qu'il te pardonne. Ton courage est lâche, il te fait chercher son odeur, glisser ton visage dans ses cheveux, inspirer son parfum. Tu inspires, expires, tentant de te dominer, de te calmer, de ne pas lui faire trop mal ou bien pas assez. Monstre, tu es un monstre de désirs cruels, de fantasmes éternels, stupides. Ta bouche glisse, ton cœur se pend. Tu traces d'une ligne de feu, d'une ligne de baiser sa trempe, sa joue, sa pommette, sa mâchoire. Sa taille épousant la tienne, tu te fonds en lui, faisant peser ta chaleur, ta violence au creux de lui. Prêt à l'impensable, tu l'es. Tu ne connais ni son nom, ni son histoire, et il te fait vaciller. Tes lèvres tremblent contre son menton, murmurent l'inacceptable. Pourvu qu'il te pardonne. Tu ne sais pas résister à ce désir qui étreint ton ventre. Tu as la gorge nouée d'une excitation & d'un dégoût de toi-même qui te supplient de le faire ou bien non. Il est déjà si tard, trop tard.

Confusément, simplement, évidemment, tu l'embrasses.

D'un baiser voleur, d'un baiser rageur, d'un effleurement craintif, tes lèvres s'emparent des siennes. Pas assez pour lui dérober son innocence, suffisamment pour le bouleverser, pour qu'il te rêve encore. Et tu t'écartes, joueur, sentant la colère se dérober sous tes pieds. Aime-le. Non, pas tout de suite. L'humour explose dans tes yeux, pétillent, indocile, victorieuse. « Ceci n'a jamais existé aussi. », changeant, lunatique, franc, tu te plais à te moquer de ses vœux. Rien ne s'est passé, soit il l'a choisi, soit il se ment. Mais pas toi. Tu sais qu'il se souviendra. Tu sais qu'il te plait pas. Au-delà de tout, tu n'es pas dupe, il te brûle & tu ne crois pas à la tendresse. Lui, il t'inspire l'enfer cruel de tes nuits. Lui, il t'offre un frisson d’allégresse. Lui, il t'offre une vie, un cœur.

Tu t'écartes, te laissant pantelant. « Matveï. », souffles-tu. Un simple Matveï qui roule comme une langue étrangère, comme une promesse d'aventure, comme un besoin de le marquer dans la pierre. Et puis, simplement, tu te détournes, le loquet saute. Toi, tu le sais, tu le veux. Et puis après tout, quitte à l'a(b)imer, autant en (c)rever.
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Yasen D. Austen
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MessageSujet: Re: But I'm only human, and I bleed when I fall down... (Maten) Lun 3 Nov - 1:47

Yasen & Matveï

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Tout s’était mélangé. Dans ta tête, dans la scène. Tu ne sais plus comment ça avait mené là où vous en êtes arrivés, tu sais juste que tu n’as rien fait pour l’en empêcher. Quand vous vous étiez séparés, il avait protesté, grondant tel un animal. Il t’avait écouté, pétrifié, puis dans ses yeux, tu avais vu autre chose que de la chaleur. Tu avais vu de la colère, qui s’était emparée de lui, qui avait fait de lui un vulgaire esclave. Tu aurais pu vivre avec seulement ça, étant la source de son ire sans pareille. Mais non, il avait fallu que ça empire, il avait fallu que sa voix grave résonne à nouveau dans la pièce, avec une pointe de mystère dans les mots qu’elle prononce. Il avait fait un pas en ta direction, tu en avais fait deux derrière, nerveux. Précipitamment, il t’avait rattrapé, et tu t’étais retrouvé à nouveau si proche de lui. Tu avais fermé les yeux comme il fallait le faire quand le soleil venait coïncider avec ton champ de vision, puis sans que tu ne saches trop comment, tu t’étais retrouvé adossé au mur froid, et il… était entièrement contre toi. Tu pouvais sentir tout son corps accolé au tien, et c’était tellement bon que tu avais cru t’évanouir. Il avait respiré dans tes cheveux après y avoir fourré son nez, reniflant les relents du shampoing que tu avais mis… Tiens, tu te rappelles encore que tu avais paniqué à l’idée de sentir plutôt l’hôpital, ce qui n’est pas très sexy hors de ce lieu, sans la blouse et tout ça. Oui, tu avais envie de sentir bon pour lui, tu avais envie qu’il se délecte de ce qu’il était en train de flairer si énergiquement… Coincé, tu n’avais pas pu bouger, tu avais juste pu subir, et pourtant ça n’avait pas été si mal que ça, ça a même été… excellent. Et puis, boum. L’apocalypse. Rien qu’en ressassant ce souvenir intense, ton teint vire à l’écarlate. Alors imagine à ce moment-là… Au début, tu avais été dans une sorte de transe, incapable de faire quoique ce soit, puis quand sa bouche avait atterri sur ton épiderme, tu avais visité le monde des morts, tu t’étais senti défaillir puis tu étais revenu, revenu pour être témoin de sa myriade de baisers sur tout l’espace entre ton œil droit et ton oreille du même côté, ta respiration s’était saccadée mais il ne s’était pas arrêté là, non, il avait aussi exploré de ses deux lèvres ta joue puis il était descendu vers ta mandibule. Où veut-il en venir ? C’est la question qui t’avait taraudé. Et pendant un instant, tu avais hésité, tu avais levé la main en direction de sa poitrine pour le repousser. Mais non. C’était trop tard. Son souffle était déjà contre tes lèvres, puis les tiennes s’étaient entrouvertes, pour mêler ton haleine à la sienne. Premier baiser, euphorie, ça avait exploré au creux de ta poitrine, tu t’étais senti toute chose. Pour toute personne qui aurait pu avoir la chance de vous observer, ce n’était qu’un simple effleurement, une banalité qui n’a rien d’exceptionnel. Pour toi… C’était tout. Et puis, il t’avait rendu la monnaie de ta pièce, il t’avait volé quelques choses très importantes, puis il t’avait planté là, après une remarque acerbe et après t’avoir révélé son prénom. Tu étais resté coi dans la salle, bien après qu’il l’ait quitté. Tu avais touché ta bouche, qui n’était plus la même, qui avait obtenu un aperçu du paradis, de ton paradis. Puis la porte s’était rouverte et tu avais sursauté. Ce n’était pas lui, mais c’était suffisant pour te faire sortir de ton état second et te faire quitter l’endroit. Essayant de reprendre un rythme normal, tu avais rejoint ceux avec qui tu étais venu, un sourire ornant ton visage mais un air troublé n’arrivant pas à le quitter. Tu t’étais excusé, puis tu leur avais dit que tu étais fatigué et que tu voulais rentrer chez toi. Tu l’avais cherché du regard, subtilement, mais tu ne l’avais pas retrouvé. Tant pis. Tu aurais voulu lui dire ton prénom, tu aurais voulu qu’il insiste. Tu n’avais besoin que de ça après tout, quelqu’un qui s’accroche. C’est le moment approprié pour tout te faire oublier… Et c’était le moment parfait, celui où toutes tes défenses étaient amoindries. Tu l’aurais suivi là où il t’aurait demandé. Même dans des endroits inconnus, que tu redoutes. Mais ça ne s’était pas fait, et tu avais eu un pincement de soulagement mêlé à une immense déception. Vous étiez voués à n’avoir que cet instant… Si tu savais à quel point tu étais dans l’erreur…

Brûlé. Tu t’étais brûlé à son contact, tu t’étais brûlé en soutenant son regard de feu, son regard que tu voudrais toujours voir fixé sur toi. À l’époque, tu voulais devenir son obsession, tu voulais qu’il t’attaque, tu voulais qu’il ne te laisse pas le choix malgré toutes les résistances que tu lui avais opposées, et pour être honnête c’est toujours un souhait qui te fait frémir. Non, ce n’est plus un souhait… Il n’a jamais lâché l’affaire, il a toujours persévéré dans son désir de se rapprocher de toi. Il te veut, tu n’y es pas aveugle… Et tu le veux aussi, tu ne te le nies pas. Sauf que tu sais pertinemment que ça va être très difficile. Ce jour-là, oui, tu n’y aurais pas pensé à deux fois. Mais tu l’aurais sûrement regretté par la suite. Tu t’es certes quelque peu détaché de ta mère, mais elle est toujours là, omniprésente dans ton existence. Elle la régit, et tu n’es pas prêt. Tu ne veux pas vivre dans le mensonge, dans le secret. Peut-être ne le seras-tu jamais mais tu sais, au fond de tes tripes, que si un jour c’est possible, c’est vers Matveï et uniquement lui que tu te tournerais. Ne serais-tu pas un peu amoureux… ? Non, c’est absurde. Tu n’as pas le droit. Le biper est insistant dans ta poche, et tu grognes. C’est la troisième fois. Cependant, à cette reprise, c’est devant ton résident, qui fronce les sourcils à ton encontre : «Vous ne comptez pas répondre à ça, Austen ?»
Grillé. Tu rougis, puis tu balbuties quelques excuses avant de t’emparer de ton pager. Tu soupires, puis tu abandonnes la proposition d’opération que t’a faite ton supérieur direct pour aller aux urgences. Tu vas le tuer, c’est la goutte d’eau qui fait déborder le vase. Certes, au fond de toi, ça te fait toujours plaisir de le revoir, et tu sais qu’il n’a pas le choix, qu’il sait pertinemment que tu n’accepterais pas de le voir en-dehors de l’hôpital et que c’est pour ça qu’il ne vient qu’ici, mais voilà, ça te fait sortir de tes gonds, et tu es prêt à remettre les pendules à l’heure. D’un pas déterminé, tu te diriges vers l’infirmière qui t’a appelé incessamment, tu lui adresses un regard contrarié avant de lui parler : «Cette plaisanterie a assez duré, où est-il ?» Ce n’est pas sa faute, pourtant ta voix est assez amère et tu essaies de reprendre tes esprits pour ne pas la froisser. Elle te désigne un lit qui est caché par les rideaux, qui dénotent que le patient veut son intimité. «Que ce soit la dernière fois où vous m’appelez pour rien, s’il vous plaît. Je vais lui parler, mais ne cédez plus à ses caprices.» Elle essaie, avec des yeux étonnés, de te parler mais tu fais la sourde oreille et tes pas te portent vers lui, une expression contrariée dominant tes traits. Tu tires le voile, révélant l’homme allongé. «Matveï… Je sais que ton métier de barman t’accorde quelques libertés, mais sache qu’il n’en est pas de même pour moi qui dois travailler et faire mes preuves. Tu viens de me priver d’une chance inouïe avec tes extravagances à la noix.» Bon, peut-être es-tu un peu dur avec lui, mais il faut qu’il comprenne. Tu te mordrais bien la langue, détestant les mots qui viennent de quitter ta gorge… Puis, tu le scrutes, vraiment. Le mécontentement aveuglait tes pupilles, mais maintenant, tu vois tout. Le malaise qu’il est en train de vivre comme si c’est le dernier lieu au monde où il voudrait être, la grimace de douleur qui déforme son magnifique minois et surtout le sang qui agrémente le carré de toile de cellulose d’un rouge sinistre. L’affolement te gagne, et tu t’assois sur la chaise voisine du lit, les sourcils froncés, le cœur battant à tout rompre. «Qu’est ce qui s’est passé ?!» Où est passé le médecin ? Il est caché sous ses couches d’inquiétude qui te ravagent. Tu glapis, comme si tu étais le blessé dans l’histoire. Est-ce qu’il a mal ? Est-ce que ça va aller ? Mais c’est à toi de le déterminer, imbécile. «Je vais voir d’accord ? Je vais être délicat, si je te fais mal, tu me préviens.»  Alors, tu te saisis prudemment de son bras, tu l’orientes vers toi doucement, les larmes aux yeux. Tu as tellement envie de le prendre dans tes bras, de le rassurer, mais pour l’instant, tu dois te distancer si tu veux lui donner l’attention médicale dont il a besoin.


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Matveï L. Lewinski
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MessageSujet: Re: But I'm only human, and I bleed when I fall down... (Maten) Lun 3 Nov - 1:54

maten ∞
un jour tu t'envoleras
Tu n'as plus jamais osé en reparler. L'envie n'a cessé de te brûler le ventre, de te ronger l'âme. Tu le veux, tu l'as toujours désiré. Le désir s'égare, erre & hante ton cœur, glisse dans les plis de ta raison. Il n'y a plus de colère, de crainte, de rage. Tu déclines les nuances de ta violence amoureuse. Tu tombes dans ses yeux, tu y découvres les vertiges d'une passion. Tu t'étais pourtant juré, promis, de ne plus y revenir. Tu t'étais pourtant déjà laissé prendre au piège. Les amours pour toi ne devraient qu'être mirage ou poudre aux yeux. Fantasmes, ce ne sont que des fantasmes, des histoires avortées.

Goutte à goutte, le sang tombe, éclaboussant le sol d'un blanc immaculé. Il trempe & il court sur ta peau basanée, incapable de sécher. L'agacement suinte, tu détestes attendre & tu maudis ta faiblesse.  «Matveï… Je sais que ton métier de barman t’accorde quelques libertés, mais sache qu’il n’en est pas de même pour moi qui dois travailler et faire mes preuves. Tu viens de me priver d’une chance inouïe avec tes extravagances à la noix. » , tu n'as pas entendu le rideau se tirer, tu n'as pas entendu sa voix agacée. Ses paroles t'arrachent un sourire, un brin de provocation, un frisson d’allégresse. Qu'il hurle, qu'il te déchire, qu'il s'agace, pourvu qu'il te regarde, pourvu qu'il tremble pour toi. Tes passions exquises t'embrument, il t'embrume. Tout le reste t'est bien égal. Il n'y a que ces yeux fauves, le feu qui s'emparent de ton âme. Pour lui, où irais-tu ? « Je sais que je t'ai manqué. », ta voix est douce, provocatrice. Tout son corps te supplie pour un baiser, une caresse, une tendresse. Tout ton corps se tend, victime de lui, de son charme. Le cœur en vrac, tes yeux ne cessent de l'aimer, de l'apprivoiser. Tout te damne pour un geste de lui. Tout te perd. Qu'es-tu devenu ? La douleur court pourtant. La douleur pulse, monstrueuse, dérangeante, étrange le long de ta main. Elle ronge tout & annihile l'espoir. Un gémissement d'animal blessé t'attrape. « Pardon pour ta chance. Je suis sûr que tu es assez intelligent pour en saisir d'autres. », tu n'as aucune gêne, aucun tremblement, tu balayes l'évidente douleur, tu assassines l'horreur. Il est plus essentiel à ton existence.

Ta main valide vient cueillir la sienne, caresser sa peau. Une pression douce, bien différente de l'effleurement de tes lèvres rageuses, voleuses, ravageuses. Un geste tendre du bout de tes doigts qui s'égare le long de ses phalanges, de ses ongles & tu le relâches. La liberté lui est rendue, ne souffrant, hélas, plus de ton contact envahissant. Un soupir & tu vacilles. Ta chute semble être inévitable. Tu vas tomber pour lui. Tu vas t'effondrer dans le froid, dans la poussière, dans l'amour. Qu'importe tant que ta chute est belle, tant que tes ailes se volatilisent, tant qu'il n'y a que lui. « Pardon, sincèrement, love. ». Dis-lui que tu peux avoir un de ces collègues, qu'il n'est pas obligé de te cueillir dans ta souffrance. Tu n'en penses rien. Tu le veux lui, tu l'as toujours voulu. Tu as toujours voulu marquer sa chaire de tes baisers, imprimer tes caresses dans son cœur, nuancer son être de mille émotions.

«Qu’est ce qui s’est passé ?!» , ses yeux ne te quittent plus, son inquiétude est visible, étrange. Elle pose un rire dans ta gorge. Il ne faut pas s'inquiéter, tu es un grand garçon, un désastre en cuisine, mais un grand garçon. Tu ne souffres presque plus de la perte de Maman. Tu n'as pas de larmes pour ton père. La souffrance est muette. La douleur n'est qu'un souvenir tuméfié, du sang séché. « J'ai voulu arrêter un alcoolo qui voulait frapper des gamines. », tu détournes les yeux. C'est stupide, tellement stupide. Ton impulsivité te ravage, te détruit et elle emporte tout sur son passage, murant le reste dans les tréfonds de ta raison. « Il voulait frapper une des filles avec le verre alors je me suis interposé. », tu rougis, trouvant ta stupidité affligeante & dérangeante. Tes doigts valides agrippent la chaise & le rapprochent du lit de fortune, venant le mettre entre tes jambes. « Tu n'es pas obligé, Yasen. », tes yeux plongent dans les siens, non, il n'est pas forcé, il peut te délaisser. Tu ne lui en voudras pas. Ta lâcheté & ta peur te désarment, t'assassinent. Tu ne veux pas qu'il voit cette vieille crainte de la médecine & de ses soins, tu ne sais même pas si tu le laisseras te toucher.

«Je vais voir d’accord ? Je vais être délicat, si je te fais mal, tu me préviens.» , un sourire, comment peut-il encore t'étonner ? Pourquoi le désir te trouble ? Pourquoi t'étrangle-t-il ? Il longe ta raison, séduit tes idées, tes pensées. Tu l'aimes ? Non, pas encore. Pas tout de suite. Pas trop vite. « Je n'aurai pas mal, c'est toi. ». Il ne te fera jamais de mal, tu lui fais confiance. Elle s'implante en lui sans que tu comprennes pour quoi, comment. Il trace son chemin de ton cœur au sien, tissant une toile invisible, un désir doux & lent. Tu ne devrais pas. Pas depuis Philippe. Pas depuis que tes peines commencent à peine à se taire. Tu voudrais lui demander ce qu'il adviendra de vous, une fois que la douleur sera dissipée, une fois qu'il devra te libérer. « Et puis, je ne suis pas un enfant. », tes doigts s'égarent sur sa joue, passent sur ses lèvres. « N'aie pas peur. », la douceur de ta voix te fait trembler. Tu ne sais pas si c'est le malaise & la douleur ou les deux qui se mêlent à ton être.

Tes doigts s'égarent sur le tissu. « Je vais ouvrir, c'est moche, donc ne t'inquiète pas. ». Qui de vous deux est le médecin ? Qui de vous deux s'éprendra de ce rôle de protecteur, de guérisseur ? Tu t'en veux de l'inquiéter. Tu t'en veux de ne pas le laisser vivre un instant sans toi. Toi, pourtant, tu ne sais pas lui résister. Tout te ramène à lui. Tout va vers lui. Tu défais le tissu, inspirant profondément, sentant le picotement de la vodka que tu as posé sur la plaie avant de venir. Tu n'as pas eu le choix. Une grimace est arrachée de tes lèvres, lorsque le tissu fait un premier tour, laissant apparaître une vague de sang. Tu ramènes ta main à toi, refusant de le tacher, refusant de voir une seule goutte l’abîmer. Et puis tu fais céder tout. Tu le laisses voir la blessure qui ravage une bonne partie de ta main. Les morceaux de verre sont incrustées profondément en toi. Les morceaux que tu n'as pas osé enlevé à main nu de peur de te faire plus de mal que de bien. « Ca va ? », un murmure inquiet traverse tes lèvres. Tu ne veux pas l'effrayer, tu ne veux pas le voir fuir. Il est ta terre promise, ton asile, ton exil. Si il partait loin de toi, tu serais sûrement en miette.

Mais en attendant, tes yeux plongent dans les siens, dévoilant toute ta tendresse, toute ta douceur. Tes doigts valident s'égarent une nouvelle fois dans sa chevelure. Tu voudrais l'entendre, tu voudrais qu'il sèche ses larmes. Tu voudrais que tes désirs se taisent. Tu voudrais l'aimer. Simplement l'aimer.

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MessageSujet: Re: But I'm only human, and I bleed when I fall down... (Maten) Lun 3 Nov - 1:55

Yasen & Matveï

Why am I so emotional? No, it's not a good look, gain some self-control...
Comment en ce moment critique peut-il se parer ainsi d’une voix aussi défiante ? Comment cette grimace de douleur avait-elle trouvé la force de se métamorphoser en un aussi beau sourire ? Tu ignores tout, tant bien que mal, tu restes sourd à ses facéties. Enfin non, tu fais semblant parce que quand il affirme, comme si c’est une évidence, qu’il t’a manqué, tu essaies de rester marbre, mais à l’intérieur, tu exploses, tu as envie de hurler que oui, que tu ne penses qu’à lui, que tu rêves de lui et de ses bras t’entourant, de ses lèvres qui viennent à nouveau se coller aux tiennes, qui s’en emparent pour se les approprier, pour se les faire siennes. Puis il gémit, et tu te sens défaillir. Il a mal, et toi aussi puisque c’est le cas. Tu souffres le martyr, tu calques sa souffrance et elle vient s’installer dans ton corps également. Elle est immédiatement apaisée par son contact chaud, par ses doigts qui se promènent sur le dos de ta main, sur chacune de tes articulations, qui vont s’évader sur les parties dures et insensibles que sont les ongles, qui malgré tout arrivent à ressentir la chaleur de ses gestes. Tu frissonnes. Encore pris au piège. Tu ne fais que ça, c’est un cycle qui se répète et il le sait. Il vient te voir, tu le rejettes, il te touche, tu le regardes, tu cèdes pour un moment, puis tu t’enfuis. Et par la suite, ce n’est plus qu’une question de temps avant qu’il ne te rattrape à nouveau. Tu essaies de te retirer de l’emprise, mais il te relâche de lui-même, avec un long soupir qui te laisse perplexe. Puis ils s‘excuse, et tu te sens fondre comme neige sous soleil. Tu ne réponds pas, tu as la gorge serrée, comblée par des mots qui n’arrivent pas à sortir, qui ont trouvé un obstacle majeur qui les empêche de passer, de se concrétiser.  Tu l’écoutes raconter ses exploits, et tu t’énerves. Tu ne veux pas qu’il soit le héros de jeunes filles dans son bar, tu ne veux pas qu’il soit un héros tout court, non, il doit rester en sécurité, il ne doit pas se faire mal, il doit survivre. Pour toi ? Non juste pour lui. Enfin, c’est ce que tu crois. Serais-tu devenu égoïste, Yasen ? Raaaaah. Exclamation intérieure de frustration. Pourquoi te fait-il perdre les pédales à ce point ? Il s’assoit, et il t’attire tel un aimant, vers lui. Tu essaies de balbutier des protestations, tu devrais être en train de l’examiner, mais encore une fois, c’est le silence total de ton côté. Ses yeux te dévorent, et tu vacilles, telle la flamme d’une bougie quand celle-ci expire. Pas obligé ? Quelle plaisanterie. Tu détournes le regard, puis tu récupères un peu de ton assurance pour le prévenir que tu vas dévoiler la vilaine blessure, que tu vas manipuler son bras mutilé pour essayer de le soigner. D’un ton mystérieux, il prononce ces syllabes qui t’intriguent, qui te font froncer des sourcils. Tu lèves les iris, et le bout de ses doigts viennent se placer sur la peau de ta joue. Ce jeu entre vous … ça doit cesser, ça ne t’amuse plus, il gagne à chaque fois, il est le seul à participer de toute façon, pour toi ce n’est pas drôle. Pourquoi n’arrives-tu pas à te dégager ? Même quand c’est en contact de ta bouche qu’il est. Pourquoi tout ce à quoi tu arrives à penser, c’est joindre tes lèvres et embrasser ces magnifiques terminaisons de sa main?  Et pourquoi, putain, pourquoi est-ce qu’il te manque déjà dès qu’il se retire pour révéler la source de sa peine ?

Du sang. Trop de sang. C’est ce qui te frappe en premier. Puis il n’y a plus de place pour l’imagination, c’est là, c’est devant toi, et tu déglutis difficilement. Tu ne sais pas quoi faire, tout s’embrouille dans ton esprit, tu ne sais plus comment il faut procéder. Tu es horrifié par la vision, tu fixes les morceaux hostiles de verre qui sont logés dans son épiderme, tu les détestes, de tout ton être, tu veux les arracher, les mettre par terre, les écraser rageusement de ton pied. Tu restes tellement coi qu’il essaie de se rassurer sur ton état, il te demande dans un murmure si ça va. Et la colère t’engloutit, elle fait de toi son esclave, elle te traîne dans la boue et tu ne lui dis rien, tu subis, tu ne protestes pas. «Tu es un crétin, Matveï. Un incorrigible imbécile. Un énorme idiot. Un incommensurable débile.» Tu déverses les vagues de ton ire sur lui, en même temps que tes canaux lacrymaux laissent échapper le flot de tes larmes. Tu laisses tes pupilles coïncider avec les siennes, tandis qu’il te caresse les cheveux gentiment. Pourquoi est ce qu’il cherche à te réconforter ? Es-tu donc si faible à ses yeux qu’il se sent obligé de te protéger, alors que c’est lui qui a mal ? Tu serres tes poings, qui reposent sur tes genoux, tu expires et tu le toises intensément.   «Je suis un médecin. J’en ai vu d’autres, j’en ai vu de pires. Je n’ai pas mal parce que c’est moche à voir. J’ai mal parce que tu as mal…» Dans un souffle. Puis, honteux, tu explores la plaie de ton regard. Trois. Ils sont trois tortionnaires, trois bouts immondes qui te donnent la nausée.  Tu reportes tes mirettes sur lui, tu roules en arrière avec la chaise, tu te lèves, tu tires le rideau. De l’intimité. Oui. Tu t’approches, tu te rassois. Dans ses yeux, tu te noies. «Pourquoi tu ne peux tout simplement pas me laisser tranquille, Matveï ? Pourquoi faut-il toujours que tu reviennes ?» À chaque syllabe, la distance entre vous s’amoindrit. Tu lui offres ton sourire le plus coquin, celui que tu n’aurais jamais suspecté posséder. Tu te moques de lui, tu ricanes contre ses lèvres, tu laisses ta respiration s’échouer sur son épiderme, tel un affront. «Qu’est ce que tu veux au juste ? Qu’est ce que tu attends de moi ?» Ce sont de questions auxquelles tu veux des réponses, mais là n’est pas où tu veux en venir. Tout cela n’a pas d’importance pour l’instant. Vraiment pas. Il y a d’autres choses prioritaires. Tu penches la tête, tu geins sensuellement, ou alors tu te plais à le croire. «Je n’arrête pas de penser à l’union de nos chairs depuis ce jour-là. J’ai envie de voir si elles se rappellent les unes des autres.» Patience, un peu plus, tu y es presque. Ne vire pas à l’écarlate tout de suite. Un, deux, trois. Ta main bouge, subtilement, un coup d’œil en sa direction, elle est au bon endroit. «Dis-moi oui et je fonce. Rien que ça.» Proches, trop proches. Tu es pris dans l’incendie, dans le tourbillon de feu, tu ne peux pas t’enfuir. Puis dans une ultime bouffée d’air, tu arraches la lame sur laquelle tu avais jeté ton dévolu. C’est tout ou rien. Tu t’éloignes brusquement de lui, rompant le charme. Va-t-il crier ? Va-t-il hurler à l’assassinat ? Il le fallait. Il est dans ta main, le plus gros morceau, la plus grande menace. C’est celui qui lui causera le plus de douleur, celui qui doit être retiré, celui qui le poussera dans les derniers retranchements de la souffrance.
 

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MessageSujet: Re: But I'm only human, and I bleed when I fall down... (Maten) Lun 3 Nov - 15:42

maten ∞
un jour tu t'envoleras
Idiot. Imbécile. Débile. Ces mots se déversent & tes yeux ne comprennent pas. Tu voudrais lui demander plus. Tu veux qu'il t'accorde plus que ce flot dur dans lequel ton père t'a noyé, tête la première. Ou même Philippe. Philippe & sa langue assassine. Sans même t'en rendre compte, ton corps s'arque sous l'horreur, gronde sous la souffrance, se détache de lui. Une répulsion s'installe, une haine te crevasse. La haine de ton passé. Une étincelle furtive passe dans ton regard, embrase ton être. La colère explose & tes chaînes se détendent. Détournant les yeux comme un enfant boudeur, ta tête se baisse vers la plaie. Tu as honte. Honte de toi. Honte d'être aussi insouciant. Pardon, Yasen, tu le confesses, tu n'es qu'un imbécile au cœur trop grand, au cœur trop tendre. Tu déglutis difficilement & ta main s'effondre, libérant sa tignasse. Tu vois, il t'en veux.

Bien sûre, tu n'as pas pensé quand tu as arrêté ce verre. Bien sûre, tu n'as pas hésité un seul instant. Ça coule en toi, ce courage, cette bravoure téméraire. Tu n'as jamais supporté de fermer les yeux. Tu n'as jamais aimé l'injustice des rues. Ta survie t'importe peu. Tu es cet enfant de Varsovie. La misère, l'horreur, la peur, tu connais bien. Tu n'as que faire de ta fragile existence. Pour lui, pour ces yeux colérique, tu supporterais mille morts. Et les larmes ravagent son visage, ronge sa beauté. Le silence s'impose. Les mots restent bloqués dans ta gorge, tandis que tu vois ses pleurs. Il ne faut pas pleurer pour toi. Il est vrai que tu es un imbécile, mais tu ne vaux pas ses larmes, son chagrin. Tu es en vie, c'est suffisant. Pourquoi ça ne lui suffit pas ?

Tu n'as pas besoin de plus que ça. Tu avances toute voile dehors, tous regrets balayés. Tu n'as plus le temps de t'en vouloir. Tu n'as plus le temps d'avoir peur. Tu dois vivre. Vivre à en crever jusqu'à la fin, jusqu'à ce qu'il ne te regarde plus. Puisque bientôt, il ne te regardera plus, tu ne seras plus qu'indifférence dans son cœur. Peut-être te déteste-t-il déjà. Tu ne sais pas. Tu ne sais rien. Toi, tu as pourtant le cœur en bandoulière quand tu le regardes. Toi, tu as la peur au ventre quand il t'insulte. Toi, tu es totalement fou de lui. Tu veux juste l'embrasser un peu plus, faire tomber son innocence, qu'il te supplie pour un peu plus. Sa rage te fait mal. Sa rage t'écrase, t’abîme & te bousille. T'y crois encore. Tu crois en lui, en toi, en vous.

 «Je suis un médecin. J’en ai vu d’autres, j’en ai vu de pires. Je n’ai pas mal parce que c’est moche à voir. J’ai mal parce que tu as mal…» , tu cesses de respirer un instant, les mots se suspendent à tes lèvres, te percutent de plein fouet. Sa douleur est évidente. Au fond, tu ne supportes pas ses larmes. Au fond, tu n'es qu'un prince démuni face à lui. Tu peux tout accepter, tout supporter sauf sa détresse, son angoisse. Le sang s'écoule & tu ne boues que pour lui, interdit. De ton cœur au sien, il n'y a qu'un pas, il n'y a que vous. « Yasen. », tu glapis en douceur, dans ta douleur. Les mots se suicident. Les mots s'assassinent. Tes illusions s'envolent, tu es impuissant. Impuissant dans ta faiblesse, impuissant dans ta peur, tu restes prostré face à lui, incapable de parler, incapable de lui expliquer. Tu fus seul, tu es seul, tu resteras seul. Peut-il le comprendre ? Il ne peut pas t'atteindre. Il ne peut pas venir à toi. Il s'écarte, tu le fixes les yeux écarquillés. L’étonnement s'empare de toi & règne, imparfait. Ça y est, il n'en peut plus de toi ? Il va te laisser, t'abandonner. Non, non, non. Il vous offre de l'intimité, et tu rêves de suspendre le temps, d'observer sa nuque, le blanc de sa blouse. Non, non, non. Il n'est pas à toi. Il ne peut pas l'être. Tu déglutis difficilement quand il se rassoit, t'observe.

Et puis, il parle. «Pourquoi tu ne peux tout simplement pas me laisser tranquille, Matveï ? Pourquoi faut-il toujours que tu reviennes ?». Parce que c'est toi. Lui, il t'attire. Lui, il est une promesse de renouveau. Lui, il te fait doucement, lentement vaciller. Sans brin, sans larmes, tu ne saurais pas lui dire sans te trouver ridicule, sans te penser enfant. Il se moquerait sûrement alors tu baisses les yeux. Tu ne dis rien, tu le laisses tout déverser. Pourtant c'est une bombe en ton sein, dans ton ventre, qui te dévaste, qui te rattrape. Tu as pourtant l'envie de lui promettre des caresses, des baisers. Lentement, évidemment, tu pourrais le séduire, glisser ta peau contre la tienne, le laisser s'endormir dans tes bras. De jour en jour, tu l'aimerais, tu porterais ses angoisses. Tu l'accepterais. Tu t'accepterais. Simplement, tout te semble inutile, futiles. Tu l'énerves, tu l'agaces. Et toi tu as la fièvre au corps pour ses yeux, sa voix, son cœur.

Géant de papier, tu te laisses balader de mer agitée en mer colérique. Piétiner, briser, tu n'as que faire des conséquences, quand c'est pour lui. Et  il s'approche, un frisson te ravage, le désir t'abrutit. Tu ne penses plus avec ces yeux là sur toi. Ses lèvres caressent les tiennes & tu as un mouvement de recul. Tu ne peux pas le supporter. Ce n'est pas ton Yasen. Ce que tu veux de lui ? Tu ne le sais pas toi-même. Beau, tentateur, tu ne sais lui résister. Et il se moque, il joue avec toi. Tu ne le supportes pas.  L'enfer s'ouvre sous tes pieds, crache ton cœur broyé, enflamme ta raison. Tu perds tout. Tant pis.

Affront, défi, tu as soudainement peur d'être coupable d'amour, coupable de violences tendres. Rien qu'une fois, rien qu'un peu, qu'on te le laisse, qu'on le couche entre tes bras, qu'on le fasse tien. « Yasen ... », son prénom s'offre comme une litanie plaintive, comme un supplice entre tes lèvres. Tu demandes encore un peu de pitié, un peu moins de cruauté. Tu ne sais lui résister. Tu ne sais tolérer son corps aussi proche du tien. Il geint & tu étouffe un gémissement. La torture ne fait pourtant, hélas, que commencer. Il se plaît à te ravir, à te dérober, à te faire sombrer. Vois comme tu peux souffrir de ta tendresse, de ses caresses, de ses jeux. Entends chanter ta détresse. Tes doigts s'enfoncent dans le lit de fortune. Tu veux mourir, t'effondrer, crever. Tu ne veux pas de ça. Tu ne veux pas de ce désir qui s'écrase contre les récifs de ta raison. Tu ne peux pas lui dire oui, tu ne veux pas souffrir de nouveau. Tu ne veux pas de lui comme ça, comme avec Philippe.

« Jasna cholera ! », le hurlement t'est arraché brutalement, dans une violence inouïe, dans un geste de lui. Il fait ressortir la profondeur de ta langue natale. Le sang s'écoule, fou, vivace, d'un rouge brutale. La rage teinte toutes émotions, grandis & s'abat vers lui, lui qui tient le morceau de verre trempé de sang. La douleur pulse, saccage tout, annihile ta raison. Tu lui en veux si fort. Une larme s'écoule de tes yeux fauves, de tes yeux d'animal acculés, blessés. Ta dignité s'est envolée. Ta dignité s'est assassinée. Il a tout réduit à néant. Il t'a détruit. « Ça t'amuse ? », siffles-tu, la voix rauque, colérique. Tu ne supportes pas qu'on puisse se foutre de ta gueule & tu contemples le désastre commis. Le sang suinte, se déverse, envahit tout. Tu as tellement mal, ça te crève le corps, ça se dilue horriblement en toi. Il t'a blessé & tu ramènes ta main contre toi, tu te sens horriblement con. Il n'est pas digne de confiance. Il est comme tous les autres. Il te fera souffrir. Il t'abandonnera.

Oh Dieu que la colère t'embrume, te confond, te morfond. Tu te sens trahi, sali. Tu te sens usé & tu es lasse. «  Je veux que tu me foutes la paix. », ta voix est glaciale, brutale. Tu ne peux pas supporter plus. Tu ne peux pas le voir avec ce désir qui t'agrippe. Tu pourrais l'embrasser, le coller à toi, pleurer, avouer ta faiblesse. Tu pourrais te perdre encore. En plein vol, te voilà foudroyé & demeure en toi une impression d'inachevé. Tu te détournes de lui, dos à ses yeux, tel un enfant boudeur, tu t'allonges, refusant de lui accorder de l'attention. Si tu le touches, c'est fini. Si tu le touches, tu laisseras ce désir tout embraser, tout dévorer, te dévorer.

« Pourquoi tu m'as fait du mal ? », lâches-tu, après un instant de silence, bercé par une voix pâteuse, fatiguée, animée par ton accent. Des pleurs silencieux te ruinent. Tu nourris une rancœur qui t'armera bientôt. Tu alimentes une frustration étonnante, énorme pour lui. Il peuple tes nuits, il ravage tes rêves. De fantasme en fantasme, tu le rêves encore, un peu plus, toujours plus. Tu t'en veux tellement, de te réveiller en sueur, d'y avoir cru, d'y croire encore. Tu ramènes tes genoux contre ta poitrine, blottissant ta main mutilée contre toi. La violence dort dans ta chaire, l'envie te ronge, tu le plains, tu le désires, tu le veux. Et il ne te veut pas, il ne te veut plus. « Je n'aime pas les mensonges & les médecins. », ronchonnes-tu, conscient que tu perds trop de sang, conscient que tu fais l'enfant, touchant du doigt que tu l'aimes un peu déjà. Et puis, sûrement, ça te tuera. Tu ne veux plus y penser. Tu ne veux plus le rêver. Tu veux l'aimer. Alors tant pis, oui,  tant pis.

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Yasen D. Austen
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MessageSujet: Re: But I'm only human, and I bleed when I fall down... (Maten) Sam 8 Nov - 5:46

Yasen & Matveï

Why am I so emotional? No, it's not a good look, gain some self-control...
Il va te frapper. Il va te laisser pour mort ici. Les mots qui proviennent ses lèvres sont inconnus, incongrus, intenses. La colère doit l’avoir envahi. Toi, tu es rapide, tu cherches déjà de quoi presser déjà contre l’endroit d’où s’échappe le flot de sang. Si tout est bon, si tu as bien calculé ton coup, il ira bien, il n’y aura pas besoin d’anesthésie, et il n’y aura surtout pas besoin d’opérer. C’est extrêmement stupide de ta part, tu pourrais t’attirer beaucoup d’ennuis, l’importance que tu lui accordes est tellement énorme qu’elle te fait agir d’une manière trop irréfléchie. Tu penses à son intérêt avant le tien. Tu es soumis à ses nécessités et tu oublies tes priorités. Néanmoins, tu as sous-estimé l’ire qui allait s’ensuivre de cet acte de trahison, tu as vraiment été con, Yasen, tu aurais du le prévenir. Il t’en veut terriblement. Il pense que tu fais ça pour te foutre de sa gueule, il n’arrive pas à penser clairement, il n’arrive pas à se rendre compte que tu fais ça uniquement pour son bien. Parce que tu… Non, arrête. Ne dis pas ça. Sa main blessée est loin, il l’a reprise, il ne te la redonnera plus, tu as perdu sa confiance. Il t’en veut terriblement.Tu le regardes, tu essaies de ne pas laisser transparaître ton émotion dans ton visage. Tu es choqué de voir une larme couler le long de sa joue. Mais est-ce la peine due à ton geste brusque ou plutôt celle dont ta déloyauté est responsable… ? Tu ne sais pas quoi dire, tu n’endures pas la haine dans ses pupilles, tu ne tolères pas l’absence très remarquée de la tendresse qu’il te vouait jusqu’à présent. Puis il s’allonge, il ne te regarde même plus et ton cœur est confiné dans un espace très étroit, il se serre, il étouffe. Il t’en veut terriblement. Au point où tu dois choisir entre être son médecin ou son… Tu ne sais pas ce que tu es, au juste, c’est tellement nouveau, tellement confus dans ta tête. La compresse imbibée d’alcool est froide dans ta main, elle doit être appliquée, coûte que coûte. L’infirmière passe sa tête par le rideau, elle vous fixe bizarrement, intriguée. Elle vous demande si tout va bien, et tu hoches la tête, lui faisant signe de vous laisser tranquille. La position de Matveï sera le sujet de conversation de la majorité du staff, tu vas avoir droit à toutes les rumeurs du monde. Tu t’en fous, il n’y a qu’une seule chose qui compte : lui. «Tu dois t’assoir en me faisant face et me donner ta main.» Il ne t’écoute pas, il fait l’enfant et ça te rend fou, tu es proche de l’aliénation. Tu seras donc son médecin. «Arrête d’être aussi immature et tend le bras, tout de suite.» Le ton autoritaire dont tu te pourvois le fait sursauter, et même toi tu te surprends. Pourquoi arrive-t-il à faire craqueler le masque que tu es arrivé à garder jusqu’ici ? Tu l’ignores, mais ça commence sérieusement à te troubler.

Tu essaies de t’adoucir, de ne pas montrer toute l’appréhension qui te domine, tu essaies de te calmer aussi car c’est primordial pour la suite. «Je sais que tu n’as plus aucune raison de le faire, mais crois en moi. Tout ça, c’est pour ton bien. J’ai bien envisagé toutes mes possibilités avant de te faire subir ce calvaire.»
Croit-il que toi tu es fan des médecins ? Non, tu en es un pour changer les choses. Tu ne seras jamais un de ces connards froids qui annoncent aux familles que leurs êtres aimés sont morts comme si c’est une chose qui peut arriver à n’importe qui, ce discours qui sonne tellement faux, standard, dont se pare chaque docteur. Oui, ils ont raison, c’est le hasard qui a mal fait les choses, c’est une tumeur à laquelle personne ne s’attendait, c’est une crise cardiaque insoupçonnée, c’est un accident de voiture infortuné. Mais ils ont également tort, car chaque cas est différent, et être quelqu’un qui soigne, c’est savoir dire aux gens ce qu’ils veulent entendre, traiter chaque cas à part, et pas seulement les patients. Leurs proches comptent aussi, chacun veut être traité séparément, chacun veut être ménagé à sa manière, chacun a besoin d’entendre la nouvelle de la façon appropriée pour lui. Tu croules sous le poids des souvenirs qui s’abat sur toi, non, tu ne pleureras pas, ce n’est pas le moment pour ça, il a besoin de toi. «Tu sais combien ça coûte par ici ? Tu n’es jamais venu avec des blessures sérieuses, qui ont nécessité plus de cinq minutes, et je n’ai jamais eu recours à du matériel que je me devrais de signaler par la suite.» Tu soupires, tu espères qu’il ne le prendra pas de la mauvaise façon, mais c’est trop tard. «Par exemple, si je t’avais anesthésié localement avant de retirer ce vilain morceau, j’aurais du le reporter, et tu aurais du passer inévitablement par la comptabilité. Je ne sais pas si tu es assuré, je ne sais pas si ton métier remboursera la plupart de tes frais médicaux, mais ici, c’est très cher. Ce n’est pas le genre d’endroit où je voudrais travailler par la suite, c’est juste là où j’apprends pour l’instant.» Tu approches ta main de lui, ne sachant pas où le toucher pour lui transmettre ta chaleur, puis tu laisses tomber, tu rougis, tu baisses les iris et tu poursuis : «Mais tu es là maintenant, et je ne pouvais pas te renvoyer ailleurs. Je ne peux même pas te confier à un collègue, parce qu’il ne pensera pas de la même façon que moi, et ça me vaudra des ennuis. Par contre, si tu estimes que j’ai dépassé les bornes, je partirai et je te laisserai avec quelqu’un d’autre. Mais pas avant d’avoir arrêté l’hémorragie et tout de suite parce que tu es en train de te vider de tout ton sang, là.» Tu le fixes, sérieusement, tu ne plaisantes pas, il doit s’exécuter, tu ne veux pas être la cause de l’aggravation de son cas. Après tout, ce que tu as tenté de faire jusque-là, c’était uniquement dans le but de l’aider.


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Dernière édition par Yasen D. Austen le Jeu 13 Nov - 1:24, édité 1 fois
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Matveï L. Lewinski
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MessageSujet: Re: But I'm only human, and I bleed when I fall down... (Maten) Sam 8 Nov - 17:53

maten ∞
un jour tu t'envoleras
L'odeur du sang ferreux se répand du sol au plafond. Ton souffle se perd, la cadence de ton cœur déraille. Tu découvres la douleur qui a parcouru ton enfance. Tu redécouvres le manque de tendresse, de chaleur. La pression froide d'un morceau de toi, mort, éventré sur le sol de ta raison. Ta main tremble. Ta main succombe. Tu as peur, peur d'être trop abîmé, peur de voir qu'on a encore joué avec toi. Comme ton père l'a fait, comme Philippe a essayé de le faire, comme il a tenté de le faire. Les même vices, les même peurs, les même horreurs te ravagent. Tu n'as pas changé, tu n'as pas évolué. Partir loin ne t'a rien apporté. Tu es le même, tu seras toujours le même. Tu te recroquevilles un peu plus, comme pour te protéger de tout, de lui. Ton corps s'entrechoque d'un frisson horrible, le froid te ravage, ta respiration se fait plus sifflante, plus brutale. Personne ne te sauvera.

«Arrête d’être aussi immature et tend le bras, tout de suite.» , il gronde, il t'ordonne. Un rire explose entre tes lèvres, malgré le sursaut. Peut-il encore t'ordonner quoique ce soit, ainsi ? Il ose se cacher derrière le masque de médecin. Il ose s'imposer. Mais, hélas, il est trop tard, tu ne lui fais plus confiance, tu voudrais ne plus lui faire confiance, ne plus le croire. Ton cœur se leurre, se suicide, il t’obsède déjà. Tout s'écroule, tu pars à la dérive. Tu fais de lui, dans un silence assourdissant, ton essentiel. Et ça te fait peur. « Non. », dans un soupir fatigué, ta voix marque la négation, l'indifférence. Tu refuses. Tu ne peux pas. Tu pourrais tomber pour lui. Tu pourrais te laisser couler un peu plus. Tu balayes l'évidence dans ta voix. Tu ne le laisseras plus. Tu ne veux plus l'écouter, ni le voir. Tu ne veux plus le penser, le rêver, l'apprivoiser.

 «Je sais que tu n’as plus aucune raison de le faire, mais crois en moi. Tout ça, c’est pour ton bien. J’ai bien envisagé toutes mes possibilités avant de te faire subir ce calvaire.» , non, il n'a pas envisagé tout, il ne t'a pas laissé le choix, il t'impose tout & l'agacement te domine. Une colère te ronge, une colère te déplace, te ravage. Alors tu craches « Et c'était dans tes possibilités de jouer avec mes sentiments ? C'était pour mon bien de me dire « Dis-moi oui & je fonce » ? Je crois que nous n'avons pas la même définition de ce qui est pour « mon » bien. ». Ta voix se glace, se pare d'un manteau d'hiver. Tu voudrais lui faire croire qu'il n'y a plus aucuns désirs pour lui. Tu voudrais lui faire croire que les larmes séchées sur ton visage basané ne sont pas pour lui. La vérité se glisse en toi, avec une évidence cruelle, plus d'amour, plus de désir, si ce n'est pas lui, si ce n'est plus lui. Tes reproches ne sont que pour te protéger. Tes reproches sonnent faux. Au fond, il est déjà pardonné.

Prostré dans ta colère, tu devines aisément que tout est faux. Il pourrait te souffler d'un geste. Il pourrait te ravager d'un contact de ses doigts. Il pourrait connaître toute ta faiblesse, sentir que déjà, tu es à ses pieds, que tu le laisses écraser ton être d'une tendresse inouïe. Tu n'aimes pas les médecins, mais tu lui pardonnes sa profession. Tu lui pardonnes tout sans comprendre cette nécessité. Tu le laisses te courber. Tu le laisses te manipuler. Tu le laisses faire puisque c'est le seul geste qu'il t'accorde. Un soupire s'échappe, la douleur pulse encore & le sang s'écoule, stupide, fou. Tu as juste besoin de lui. Tu as juste besoin qu'il prenne soin de toi.   «Tu sais combien ça coûte par ici ? Tu n’es jamais venu avec des blessures sérieuses, qui ont nécessité plus de cinq minutes, et je n’ai jamais eu recours à du matériel que je me devrais de signaler par la suite.»  , pense-t-il que tu es si pauvre que ça ? Pense-t-il dans son long discours que tu ne sais pas ? Il est vrai que la misère t'attrape, il est vrai que la misère te fauche. Mais tu n'as jamais vraiment, réellement manquer de rien, si ce n'est de lui. Tu n'as jamais pensé qu'il voudrait s'égarer à penser à toute ses futilités. Au fond, tu peux toujours l'appeler, ce père, malgré ta fierté. Il payera & tu lui échapperas. Ton corps te trahit pourtant quand tu essayes de te retourner. Un grognement de frustration accompagne tes mouvements tremblants. Un grognement de colère te récupère. Tu entrevois sa main, ses yeux qui se baissent, le feu de ses joues. Ton cœur dérape, encore. Et tu rattrapes faiblement ses doigts, dans une hésitation. La pâleur s'étire sur ton visage, ta poigne n'est plus aussi forte. Il pourrait reculer, s'enfuir d'un geste, tu ne le retiendrais pas. Tu as froid & tu as peur. Peur de le désirer, peur pour lui. Tu réalises, un peu stupidement, un peu fatalement, que ses moindres gestes, ses moindres mouvements, c'est pour toi. Dans le malaise, dans le froid, dans la peur, il n'a jamais voulu te faire mal. « Jesteś głupi ...* », les mots en anglais t'échappent, les mots te manquent alors il ne reste que ta langue natale quand d'une main tremblante, tu amènes ses doigts à ta bouche, les embrassant doucement, tendrement. Tu balayes ta colère. Tu balayes ta haine. Hélas, tu sombres pour un peu de sa peau, un peu de lui.

Tu es le fruit d'une blessure, d'un trop long combat. De toi à lui, tu ne sais, tu ne sais plus, si tu t'en sors, tu te promets de le fuir. Puisqu'il est une peur qui t'agrippe le ventre, puisque  tu l'abimes un peu, beaucoup, à la folie. Tu ne veux pas qu'il risque quoique ce soit. Tu ne veux plus être responsable de sa douleur. Ta folie est brusque, elle s'abat comme un bleu contre ton cœur, tu mènes sa main chargée de la compresse jusqu'à la blessure. Un gémissement trahit le feu de ta chaire. Un gémissement qui s’étouffe à la commissure de ses lèvres. Tu avales la douleur contre sa peau. Tu avales la crainte. Tu avales ta peur. Tu as besoin de lui. Tu as tellement besoin de lui. Tu t'accroches, tu l'accroches à toi.

Pardon pour ta faiblesse.
Pardon pour ta bêtise.
Pardon, pardon, pardon. Mais juste encore un peu. Un peu de lui, un peu de toi, un peu de vous. Tu ne sais pas encore qu'avec lui, tu peux tout affronter. Un silence fait place au reste, un silence injurieux. Une goutte de sueur s'égare. Tu ne peux pas, tu ne te sens pas bien. Ça tourne trop vite. Tu as trop perdu. Tes yeux se closent, tes doigts se perdent dans ta poche & tu tire ton portefeuille, dégageant un morceau de papier du cuir. « A-appelle-le. », une grimace de dégoût déforme tes traits. Tu piétines un peu plus ta fierté. Tu acceptes l'évidence, tu as besoin de  Yasen. Tu as besoin d'argent. Ta main tremble, tu bascules en arrière, dans le vide. Il y a bien trop de sang perdu, il y a bien trop de douleur. « Pardon, Yasen … Je. », tu déglutis difficilement. « Je crois que … malaise. », ta bouche s’assèche, tu ne trouves plus tes mots, tu ne les comprends plus. Ta raison se suicide & c'est le noir.

Ton corps trop lourd s'enfonce brutalement dans le lit de fortune, ta tête se renverse. Ta main est lourde dans la sienne. Ta conscience s'est envolée, évaporée. Il ne reste qu'un corps à peine vivant dans le creux de ses bras. Tes boucles brunes tombent sur tes yeux, ton souffle se saccade mais tu es en sécurité. Tu sais qu'il veille. Tu sais qu'il n'est pas comme tous les autres. Tu sens qu'il t'est nécessaire. Tes doigts se crispent sur sa blouse comme un enfant. Tu t'accroches.

______________
* Tu es stupide.
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MessageSujet: Re: But I'm only human, and I bleed when I fall down... (Maten) Jeu 13 Nov - 3:36

Yasen & Matveï

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Détresse. Tu ne sais pas quoi faire, tu as tout oublié. De tes premières années d’études, de tout ce que tu as vu autant dans la théorie que dans la pratique, il ne reste plus que des souvenirs flous. Tu tombes dans le fossé que tu t’es créé, tu n’as nulle part où te raccrocher, tu es en chute libre et l’écrasement sur la fin de ton parcours est inévitable. Tu n’en vois néanmoins pas le bout, tu te bloques, tu ne réagis pas du tout, tu ne cries même pas. Il vient de t’embrasser les doigts, il va bien, non ? Non. Tu as vu les signes avant-coureurs, tu n’avais même pas besoin de vérifier son pouls. Il était pâle. Pourtant, tu n’as rien fait, tu as tenté de le raisonner. Ce n’était pas dans son intérêt, c’était uniquement dans le tien, tu ne voulais pas lui forcer la main et le perdre à nouveau. Et maintenant, à cause de ton égoïsme, à cause de l’imbécilité légendaire dont tu viens de faire preuve, il est en état de choc. Finalement, tu sors de ton état de syncope, ton biper sonne, tu tires les rideaux après avoir mis le papier dans ta poche, et tu cries pour requérir de l’aide. On te demande ce qu’il a, on te demande ce qu’il s’est passé, tu ne réponds pas, tu pleures silencieusement, ébahi, et on te demande de ne pas gêner, de rester à l’arrière. Les médecins ne traitent pas leurs proches, pour une raison. Et aujourd’hui, tu as compris la leçon. Le jugement est trop affecté, il t’empêche de faire ton travail correctement. Tu ne peux pas complètement te détacher, tu ne le fais jamais, mais avec ceux qui te sont chers, c’est toujours pire. Tu l’as mis en danger, c’est entièrement ta faute. Il est venu ici pour toi, pourtant, tu le remets lâchement à d’autres personnes. Tu n’es pas en mesure de sauver sa vie. Tu es inutile, tu as échoué aujourd’hui dans ton rôle de docteur. C’est tout ce qu’il te reste. Ta carrière. Ton envie de venir au secours des gens qui sont en mauvais état. Lamentablement, tu as fait défaut à celui qui avait besoin que tu sois raisonnable aujourd’hui. Yasen, tu es tombé dans le piège, dans ses filets. Tu ne peux plus t’en dépêtrer, c’est trop tard… Tu mérites les engueulades après qu’on lui ait sauvé la mise. Pourtant, tout ce que tu ressens, c’est l’apaisement. Il va mieux, il va bien. C’est ce qui a de l’importance.

Soulagement. Il va bien, tout a été réglé, il a été admis à l’hôpital, on lui a fait une transfusion, on s’est occupé de lui. Pas toi, non, toi tu as suffisamment foiré, tu as été grondé alors que ton supérieur ne connaît qu’une partie de la vérité, qu’il croit que tu n’es pas arrivé à maîtriser le patient et que tu l’as laissé se vider de son sang au lieu d’appeler à l’aide. S’il savait… L’infirmière qui avait regardé par le rideau, elle, sait. Elle sait que vous êtes connectés, elle sait qu’il s’est passé quelque chose, pourtant elle s’est tue, elle est restée bouche cousue. On l’a mis dans une chambre pour qu’il récupère, il a été admis cette nuit pour observation puisqu’il ne se réveille toujours pas. Tu espères que ce n’est que de la fatigue, que tout va bien, que ça n’aura pas de retombées. Il fallait lui parler, pas agir aussi stupidement. Tu n’as pas prévu qu’il aurait aussi peur de toi, qu’il perdrait toute confiance en toi. Tu n’es pas habitué à interagir avec des gens, à tisser des liens avec eux et tu as cru qu’il allait te pardonner facilement, qu’il fallait que tu lui demandes de te faire confiance pour qu’il s’exécute. Mais non, il s’est senti trahi. Pour te punir, on te demande de veiller sur lui, de ne pas quitter son chevet. Ce n’est pas une punition, pas du tout, c’est une récompense. Le regarder dormir paisiblement, assis à côté de lui. Sa main dans les tiennes, prêtes à la remettre sur le lit si quelqu’un débarque. Tu sens une boule dans ta gorge, la panique est toujours là, mais elle est risible face à celle que tu affrontais il y a un moment. Tu te sens trembler, et tu décides d’aller dans la salle de bain avoisinante pour te laver le visage. Tu te regardes dans le miroir, et tu vois un bordel ambulant. Tu n’as jamais été aussi angoissé qu’aujourd’hui, depuis que tu es à New York. Tu commençais à te libérer, petit à petit. Et maintenant, tu as trouvé une nouvelle prison. Une de laquelle tu te dois de perpétuellement te libérer, même si tu n’en as pas du tout envie et que c’est plus agréable d’y rester. D’y passer la nuit… Ce genre de pensées te bouscule, et te paraît absurde. Tu as tenu si longtemps mais maintenant, tu n’es plus en mesure de le faire. Il t’a hypnotisé, tu es sous le charme de ton joueur de flûte, de sa voix grave, de son sourire chaud… De ses lèvres que tu as effleurées une fois et qui te hantent depuis, fantômes à portée de bouche mais pourtant si insaisissable. Tu retournes près de lui, tu t’assois sur le lit cette fois, puis tu approches de ta main de sa joue, caressante, ivre de sa peau, de tout son être. Après, c’est tes chairs qui s’approchent, tu te penches, et tu vas les poser sur son front, fermant les yeux qui se mouillent spontanément.

Instincts. Ce sont eux qui te guident, et tu ne les rejettes pas. Tu te lèves, tu fermes la porte, tu vous offres de l’intimité, personne ne viendra vous déranger. Ils savent que tu es là, personne d’autre ne viendra vérifier son état, ils ne te jugent pas incompétent, ils savent que tu ne commettras pas la même erreur une deuxième fois. Tu sors ton téléphone, puis la petite note qu’il t’avait donnée toute à l’heure. Appelle-le. C’est ce qu’il avait dit. Tu retranscris le numéro sur le clavier, puis tu attends. Ça sonne, la secrétaire répond, tu te présentes, tu dis que tu es interne dans cet hôpital. Elle attend que tu en viennes au but, elle s’en fout. Tu fronces les sourcils, mais tu gardes la tête froide. Tu dis que c’est pour Matveï, et son attitude change. Puis on te passe Monsieur Lewinski. Son père ? Son oncle ? Tu ne sais rien de lui, après tout, tu ne lui laisses jamais l’opportunité de te parler, de discuter, tu le rembarres à chaque fois qu’il perpètre une tentative de cet acabit. Tu expliques la situation à l’homme, tu dis que ce n’est pas grave. Pourtant, ton intuition te hurle que celui dont tu as repris la main dans la tienne qui est non-occupée par le portable ne voudrait pas que tu dises à celui qui est au bout du fil qu’il l’a sollicité. Peut-être est-ce le fait que la personne a une assistante, mais que pourtant Matveï est barman. Tu parles alors des frais non couverts par le métier, d’un ton détaché, ce n’est pas du tout quelque chose que tu fais habituellement mais tu trouves la force d’être rude et inhumain pour lui. Il te répond qu’il enverra quelqu’un, objectif atteint, tu lui souhaites une bonne journée et tu raccroches. Quel genre d’ennuis, quel genre de situation atroce vit-il ? Tu te jures de t’en enquérir après, à son réveil. Pour l’instant, tu veilles à ses côtés, et ce n’est pas désagréable. Tu ressens à nouveau l’envie de le toucher, et tu ne la rejettes pas, au contraire, tu l’enlaces comme une vieille amie. A bas toute ton éducation, tous tes désirs réfrénés, tout le monde qui n’est pas d’accord avec ce que tu es en train de faire. Tout ce qui importe, c’est toi et lui. Tu ne t’assumes pas, loin de là. C’est le début, c’est ce qui compte. Il ne doit pas fuir, il doit rester. Il t’apprendra. Tout. Il te montrera comment accepter tes sentiments, les reconnaître, les exprimer. Il doit persévérer, il doit te sortir du puits de honte où tu étais cloîtré jusqu’ici. Ce ne sera pas facile, pour vous deux. Mais tu lui donneras de l’espoir, tu arrêteras de le chasser pour qu’il comprenne que sous le masque dont tu te pares, celui où se lit ton vœu qu’il déguerpisse hors de ta vie, le souhait qu’il reste est plus grand. Peut-être le sait-il déjà et que c’est pour ça qu’il s’accroche. Mais tu seras plus enclin à le montrer dorénavant. «Matveï…» Dans un murmure, tout en redessinant ses jolies boucles du bout de tes doigts. «Réveille toi s’il te plaît…» Entendra-t-il ta prière ? Tu as juste envie qu’il ouvre ses jolis yeux et qu’il te dise que tout ira bien. Tu le croiras. Que donnerais-tu pour te blottir dans ses bras et dormir toi aussi, mais tu ne peux pas te le permettre. Trop risqué. Tu t’en foutrais volontiers, mais ce n’est pas aussi simple. Au fond de toi, tu sais que la raison qui te bloque vraiment, c’est que tu ne sais pas s’il serait d’accord. Et aussi que tu as cette inexplicable peur, bien qu’elle soit à des milliers de kilomètres de là, de voir ta mère débarquer dans la pièce et de te voir allongé près de lui, contre lui.


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Matveï L. Lewinski
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MessageSujet: Re: But I'm only human, and I bleed when I fall down... (Maten) Jeu 13 Nov - 17:26

maten ∞
un jour tu t'envoleras
L'obscurité te dévore, te mange, brûlant ton âme, dévastant ta raison sur le passage, brisant tes souvenirs. Derrière tes paupières closes, c'est l'apocalypse, c'est l'horreur, c'est le royaume de la peur qui ouvre ses portes dans un grincement cruel. Un frisson, le désastre s'annonce. Le désastre est déjà là, dans le pli soucieux du sommeil qu'on t'impose.

Le poison te bousille.
Le poison est cruel.
Tu es trahi, sali. A toi les regrets quand un enfant aux boucles d'ébène te fixe de ses pupilles colériques, de cette tristesse qui l'assassine, qu'il enferme dans son petit corps. L'enfance bascule, Varsovie s'allume de ses odeurs, de ses plaisirs, de sa vie. Qu'elle est belle ta patrie. Qu'elle est cruelle. Le draps blanc est tiré sur le corps pâle, froid & dur de ta mère, c'est fini. Tu l'as perdu. Elle t'a abandonné. Un reniflement, l'enfant se brise. Il n'y a plus de maman. Il n'y a jamais eu de papa. Il  n'y en aura jamais. Tu tombes, tombes, fatalement, brutalement, sans subtilité, sans chance de t'échapper. Le polonais siffle à tes oreilles, le médecin se tord vers l'enfant, un sourire cruel au bord des lèvres, « Elle n'avait aucun amour pour toi. ». Un nouveau reniflement, tu le sais bien, personne ne t'aime. « Elle a fait exprès de mourir. », l'enfant se terre, se recroqueville sous les mots injustes, sous les paroles ignobles. « Elle veut que tu sois seul. », un rire le ronge à l'acide.

Seul, seul, seul. On est toujours seul. On a toujours peur. La crainte t'enlace, te dévore. La crainte se perd. La crainte ne meurt vraiment jamais. Un tourbillon t'absorbe & il marche seul. Enfant des rues, pauvre, pauvre orphelin, la pluie tombe & il reste planté là, observant la fenêtre de l'appartement. Au loin, une famille s'agite, deux parents, un enfant. Il y a des rires, il y a de la douceur. Pourtant, le piano ne chantera plus jamais. Il baisse la tête, une larme s'égare. On l'a déjà oublié. Tes doigts se tendent vers l'enfant, veulent le consoler, veulent le guider à toi. Seul, seul, seul. La litanie résonne & il s'évapore sous tes yeux, se métamorphosant en fumée.

La fumée d'une cigarette. Les odeurs de nicotine s'abattent dans le petit salon londonien. L'enfant est là, dans ses beaux vêtements, l'homme dans son costard, agite la main. « Je n'ai pas le temps. », il baisse les yeux, s'avoue vaincu. Seul, seul, seul.

Et tu chutes, le corps lourd, les yeux trempés d'eau. L'enfant, c'est toi. Les souvenirs déferlent. Les souvenirs te font tomber à genoux, le corps abattu par le désespoir. En plein vol foudroyé, à peine murmuré, sous un silence, la larme s'égare, perle de sel, perle d'amertume. On t'a laissé, abandonné. On te laisse, dans ta détresse, dans tes malaises. Tu as traversé les jours, tu as sacrifié & sacrifié, vainquant tout sur ton passage, te croyant plus fort que tout, plus fort que toi. Rien n'a changé. Rien de rien. L'enfance te rattrape. L'enfance te suicide. Seul, seul, seul. Qui peut te juger pour y avoir cru ? Qui peut t'en vouloir ? Toi, tu voulais juste être aimé.

~ ♦ ~

« Matveï ... », sans un bruit, la voix est chaude, la voix dissipe tes ténèbres. Une larme s'égare sur ta peau basanée et tu murmures, enroué, la voix brisée par le chagrin, « Proszę ... *». La torture est suffisante, la torture est trop cruelle. Ça te fait mal, là, au creux du cœur, au creux des reins. La brûlure est monstrueuse, désagréable, dégueulasse. Tu veux juste crever. Un sanglot soulève ta poitrine, te fait serrer les draps. « To za mało! », assez d'horreur, assez de douleur. Stop, stop, tu veux juste crever. «Réveille toi s’il te plaît…» , il murmure encore, étouffé dans les brumes de ton sommeil, annihilé par ton désespoir. Ce n'est pas eux. C'est lui.

Lui & ses yeux doux, ses yeux aimants. Lui qui te tend des pièges. Tu ne devrais pas lui faire confiance, tu ne devrais pas sentir ton cœur t'alourdir. Un frisson, des papillons dans le ventre qui s'éventre dans tes yeux qui clignent & se déclinent. Un gémissement plaintif s'extirpe de tes lèvres. Un frisson te glace. Tu as mal, putain. Tu fermes de nouveau les yeux, ta tête est lourde, désagréable, on cogne, on tabasse ta raison là-haut. « Hey toi. », une voix enrouée, une douceur qui se fraye un passage timide & lent vers lui. Tu ne sais pas où tu es. Tu ne sais pas ce qu'ils t'ont fait. Et une bombe de crainte explose quand tu sens ton corps rattaché aux machines, assujettit à des tonnes de fils. Des aiguilles se sont enfoncés en toi. T'aime pas ça & tu grimaces quand péniblement, tu te redresses, laissant ta maladresse te clouer au lit. Ses doigts s'égarent dans tes cheveux & tes yeux le vrillent, perdus. Il ne peut pas te toucher comme ça. Un frisson courbe ton échine, ravage ton être. La peur se lit, la peur se décline. Il t'a trahi. Une ombre passe dans tes yeux & tu t'écartes un peu, laissant sa main retombé dans le vide des draps. « Je … Tu ne devrais pas être ici. »,  non, il devrait être là à courir après son opération, après sa vie, il devrait te laisser. Seul, seul, seul. Un soupire, tu es seul. Il ne peut pas être à toi. Tu ne peux pas le condamner à veiller sur toi. Après tout, il ne te veut pas. « Ton opération. », souffles-tu, éteint, encore shooté à la morphine pour cette main qui te lance. Tu ne comprends plus.

« Je ne veux pas ... », ta tête se baisse, tes yeux se posent sur tes mains, les boucles tombant sur ton nez. Tu ne veux pas le forcer. Tu ne veux pas entendre ton cœur stupide & lâche raisonner, se perdre dans les plis de ton corps, de ton être. Tu as mal. Tu dis rien mais tu as besoin de lui, tu as besoin de te perdre dans le creux de son être. Tu as besoin qu'il soit là, tu as besoin qu'il te touche. Ton palpitant se suicide, ta raison hurle rébellion, insoumission. Une bombe te ravage, la détonation balaye ton monde, le faisant souverain de ton être. Une bombe est tombée et a tout emporté.

Choc. Son contact n'est qu'électricité. Son contact te manque & doucement, en tremblant, tu le touches, du bout de tes doigts, craignant de te brûler, de t'incendier le cœur. Les mots s'assassinent, la panique t'étripe, enflamme tes yeux. « Je ne veux pas que tu restes. », tout est rugueux dans ta voix, dans tes yeux. Tu t'exprimes mal. Tu ne parviens à te faire comprendre. Si il reste, il te tue. Si il reste, tu lui feras du mal. Tu as mal de l'âme au corps. Tu souffres de blessures invisibles, invincibles. Tu as mal de ne pas le laisser venir à toi, dans tes bras. Tes doigts se serrent sur les siens, la peur te gobe. « Je vais t'attirer des ennuis. », tu le confesses, tu l'avoues. Au chaud de la terre, dans ta débâcle sourde, dans la fureur de ton désespoir, tu vas le précipiter d'histoire malheureuse en histoire malheureuse. Tu vas lui faire mal.

Tes yeux supplient. Il doit juste te laisser. Il doit juste t'oublier. « Je ne veux pas que tu souffres. », tes doigts le quittent, tes doigts l'oublient. Tes amours s'abstiennent, te désertent. Il en fera, hélas, parti. Puisque les mots se nouent, se bloquent. Puisque tu as peur.
De ta mère défunte.
De ton père.
Du futur.
De lui.
De toi. Surtout.

« Je dois partir. », lâches-tu, tu renverses la couette, dégage tes jambes. Tu dois le fuir. Si fort, si vite, trop vite.

______________
* Pitié.
C'est assez!

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Yasen D. Austen
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MessageSujet: Re: But I'm only human, and I bleed when I fall down... (Maten) Dim 16 Nov - 5:56

Yasen & Matveï

Why am I so emotional? No, it's not a good look, gain some self-control...
Ses cheveux sont tellement doux entre tes doigts, tu adores leur couleur, leur texture, leur contact très agréable. Tu soupires légèrement, et il te fait écho. Ça retient ton attention, et tu continues de l’observer. Puis il parle, et ça crée comme une explosion à l’intérieur de ton être, c’est un volcan qui s’éveille et  qui régurgite sa coulée de lave qui calcine tous tes organes, qui s’insinue dans tes artères et veines. «Hey…» Tu aperçois le changement, tu ne peux pas détourner ton regard de lui de toute façon, donc quand celui-ci opère, tu ne manques pas de le remarquer. Il est affolé. Non, c’est un euphémisme. Dans ses traits, tu peux lire une panique intense, irrationnelle. Il se met en position assise, toi tu n’arrêtes pas, tu cajoles toujours ses boucles, tu insistes, tu ne dis rien, tu attends. Tu aimerais tellement qu’il soit à toi et que tu sois à lui. Non pas en tant que possessions, mais tu aimerais une fusion de vos personnes, tu voudrais rester avec lui tout le temps. Il est le seul. Le seul à s’approprier tes pensées de cette façon. Le seul à être arrivé aussi loin, outrepassant les limites que tu as fixées il y a belle lurette. Puis il t’annihile. Il se dégage, il échappe à tes doigts et il te pulvérise avec ses mots. «Je n’en ai que faire.» Et c’est vrai. Tu t’en fous d’une procédure. Une de perdue, dix de retrouvées. Lui, tu ne trouveras jamais quelqu’un comme lui, il est unique, il est inégalable. Te rapprocheras-tu ? Non, pas encore. Tu ne sais pas comment faire. Tu ne veux pas lui donner la mauvaise impression. Tout ce que tu veux, c’est qu’il ne te fuit pas, qu’il redevienne comme avant. Tu le sens si distant, comme s’il prenait la résolution de s’éloigner de toi, et tu ne le supportes pas, tu ne te supportes pas. Sans lui, tu redeviendras comme avant, quelqu’un qui n’est désiré par personne, quelqu’un qui est condamné à connaître la solitude pour seul amour dans son existence. Tu as besoin de lui, comme tu as besoin d’oxygène. «Tu ne veux pas quoi, Matveï… ?» Tu redoutes son silence, son air égaré. Tu ne sais pas comment agir, et ça te tue, petit à petit, ça te consume aussi facilement qu’un papier imbibé d’alcool près d’une bougie.  Peut-être a-t-il mal et qu’il ne sait pas comment le dire. Croit-il toujours à la trahison ? Ou est-ce plutôt une douleur physique qu’il ne veut pas t’avouer ? Un mélange des deux, alors qu’il ne sait pas comment t’avouer qu’il veut un autre docteur ? «Est-ce que ça va ? Tu te sens bien ? Tu devrais te rallonger.» Tu as envie de lui hurler de te parler, de te dire autre chose au lieu de se répéter d’une façon différente à chaque fois. Puis il atteint ta joue, il la caresse délicatement, la frôlant à peine de sa peau. Il veut que tu partes. Vraiment.
Tu refuses de l’admettre. Ça ne peut pas être ça. Tu étouffes. Respire. Tu te sens tellement perdu. Tu lui adresses des iris pleins de désarroi, que feras-tu sans lui pour égayer tes journées les plus morbides ? Que feras-tu sans ses visites de temps à autre avec des prétextes aussi loufoques les uns que les autres? Il comprime tes doigts entre les siens, mais où veut-il en venir, bon sang ? Ne comprend-il pas qu’il est en train de t’assassiner, de te brûler à petit feu ? Mais quelle buse, tu as envie de le gifler. Pourquoi ne peut-il pas en lire en toi ? Pourtant, tu es sûr d’être un livre ouvert. Dès le premier jour, dès votre première interaction, tout était clair, et ce n’est que le dernier des aveugles qui n’a pas pu déceler toute cette soif que tu possèdes d’être à ses côtés. Tu restes bouche bée, tu le laisses être le centre de la pièce de théâtre qu’il a composée, dramatique à souhait pour tous ses personnages. Tu le détestes, il en est le dramaturge, il en est le héros, il en est le sauveur, pourtant il est en train de faire des sacrifices parce qu’il croit qu’il devrait te laisser en paix. Mais tu ne veux pas. C’est trop tard. S’il voulait faire ça, il aurait du y avoir recours dès le début. Maintenant, tu es déjà sous le charme, il a joué sa mélodie par le biais de sa flûte, et toi tu es sorti de ta cachette, apprivoisé par chaque note.

Il quitte ses draps, il s’assoit de l’autre côté du lit où tu n’es pas. Il va partir, et toi tu vas rester coi comme ça, sans le retenir. Yasen, arrête de faire l’idiot. Tu escalades le lit, tu te retrouves à l’autre bout, tu te retrouves assis à son voisinage, fronçant des sourcils. «Tu ne vas nulle part, jeune homme, tu restes ici. C’est en partant, bien au contraire, que tu me coûteras mon travail.» Tu serres les poings, vas-tu lui dire, vas-tu confesser ? «Laisse moi juger de ce qui va m’attirer des ennuis ou pas, ce n’est pas à toi de le faire. Ce sont mes affaires. Donc à moins que tu veuilles que je m’en aille vraiment et que toute cette mascarade soit destinée à justifier ton envie que je parte, je reste ici, je ne vais nulle part ailleurs.»  Tu te mords la lippe, violemment, tu t’attends à goûter ton propre sang tôt ou tard tellement tu es nerveux. «Oublie ce que je viens de dire : même si tu désires mon départ, je ne quitte pas cette pièce. Jusque là, tu t’es battu pour moi, à mon tour.» Il te fait tourner la tête, il te fait tout oublier, il te donne des vertiges. Tu es un médecin, pourtant tu ne connais pas cette maladie, ces symptômes rassemblés pourraient suggérer une hypertension artérielle ou une hyperthyroïdie, mais non, c’est la maladie de l’amour, celle que tout le monde ignore. «Tu comptes vraiment beaucoup pour moi. Et je suis désolé si jusqu’ici, je t’ai donné l’impression que tu étais indésirable. Ce n’est vraiment pas le cas, c’est juste que… Je ne sais pas comment gérer tout ça.» Tu marques une petite pause, tu n’as pas l’habitude de parler comme ça à un presque-inconnu. Jamais tu n’as discuté sentiments avec quelqu’un d’autre que ta sœur ou tes meilleures amies. «Mais pour toi, je ferai des efforts. Parce que…» Au diable la religion de ta maternelle, au diable les principes sur lesquels elle t’a élevé. Tu as le droit d’être heureux, comme tout le monde. Tu as tenu vingt-six ans, tu as cédé au moindre de ses caprices, tu l’as laissé te façonner comme elle l’a voulu. Maintenant, c’est à toi de te retrouver, c’est à toi de te découvrir, c’est à toi de te faire plaisir en arrêtant de te mentir, de cacher tout ce qui fait que tu es toi justement. Tu aimes les garçons. Oui, et tant pis si les gens comme toi vont au purgatoire horrible que te décrit ta génitrice. Le vrai enfer, c’est celui que tu as vécu jusqu’ici, te dissimulant honteusement comme un gamin pris en faute. Le vrai enfer, c’est celui que tu vis en réfrénant tous les désirs qui attaquent furieusement ton corps, ton âme, ta raison; scandalisés d’être rejetés de la sorte, d’être considérés anormaux par leur auteur. Tu aimes Matveï. «Matveï. Embrasse-moi.» Tu déglutis difficilement. Tu te saisis de son menton entre tes doigts, puis tu fais tourner son visage vers toi, te noyant dans ses pupilles qui te font fondre sur place. «J’aurais tendance à dire "Pas comme la dernière fois". Je ne veux pas que tu me ménages. Je ne veux pas que tu y ailles doucement. Embrasse-moi sérieusement. Si tu en as toujours envie, bien sûr.»


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Matveï L. Lewinski
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MessageSujet: Re: But I'm only human, and I bleed when I fall down... (Maten) Dim 16 Nov - 19:33

maten ∞
un jour tu t'envoleras
Enfant de passion, tu n'as pas pour habitude d'égarer tes désirs. Tu n'as pour habitude de résister aux pulsions qui te ravagent l'âme. Au fond, son visage, sa voix, son odeur, son corps t'appellent, te laissant pantelant, te laissant amer. Yasen, le nom de ta torture, le nom de ton enfer, le nom d'un amour. Un amour avorté, suicidé dans le fond de tes envies que tu enchaînes. Il ne te veut pas. Il ne t'a jamais voulu. Il ne te reste plus qu'à t'habituer. Il ne te reste plus rien.

La fuite semble être ta seule issue. La fuite de ses lèvres, de son corps qui te touche, de ton être qui s’enchaîne au sien. C'est la bonne décision alors pourquoi te hante-t-il ? Pulvérisé sur l'autel de l'amour éternel, tu es ravagé, anéanti par ses gestes, son regard. Il pourrait te demander la lune, tu irais la décrocher. Ton cœur est brutal dans ta poitrine, ton cœur menace de jaillir & de s'arracher à toi, pour tomber au sol, vaincu. Tu es trop fragile pour tout ça. Tu es trop amoureux de lui pour ne pas te perdre. Tu aurais aimé un peu plus de temps. Tu aurais aimé un peu de lui.

Il dit qu'il n'en a que faire. Il s'inquiète. Il te brise. Bim. Bam. Bim. Boum. Tout ton être se fissure. De ses yeux, tu ne devine qu'une détresse monstrueuse, victorieuse. Ton cœur syncope. L’adrénaline te tape. L'adrénaline te dope, en battant la mesure. Tu dessines, tu façonnes son horreur &, aussitôt, tu veux revenir en arrière, tu veux attraper sa taille, le coller à toi, enfouir ton nez dans son cou, tout oublier, t'oublier. Tu ne restes pas de glace, tu ne le peux plus. Il est tout. Tu n'es rien.

Il ne te laisse pas t'enfuir. Il ne te laisse pas partir. Le lit remue & il est à tes côtés. Un frisson te dévore ; Comment rester de glace ? Tu accuses le coup. Tu accuses les mots. Il aura des ennuis si tu pars. Il perdra son travail, sa raison de vivre. Tu sais que ça le passionne. Tu as eu le temps de l'observer. Parler, soigner, opérer, tout cela ça le fascine, ça le rend heureux. Au final, tu veux juste son bonheur. Tu veux juste le rendre heureux. « Je vais rester. », un murmure du bout de tes lèvres. Faiblesse est ton mot d'ordre. Tu n'es que faiblesse pour lui. Tu n'hésiterais pas une seconde à sacrifier tout bonheur. Tu n'hésiterais pas à t'évincer pour lui plaire. Tu tangues doucement au fil de sa voix. Il veut rester. Coûte que coûte, peu importe le prix, il restera. Un nouveau frisson. Il se battra pour toi. Il n'aura de cesse de se tendre vers toi & un soupire d’apaisement quitte tes lèvres.

Il te veut. Tes yeux fauves clignent & ton incompréhension s'esquisse, t'incline, te divise. Tu ne sais pas apprivoiser la vague qui s'abat sur toi, qui t'engloutit tout entier. Tu défailles, tu sens ton cœur s'embraser, se perdre. Plus jamais, tu ne le laisseras te fuir. Plus jamais, tu ne le laisseras te chasser. Plus. Jamais. Ton cœur se tord, la machine relié à toi s’emballe. Tu as incendié tes romans, assassiné tes princes charmants. Tu n'as plus de regret, plus de chaînes. Amour pressant s'écrase contre ta raison. Tu n'oses pas vraiment respirer. C'est donc ça l'amour?

«Mais pour toi, je ferai des efforts. Parce que…» , ton souffle se suspend à ses mots. Dieu que tu succombes. Dieu que tu te perds encore & encore. Qu'il te le dise, qu'il laisse un frisson parcourir ta vie, défaire ton serment de lui résister. Tu n'as jamais voulu que lui. Bim. Bam. Bim. Boum. Tu dérailles, valdingues & brutalement, tu te rapproches un peu, beaucoup trop. La bête grogne. La bête frissonne. Juste un mot, tu es à lui.

Tes résistances succombent, vacillent & ne sont que château de sable sur son passage. Soufflé par le vent, soufflé par tes désirs, tu te courbes sous la passion. Tu te fais esclave des chiens, de rien pour un geste de lui. Tu te soumets à tes désirs lascifs, lacérants. Tu te soumets à lui. Ta raison t'échappe & ta main se pose sur sa jambe. Tu oublies, sombres. « Matveï. Embrasse-moi. ». Bim. Bam. Bim. Boum. Ton cœur susurre. Yasen, du bout de ses yeux, emporte tout sur son passage, menace ton être. Yasen est tout. Embrasse-moi. Les mots volent, s'envolent, se perdent. Ses doigts s'égarent sur ta peau. Tu tournes la tête, clignes des yeux. Tu n'accuses pas le choc. Tu ne sais pas pourquoi ton cœur s'embrase. Tu ne sais pas pourquoi tout ses mots, son regard sonne comme une promesse. Trop sensible, tu es tombé pour lui & tu n'as de cesse de savourer ta chute dans l'encre de ses yeux.

« J'aurai tendance à dire « Pas comme la dernière fois ». Je ne veux pas que tu me ménages. Je ne veux pas que tu y ailles doucement. Embrasse-moi sérieusement. Si tu en as toujours envie, bien sûr. ». Un sourie étire ton être, du cœur à la raison. Il parle trop. Beaucoup trop. Tant pis.. Pour toi, il est l'unique, le seul. Il n'y en aura pas d'autre. Il n'y aura que lui. Un silence grandit la distance entre vous. Tu avales, tu savoures. Tu l'aimes. Ton cœur loupe un battement. Doucement, tranquillement, tu l'attrapes par la taille. Un mouvement & il est sur toi, sur tes genoux, blotti contre ton corps défectueux. Pourquoi il fait le tour de ton monde ? Tes pupilles le fixent, laissant une multitude de sentiment de traverser. Tant pis, si tu te détruis. Ton regard n'est que feu vivace d'un désir menaçant, coupable, vorace. Un désir de lui. Un incendie dont la brûlure est un délice, un frisson de tendresse, d'amour, de violence. Tu le rapproches encore. Il n'y aura pas de retour possible. Il n'y aura qu'un amour cruel pour lui. Un soupire & un sourire, « Tu parles beaucoup trop. ».

Sans lui laisser une chance, sans lui mentir, ta bouche s'écrase au creux de sa poitrine. Chaleur et douceur se mêlent, flirtant délicieusement avec le grain de sa peau. Tu n'es que passion, tu n'es que tendresse au fil de tes baisers qui remontent sur son corps, murant un désir brutal. Tes mains glissent sous son haut, sur son épiderme nu, vénérant son dos. Ton souffle erratique se perd dans son cou, tu t'électristes. Tu y crois.Tu crois en lui, en toi, en vous. Alors, un peu lâchement, un peu stupidement, tu oses le mordre. Là, sur l'ivoire de sa peau, tu laisses ta marque. A toi, rien qu'à toi. Il est tien, dans le feu de tes désirs, dans la brutalité & la tendresse de ton amour. Et tu remontes toujours plus haut, toujours plus léger ponctuant ta course de baisers doux, amoureux. Au bord du monde, tu as échoué, nimbé dans tes promesses. Tu t'es trahi pour ses yeux. Tu t'es trahi pour lui. Tu te pares d'une passion évidente, gourmande. Tu te pares de toute ta tendresse, de toute ta maladresse.

Au bord de ses yeux, tu t'envoles, tu oses. Usant & abusant de lui, tu le fais sombrer contre les draps, allongé sur le lit, le dominant de tout ton désir. A toi, rien qu'à toi. Tu l'apprivoises, tu l'embrases de tes prunelles noir désir. Du bout de ta bouche, tu le tortures d'un million de baisers, traçant un chemin de son cou à la commissure de ses lèvres. Tu perds haleine contre sa peau, joueur, doux. Il peut toujours te dire non. Il peut toujours te repousser. Sans doute, vas-tu trop loin. Sans doute que tes désirs sont brutaux, dévorant son être. Peu importe, tu l'embrasses. Tes lèvres l'attrapent, ne lui laissent plus aucune espoir de fuite. Ton cœur implose, la bête gronde & tes envies sursautent. Tes hanches s'enfoncent dans les siennes & tu forces le passage. Un frisson & le baiser s'approfondit, joue d'une sensualité qui te laisse pantelant. Bousillé par son odeur, son corps, ta lâcheté, le ballet de vos langues s’accélèrent. Tu le colles à toi dans un grognement étouffé, dans tes désirs envolés, assouvis. Dieu, tu le désires si fort, trop fort.

Tu vas le tuer de ton amour vorace. Tu vas le noyer de ta passion. Tu vas t'oublier pour lui. La sentence balaye ton innocence, tu as eu l'insolence d'avoir osé. Tu as commis l'erreur de le regarder et tu le referais encore & encore. Tu retomberais sous son charme. Exquise addiction.

Tes doigts ébouriffent ses cheveux, se perdent dans sa tignasse, tu l'as rêvé si fort. Tu l'aimes tellement dans le creux de tes bras, dans la saveur de sa bouche, dans ton envie qui te détraque. Poison mortel, il se dilue dans tes veines. Tu n'es pas de taille, tu ne peux plus vivre sans lui. Tes lèvres tremblent, tu lui livres une bataille d'amour, de passion, de tendresse. Tu te bats pour lui. Tu te battras toujours. Tu ne fuis plus, tu ne résistes plus. Et il s'égare en addiction, en obsession, en véritable fascination. Tu veux l'aimer un peu plus. Toujours plus.

Le fer de tes morsures n'existe plus. L'acidité de tes désirs se noie en lui, contre lui. Tes lèvres le quittent, désolées. A bout de souffle, à bout de tout, tu te réfugies contre son cou, murmurant doucement, dans un baiser timide, « Je me croyais au paradis. ». Il est ton paradis. Ton seul paradis.
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Yasen D. Austen
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MessageSujet: Re: But I'm only human, and I bleed when I fall down... (Maten) Mar 18 Nov - 23:03

Yasen & Matveï

Why am I so emotional? No, it's not a good look, gain some self-control...
Ce sens de l’initiative t’est complètement inconnu. C’est là où tu te rends compte à quel point Matveï a eu un impact sur ta vie. Il a d’abord commencé par envahir tes rêves les plus fous, tes fantasmes les plus inavoués. Il a illuminé ton champs de vision, il a fait monter la température de ton corps, il t’a catapulté vers le ciel, il a fait faire un bond à ton cœur dans ta poitrine. Depuis que tu l’as rencontré, tu es sur un nuage et tu menaces de tomber. Depuis qu’il t’a pris dans ses bras, tu essaies de retrouver ce sentiment de sécurité qu’il t’a conféré pour un moment éphémère, cette bulle protectrice que rien ne pouvait venir perturber ou détruire. Progressivement, il s’est insinué dans ta parfaite petite existence, il a rompu l’équilibre. Il a chassé la paix qui y prospérait, et de ses muscles puissants, il a anéanti tes barrières, les terrassant une à une. Il s’est fait un chemin, qu’il a suivi sans y hésiter à deux fois, il n’a laissé aucun obstacle le retenir ou entraver son parcours. Il s’est accroché, donc il tient à toi, il tient à vous. Et tu n’as pas à avoir peur qu’il t’abandonne au milieu de la route. Il supportera tes sautes d’humeur, ta sensibilité, tes insécurités. Il combattra tes frayeurs, il te sortira de l’ombre où tu t’es toi-même réfugié. Il balaiera ces croyances idiotes que ta mère t’a léguées, alors que tu n’avais pas le choix. Pourtant, on l’a toujours, mais tu étais trop aveuglé par l’amour que tu lui portes pour te rebeller et tu l’as laissée faire. Tu l’as laissée te conduire vers cet endroit sombre où l’amour ne t’est permis qu’avec le sexe opposé qui ne t’attire pas, vers cet endroit sombre où tu dois combattre toutes ces pulsions qui attaquent ton corps sans répit. Tu détestes ce qu’elle a fait de toi, pourtant tu ne pourras pas changer du jour au lendemain, tu ne pourras pas exprimer tout ton amour, tu ne pourras pas lui laisser le champ libre pour que lui aussi te démontre l’étendue du sien. Il faudra qu’il soit patient, qu’il persévère. Et tu es sûr qu’il le fera s’il est toujours comme avant, s’il ne t’en veut pas trop pour avant. Tu es sûr qu’il est celui que tu as longtemps recherché, celui que tu as eu peur de rencontrer parce qu’il allait te faire changer. Sauf que là, tu n’as plus aucune crainte, bien au contraire, tu l’accueilles avec grand enthousiasme dans ta vie. Tu ne voudrais jamais le voir repartir. Tu feras tout pour cela, mais avant, il doit un peu batailler avec toutes ces restrictions qui respirent toujours dans ton fort intérieur, il doit les assassiner avec sa douceur et avec sa gentillesse exceptionnelles.  Sans prévenir, tu lui demandes de t’embrasser, et ça t’étonne toi-même. Tu te sentirais presque sexy, avec ce ton sensuel que tu emploies, avec ces gestes qui te viennent tous seuls. Bien sûr, les mots sont maladroits, il ne faut pas croire au miracle non plus.

Tu remarques enfin le poids de sa main sur ta jambe, et tu te demandes pourquoi tu ne l’as pas sentie se consumer avant. Il soupire,  et de la façon la plus sexy du monde, il te regarde, il te voit. Tu n’es pas quelqu’un qu’on remarque dans le lot, tu es trop discret, trop effacé. Mais lui, il te voit, il t’a vu la première fois dans son bar alors que tu le reluquais, époustouflé par sa beauté. Et là il te voit encore, et tu te sens défaillir. Sans crier gare, il te prend sur ses genoux, ses doigts se perdant dans tes hanches, et l’écarlate te monte aux joues. C’est la position la plus indécente que tu aies expérimentée jusqu’ici, et ça te trouble. Ok, peut-être va-t-il trop loin et que tu devrais l’arrêter, surtout qu’il est assez fatigué. Mais tu ne trouves pas la force de lui demander, tu soutiens ses yeux perçants, tu caresses sa joue du bout de tes doigts. Il se rapproche, et toi tu en perds toute ta raison, tu te sens sombrer dans l’aliénation. Enfin un baiser, un vrai. «Tu es la première personne à m’avoir dit ça. Mais il faut dire que tu es également le premier à me rendre aussi nerveux.» Il t’ignore, il fonce vers son but et te laisse parler dans le vide. Sauf qu’il te prend vraiment, non mais vraiment de court, parce que ce n’est pas sur ta bouche qu’il échoue, mais sur ta poitrine légèrement dénudée à cause de ta tenue. Tu te crispes, c’est trop pour toi d’un coup et tu t’apprêtes à mettre fin à cela quand ses mains remontent le tissu et escaladent allégrement ton dos. Tu devrais crier Stop mais tu n’en as pas la volonté. Non pas du tout, son toucher t’emplit d’une extase sans pareille, et ta respiration devient erratique tandis que tu t’accroches à ses cheveux, ne sachant pas quoi faire d’autre alors que ses lèvres explorent ta nuque après être passées par ton torse. «Matveï…» Tu glapis, troublé, ne sachant pas quoi en penser. Puis il te mord, il serre les dents sur ton épiderme, et tu sursautes, tu manques de tomber de ses genoux. Tu l’aurais certainement fait si ses mains ne t’avaient pas retenu, continuant leur balade le long de ta colonne vertébrale. Jusqu’où ira-t-il ? As-tu oublié de préciser que tu voulais y aller lentement, genre vraiment le plus lentement possible ? Et ça c’est tout à fait le contraire. Ses baisers te font oublier tout, te font fermer les yeux, te font frémir de plaisir. Si tu ne laisses pas un homme te toucher, si tu es bon toute ta vie, si tu pries Dieu et que tu croies en lui, tu iras au Paradis. C’est ce que ta génitrice t’a répété inlassablement. Enfin le premier point, c’est toi qui l’as déduit de ses propos sur sa religion. Elle se trompait du tout au tout. Tu y es déjà, au Paradis. Si près de lui, vos deux êtres fusionnant comme s’ils y étaient destinés.

Tu te retrouves une nouvelle fois sans en être informé au préalable sur le lit, étendu. Il est au-dessus de toi, tu es sous son joug, montagne de muscles cruelle qui ne veut pas te laisser tranquille, qui agresse chaque parcelle de ton cou avec ses lèvres avides de toi. Tu ne sais pas comment répondre, tu te laisses faire timidement, et tu te maudis intérieurement de ne pas savoir comment on fait pour faire plaisir à l’autre. Tout ce que tu as le réflexe de faire, c’est de cajoler sa nuque doucement, comme pour l’inciter au calme. Il est comme un voyageur pris dans le désert, assoiffé, qui se retrouve devant un point d’eau. Et puis il t’embrasse. Tu le sens converger vers toi, vos physiques qui se collent, et le rouge te monte aux joues au vu de certaines «choses» qui ne trompent pas. Le premier baiser qu’il t’a octroyé, dans les toilettes du bar où il travaille, était doux en comparaison avec celui-ci. Mu par une sauvagerie qui te fait hausser les sourcils, il se fraie un chemin entre tes chairs fermées pour prendre ta lippe entre les siennes. Tu ne seras pas l’un de ces imbéciles qui ne réagissent pas, bien que tu sois inexpérimenté, il faudra que tu prennes des risques et que tu essaies. Peu importe si tu le fais de la mauvaise façon, il t’apprendra. Alors tu lui rends finalement ce baiser, d’abord avec réserve, puis sa brutalité te contamine, et tu y fonces avec tout ce que tu as. Tu utilises ta langue, tu le mordilles, tu laisses sa salive s’immiscer dans ton œsophage, tu avales son amour. Puis il arrête, enfin, il te libère, et tu te sens comme pris d’une crise d’asthme, tu n’arrives pas à retrouver ton souffle, alors tu vas en quête de celui-ci dans le sien, tu respires en lui, tu lui demandes de partager l’air qui se dirigera vers ses poumons avec toi. Enfin, c’est à ton tour de lâcher prise, et ta tête s’éclate contre le matelas, trop lourde, elle tourne, tourne et tourne, comme la Terre. Tu peux entendre vos deux halètements affolés, tu devines que vos sangs manquent d’oxygène et qu’ils en réclament. «Moi aussi.» Pourquoi ta voix s’étrangle-t-elle ? Pourquoi tes yeux se mouillent-ils ? Non tu n’as pas le droit. Tu n’as absolument pas la moindre justification pour gâcher ce moment avec tes larmes, avec tes sanglots de petite fille. Tu te supplies intérieurement, mais rien y faire, tu es trop faible, tu sens ta poitrine qui tressaute. Tu te sens si coupable. Non seulement d’avoir fait ça, mais aussi que ça t’ait plu à ce point, que tu ne puisses plus vivre sans. Que dirait-elle si elle te voyait ? Te renierait-elle ? Te rejetterait-elle ? Ne serais-tu plus son fils adoré, deviendrais-tu un inconnu à ses yeux horrifiés ? Tu voudrais virer ces pensées horribles de ton esprit, mais elles te font courber l’échine, et tu n’arrives pas à réfléchir clairement. Tu essaies de t’inciter à la tranquillité, il ne faut pas qu’il s’en rende compte.

Tu reprends le contrôle de toi-même, tu ne laisses pas tes émotions te guider pour une fois. Faisant mine de retrouver un rythme respiratoire normal, tu fais cesser le flot qui s’écoule puis tu te dégages, délicatement. Tu t’assois sur le lit, lui aussi et tu le fixes, ne pouvant pas détourner tes iris de lui. Putain, tu as encore envie de céder aux larmes. Au lieu de cela, tu éclates de rire. «Tu n’y es pas allé de main morte, toutes tes perfusions ont été retirées, il faut que je te les remette.» Pudiquement, tu poses ta main sur son avant-bras, tu baisses les yeux et tu prends sa main blessée dans la tienne. «Tu devrais aussi dormir, tu dois être exténué. On parlera demain, d’accord ?» Tu essaies d’avoir le ton intransigeant, mais c’est peine perdue, tu voudrais rester éveillé toute la nuit à ses côtés, tu as tellement peur qu’il change d’avis, qu’il ne pense pas que tu sois assez bon pour lui. Après tout, c’est ce que tu penses. Tu ne le mérites pas. Il est si doux, et toi tu es si bête, si inhabile. Tu es un bébé, alors que c’est un homme, un vrai, qui sait ce qu’il veut et qui fait tout pour l’obtenir. «Je dois aussi prévenir mon supérieur que tu t’es réveillé, comme ça il me laissera aller dormir aussi. Je n’irai pas loin, je passerai la nuit dans une salle de repos pour venir ici le plus tôt possible et ne pas te laisser tout seul. Enfin, tu m’as l’air d’être quelqu’un qui déteste les hôpitaux, et tu dois avoir tes raisons.»Toi aussi, tu les hais de tout ton cœur. Ils te font penser à Leïla. D’ailleurs, que penserait-elle de Matveï ? Parce qu’elle, elle savait. Tu n’as même pas eu besoin de lui révéler, le jour où tu as eu le courage de lui en parler, elle t’a simplement répondu qu’elle sait, et que ce n’est pas trop tôt que tu assumes. Tu lui as tout confié, tu lui as dit pour le garçon qui te tapait à l’œil à l’époque et qui t’inspirait des désirs bizarres, et elle t’a dit de foncer. Tu ne l’as jamais fait. Même après sa mort. Elle n’a jamais lâché l’affaire non plus, elle voulait tellement que tu sois heureux. Et là tout de suite tu l’es. Même si tu as cette incompréhensible envie de pleurer. Tu ne peux pas le faire devant lui, tu ne veux pas qu’il s’inquiète, et il doit vraiment rejoindre Morphée maintenant. Tu fais une rotation avec tes pieds qui sont allongés sur le lit, et tu les fais rejoindre le sol pour te lever, regrettant déjà sa proximité chaleureuse. «Tu as perdu beaucoup de sang, il faut vraiment que je t’injecte ça à nouveau, tu peux me tenir la main pendant que je le fais si tu as la phobie des aiguilles aussi. Après, je te laisse dormir et je reste jusqu’à ce que tu le fasses, si tu veux.» Tu lui souris. De ce sourire particulier que tu n’adresses qu’à lui. De ton sourire spécial Matveï.


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MessageSujet: Re: But I'm only human, and I bleed when I fall down... (Maten) Jeu 20 Nov - 0:14

maten ∞
un jour tu t'envoleras
Le désir pulse, te traverse & te renverse. Tu n'es qu'esclave de tes pulsions, esclave sans raison. Tu te perds sur le fil de sa voix. Il te détraque, il te fusille. Ta résistance s'envole & se suicide accompagnant ta raison. Tu le veux fort, tellement fort. Ton prénom susurré comme ça, tes doigts accélèrent, caressent n'en pouvant plus de ne plus le toucher. Sa peau se déroule sous tes doigts, file, file & tu apprends chaque détails, chaque sensation sous ta paume. Caresse, tu n'es que douceur dans chacun de tes mouvements, de tes gestes. L'apprivoiser. Le garder. Et l'aimer. Doucement, tranquillement, il te fait sombrer.

Tu n'as pas peur de la chute.
Il est là.

Son cou. Terre d'asile que tu frôles du bout de tes lèvres tremblantes, que tu ne peux t'empêcher de vénérer. Ton souffle se perd un peu plus. Il est ton Eden, le début & la fin. Il faudrait se calmer. Il faudrait ne pas se perdre. Trop tard. Un frisson s'égare lorsqu'il passe ses doigts sur ta nuque, lorsqu'il presse ses doigts contre ta peau. Un sourire se camoufle dans son cou. Il te touche & c'est déjà le bout du monde. Un soupire t'échappe avant de mourir contre sa bouche. Il est tout ton monde dans cet instant volé au désir. Tu suspends tes gestes à ses ailes, tu lui donnerais tout, tu lui donnerais tellement. A-t-il idée de la chute amoureuse qu'il provoque ? Plus, tu désires tellement plus quand tu plaques tes hanches aux siennes, lui faisant sentir ce que tu vis, lui faisant décrire tout l'amour qu'il t'inspire. Tes boucles le chatouillent, le caressent. Tout ton être l'admire, se presse & paresse contre lui.

De ta bouche à la sienne, il y a un duel, un combat de tendresse brutale, d'amour violent, passionnel. Le goût de sa langue s'attarde sur la tienne & souffle tempête brûlante, sensuelle, coupable. Ton amour s'attarde dans sa salive. Tu lui donnes ta passion & tu t'offres sans mesure, avec démesure. Tu ne saurais dire si c'est trop ou trop peu. Tu n'auras pas assez de nuit, de jour, d'heures pour l'aimer. Tu n'as pas assez de temps. Un soupire & ta bouche le quitte. Ta respiration est brisée, sifflante, dérangeante. Ta respiration se crashe sur la sienne. Et tu le vois, le rouge aux joues, les yeux pétillants d'un brun troublé, le souffle court. Tu l'as dévasté. Il te faudrait l'aimer moins fort, moins vite. Il te faudrait du contrôle qui t'échappe, que tu n'es pas sûr de vouloir. Tes doigts tremblent & caressent sa chevelure. Tu l'ébouriffes, tu l’abîmes. Tu le contemples & tu te mêles un peu à lui. Il y a tant d'amour en lui, en toi. Il y a tant de tendresse à donner. Il y a tant à apprivoiser. Tu voudrais tellement plus.

«Moi aussi.» , sa voix s'étrangle & tu tangues. Tu frôles la syncope mais il est là & il a mal, tellement mal. Tu n'es pas dupe. Tu ne saurais l'être. Ses yeux se voilent. Qu'as-tu fait? Tout & rien. Si peu mais trop, il est fragile, inexpérimenté & tu ne peux lui demander d'aller si vite. Tu caresses ses cheveux, avec tendresse, désolé. Tellement désolé. Tu t'es oublié, tu l'as oublié. Il n'est pas prêt & il est trop tard pour reculer. Il est trop tard pour te pardonner. Sa poitrine tressaute & tu le sens s'enfler d'un chagrin monstrueux. Tu t'effrayes, tu te sens sombrer dans la panique. Tu lui as fait du mal, hein ? Après tout c'est toujours toi le problème. C'est toujours toi qui fait mal. « Yasen. », tu glapis, laissant ton cœur se tremper dans l'acide de ton inquiétude. Tu n'aurais pas dû. Tu ne devrais pas & tout tremble, vacille & se suicide.

Il n'en a que faire. Il tente de se cacher. Tu le vois. Les cheveux en bataille, il se redresse, il t'échappe & tu consens. Tu es d'accord. Si tel est le prix, tu t'inclines, docile & soumis, animal tranquille & ridicule. Tu n'as jamais su t'y prendre avec les autres. Tu n'as jamais su les combler. Tu voudrais le retenir. Tu voudrais t'excuser & pourtant, ça se bloque là. Dans le fond de ta gorge, il y a un nœud. Un nœud qui t'empêche de parler, d'hurler, de le rêver, de l'aimer. C'est stupide mais tu n'oses pas. Son rire t'écorche l’âme & t'arrache le peu d'estime qu'il te reste. Le mensonge te brise le cœur, tu n'es pas dupe, tu sais qu'il ment, qu'il te ment.

 «Tu n’y es pas allé de main morte, toutes tes perfusions ont été retirées, il faut que je te les remette.» , un frisson court, le manque d'amour te fait vieillir brutalement. Tu te sens vieux, fatigué & lasse. Tu ne crains pas d'être seul. Tu crains juste de le voir s'enfuir, de ne plus sentir son odeur, de ne plus être à lui. Une peur viscérale s'installe, une peur qui murmure chaudement la vérité ; L'abandon est ta destinée. Tu baisses les yeux, fuis son regard. Tu es désolé. Désolé de le forcer. Un frisson s'égare quand il te touche & tu déglutis difficilement. Il n'est que légèreté, douceur & pourtant, tu as le cœur qui se serre de le penser un peu trop. Tu as tes angoisses qui remontent. « Yasen, tu n'es pas forcé. », une douceur se mêle au chagrin que tu camoufles derrière une caresse sur sa main. La chaleur de son être te manque. Tu voudrais l'attirer dans tes bras, tu voudrais qu'il ne te quitte pas. Tu ne fais rien, tu restes planté là, visé aux draps.

En parler demain. Tu ne veux pas parler, tu veux mourir. Tu ne veux pas dormir si ce n'est pas avec lui. Tu n'es pas si fatigué que ça. Ne me fuis pas.Ta bouche s'ouvre & rien ne sort, rien n'ose sortir. Tu ne peux pas lui demander ça. Tu ne peux pas le retenir. Tout va trop vite & tu sens les mots en polonais te sauter au visage. Il veut partir, ton cœur meurt un peu plus.

Il a posé les pieds à terre, il se redresse & ton corps répond, instinctivement. Tes bras se referment autour de sa taille. Il refuse. Il ne veut pas. « Pardon … Je. », tu t'excuses de tes peurs étranges, de ta peur qu'il te déteste, de cet abandon qui t'accroche les phalanges. Tes yeux se trempent & tu repousses tout. «  J-je ne voulais pas mais je n'aime pas quand tu mens. », ta langue est rugueuse & tu enfouis ta tête dans sa poitrine pour ne pas qu'il voit ta faiblesse, pour ne pas qu'il comprenne l'ampleur de ton horreur. Tu apprendras à retenir tout ses sentiments conflictuels, toute cette peur qui te ravage la raison. « Je suis tellement désolé. », murmures-tu tout contre lui, tout contre la peau que tu as brûlé de tes lèvres. Désolé d'être toi, passionnel & fougueux.

Le nœud se défait. Et tu oses, tu te confesses. « Je ne voulais pas te faire peur en t'embrassant. », non tu ne le voulais pas, tu ne l'as jamais voulu. Sa peine te tue & tu veux juste comprendre, tu veux juste te faire pardonner. « Tu n'as pas aimé ? », un murmure doux, tu n'as pas embrassé depuis Philippe, refusant de te livrer, refusant d'être esclave de ton cœur agonisant. « Tu aurais dû m'arrêter. », ce n'est pas un reproche quand tu t'écartes, c'est un simple regret, une simple blessure qui te coûte tant. Tu souhaites juste lui plaire. Toute ta faiblesse, toute ta difficulté à trouver tes mots pour lui dire ce que tu penses.

« Je ne veux pas te faire du mal. ». Pourtant, tu lui en as fait. En attendant le silence s'étire alors que tu voudrais laisser courir tes doigts sur sa joue, alors que tu voudrais détruire la distance, les secrets. Tu es fou de lui. Le cran de ta folie se suicide en peur d'être ridicule. Le froissement des draps te trouble & tu cèdes, tu lui tend le bras, lui adressant le regard chocolat tendre. Tu recules, refusant de t'élancer, refusant de voir ta douleur te blesser.

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MessageSujet: Re: But I'm only human, and I bleed when I fall down... (Maten) Dim 23 Nov - 5:13

Yasen & Matveï

Why am I so emotional? No, it's not a good look, gain some self-control...

Tu  as le chic pour saboter les meilleurs moments qui s’offrent à toi. Tu as fondu contre lui, avec lui, tu as connu des sensations jusque là inespérées, impensables. L’ombre plane cependant sur toi, te murmurant à l’oreille plein de monstruosités qui te donnent envie de te cacher, de t’enfuir, de prendre tes jambes à ton cou et de ne plus jamais revenir ici. Peut-être si ce n’était pas Matveï, peut-être si ce n’était pas cette personne spéciale l’aurais-tu déjà fait, sans y penser à deux fois, après lui avoir offert une énorme part de toi pour la regretter durant le restant de ton existence.  Mais heureusement que c’est lui. Oui, par la plus fortuite des aubaines, par la plus magnifique des coïncidences, par le biais du travail acharné du destin à vouloir enfin te donner ta part de félicité qui te boudait jusqu’ici, c’est lui. Tu ne crois pas en la providence, c’est pourtant l’un des fondements mêmes  de la religion à laquelle ta mère est dévouée. Tu as toujours pensé que si elle a lieu effectivement, elle est injuste. En ce moment, tu ne te résignes pas à penser que ce n’est que le fruit du hasard, que ce n’est qu’une énorme veine qui t’a choisi comme hôte.  Et qu’est ce que tu choisis de faire ? De lui cracher à la figure en te laissant accabler par le remords. Non, ça ne se passera pas comme ça, tu ne te laisseras pas faire par les mécanismes de défense que tu as acquis au fil des ans, tu ne te laisseras pas faire par cette voix tendre qui te dicte ta conduite. Tu ne feras même pas attention à la voix du fantôme qui te poursuit, à la voix de Leïla qui t’incite à juste foncer pour retrouver ton bonheur. Tu ne penses qu’à toi et à toi uniquement. Le sait-il ? Est-il conscient que tu es inexpérimenté, que tu n’as jamais connu ce qu’il t’a fait connaître durant ces dernières semaines ? Devine-t-il devant ta maladresse qu’il est le premier qui t’embrasse, le premier qui te touche et que tu touches ? Tu ne peux pas juste t’attendre à ce qu’il comprenne sans prendre le temps de lui expliquer. Tu lui as demandé de t’embrasser, il ne peut pas lire entre les lignes, il ne peut déchiffrer le code qui se dissimule. Il ne peut pas savoir que tu ne voulais qu’un baiser un peu plus sauvage, mais pas aussi déstabilisant. Tu es satisfait qu’il te désire, tu es reconnaissant qu’il t’ait choisi toi, parce que lui au moins a le choix. Toi le jour où tu l’as aperçu pour la première fois, c’était inéluctable : tu n’avais plus aucune volonté, aucune influence sur ce que ton cœur te dicte. Il t’a attiré dans son atmosphère et tu t’es échoué sur son sol, tu as explosé, tu as brûlé, tu as attendu qu’il daigne t’accorder un regard, une caresse, une étreinte, un baiser. Dès que tu te lèves, dès que tu finis de parler, il t’entoure de ses membres, il dépose sa tête contre ton torse, s’accrochant à toi comme une bouée. Tu n’as aucune idée des raisons qui le poussent à agir de la sorte, mais tu fais tout pour le réconforter, jouant avec ses boucles gentiment. Mais pourquoi est-il désolé ? S’est-il rendu compte que tu es naïf, que tu n’excelles pas dans ce domaine parce que tu ne t’es jamais adonné à ce genre de comportements ? Non, ce n’est pas ça. Il t’accuse de mensonge, il ne croit pas à la comédie que tu joues. Pourtant, tu ne fais  pas semblant, tu es vraiment heureux. C’est juste qu’en même temps, tu n’es pas dans ton assiette, et c’est ce que tu t’es évertué à camoufler. En vain, apparemment. Il perd confiance en lui, il se noie dans sa culpabilité, il cherche refuge en fourrant son nez dans ta poitrine et ça te chatouille. Autant physiquement que psychiquement, alors que tu sens ton âme s’alléger, les soucis s’envoler, te délestant de ce poids énorme sur les épaules. Quel gamin. Mais c’est ton gamin. Et tu l’aimes. S’il croit pour un seul instant que tu n’as pas aimé, s’il croit pour un seul instant que si tu étais en mesure de revenir en arrière tu changerais les choses… Il se fourre le doigt dans l’œil jusqu’au coude. Comment peut-il être aussi aveugle, comment arrive-t-il à ne pas prêter attention à tout ce que tu dégages ? Tu n’es qu’amour pour lui, tu te dépasses pour lui, tu quittes ta zone de confort et tu prends la route accidentée pour lui. Juste pour lui. Rien que pour lui. Alors des bêtises pareilles, il peut se les garder. Tu le giflerais volontiers, mais tu as encore plus envie de le prendre dans tes bras.

Tu ris légèrement, puis tu reprends place à ses côtés, gardant toujours sa main dans la tienne. Tu cherches les mots, ils ne veulent pas sortir. Tu ne veux pas l’entraîner dans ce côté de ta vie pas du tout rose, tu ne veux pas le piéger dans les ténèbres qui la régissent. Tu ne veux pas que tes problèmes deviennent siens, tu ne veux pas qu’il se sauve. Tu as besoin de lui, tu as besoin qu’il reste, plus que tout au monde. Tu ne peux donc pas tout lui révéler d’un coup. Bien sûr, il le faudra un jour ou l’autre, mais pour l’instant, tu n’as à partager avec lui que l’essentiel. «Tu te trompes sur toute la ligne, bien au contraire, j’ai adoré ça. Même trop. Ce n’est pas de ça qu’il s’agit.» Tes doigts libres vont se nicher dans tes cheveux rebelles, essayant d’y remettre de l’ordre plus par gêne que par obsession. «C’est juste que… Je ne suis pas habitué et tu es allé trop vite pour moi. Je n’ai jamais partagé avec quelqu’un ce qu’on a partagé, et c’était trop d’un seul coup, ça m’a déstabilisé et ça m’a effectivement effrayé.» Son air penaud, comme un gamin pris en faute t’attendrit, et putain, non, tu ne combats pas cette envie grandissante, tu la laisses gagner, tu faiblis et sans crier gare, tu t’empares de ses lèvres une nouvelle fois, menant la danse cette fois, y allant certes lentement mais sûrement, essayant de reproduire ce qu’il t’a appris toute à l’heure. Tu as toujours été doué pour bien analyser chaque esquisse de geste, chaque détail. Tu ne cherches pas à innover, tu lui montres là où vous en êtes, votre point de départ d’où vous partirez. Ça ne dure que quelques secondes, tu en veux encore plus, mais pour l’instant c’est suffisant. Avec un grand sourire étirant tes jumelles, tu poses ton front contre le sien, tout en cajolant sa joue du bout de tes doigts, soupirant d’extase.«Mais ne crois pas un seul instant que je n’aime pas ça. J’ai éperdument besoin de temps. Est-ce que tu peux m’en donner ? Puis-je avoir l’honneur de te faire poireauter pour un moment ? Parce que j’aime ce qu’on possède plus que tout et je ne sais pas si je pourrais supporter de te perdre.» Il est sous ta peau, il est partout, gravé dans ta mémoire, dans tes sens. Il est ce tatouage indélébile, il est cette ville où tu es né. Tu es condamné à toujours revenir à lui. Il t’a sous sa coupe mais il ne le suspecte même pas, monstre d’innocence. Tu ferais tout pour lui, mais d’abord, il doit te déshabiller de ta terreur. Tu poses ta tête contre son épaule et tu fermes les yeux, juste pendant un court laps du temps. Tu imagines passer la nuit dans ses bras, collé contre lui, sentant sa chaleur te bercer. Tu voudrais lui dire que tu l’aimes, mais même toi, avec ton inexpérience, via tous les films que tu as regardés, tu sais qu’il est beaucoup trop tôt, que ça risque d’avoir l’effet inverse. Tu risques de devenir complètement gaga, tu risques de côtoyer la dépendance dont t’a incessamment prévenu ta mère. Sauf qu’elle est sous sa plus belle forme. Non, en fait, tu es déjà accro. Indubitablement. Tu le quittes à nouveau avec un pincement au cœur, et tu te remets sur tes deux pieds, puis sur le ton du reproche, tu fronces les sourcils et tu le fixes : «Tu me laisses m’occuper de toi maintenant en tant que médecin ou pas ?»


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Matveï L. Lewinski
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MessageSujet: Re: But I'm only human, and I bleed when I fall down... (Maten) Dim 23 Nov - 21:03

maten ∞
un jour tu t'envoleras
Il est un météore dans ta vie, fulgurant , vif, pulvérisant ton fragile équilibre. Tu déglutis difficilement. Dans ce bar, à cette table, il était déjà le soleil de tes nuits. Dérangeant, perçant toutes tes défenses, détruisant l'empire de solitude que tu avais tissé, tu l'as vu s'installer dans tes rêves brûlants. Tu t'es éveillé d'un long hiver avec son nom sur tes lèvres. Tu t'es éveillé, tes pulsions se faisant maîtresses cruelles de ton cœur, ravageant ce qu'il reste de toi, ce que tes amours déchus ont bien voulus te laisser. Tu as ravalé ta fierté, tu as ramassé ta raison & dans une évidence simple, véritable, tu sais que tu l'aimes.

Tu pourrais pleurer. Tu pourrais hurler. Tu pourrais prendre peur. Tu n'en feras rien. Que tombe ton palpitant, que s'effondre ta vie, tu es déjà sous le charme. Un charme cruel, invincible, indivisible qui va de ses yeux, à sa bouche, caressant sa peau, esquissant une étreinte tendre & douce. Il te touche & c'est déjà le paradis. Il caresse tes cheveux bruns. Il ne t'abandonnera pas, n'est-ce pas ? Jamais. La détresse n'est rien. La détresse est vaine, prisonnière, lâche. Elle se meurt dans le brun de ses cheveux, se confond avec la douceur de ses yeux. Soudain, pour un simple regard, tu veux vivre au bord du vide. Tu veux t'abandonner, sombrer. Le feu s'empare de ton âme & tu brûles pour lui.

Un rire s'égare & tu fronces les sourcils. Tu relèves tes pupilles vers lui, silencieux, tu l'observes. Il est beau son rire. Il résonne jusqu'aux tréfonds de ton âme, pressant d'un éclat joyeux ta vie, lissant les pans froissés, raturés, écornés de ton être. Il ricoche, apporte un peu de douceur, un peu moins de lâcheté. Tu n'as pas peur. Tu n'as plus vraiment peur avec lui. «Tu te trompes sur toute la ligne, bien au contraire, j’ai adoré ça. Même trop. Ce n’est pas de ça qu’il s’agit.» , un soupire & ton cœur oublie, ton cœur se meurt, il renaît sous son nom, au creux de ta cage thoracique venant faire fuir tous soucis, tous problèmes, toute déchéance. Tu t'accroches un peu plus, ton âme ne peut pas se défaire de lui, ton âme refuse & l'étreint. Possessive, jalouse, elle ne rêve que de lui, de ses bras. Elle n'a jamais attendu que lui. Sincère & véritable, tes émotions te font chuter par amour. Tu te redresses un peu. Fou, quelle est la dette de ta folie ? Tes doigts effleurent ses joues, caresses & supplices. Ta voix tremble un peu. « Je serais plus doux, la prochaine fois. ». Puisqu'il y en aura des milliers d'autres. Puisque tu ne rêves pas que de deux baisers, échoués ici & là, perdus dans d'autres draps. Tu veux des millions d'étreintes, des baisers tendres doux. Tu lui promets du bout de tes prunelles d'être patient.

Patience. Ta tendresse s'incline, tes pulsions te brûlent les reins, te pressent de l'aimer avant qu'il ne soit trop tard, avant que tu ne sois trop lâche. Non, la patience aura raison de toutes tes résistances. Elle dévastera tes peurs, tes angoisses. Elle sera la clés de tes tortures, de tes chaînes, futiles, imbéciles. Du tac au tac, d'un sourire, tu attaques. «  On fera beaucoup de choses en douceur, je te le promets. ».

Trop tard, ses lèvres dérobent les tiennes. L'enfer s'ouvre sous tes pieds. Doucement tu le serres, suivant la cadence lente & douce d'un baiser à peine volé, suivant le battement affolé de ton palpitant qui ne cesse de papillonner. Tu caresses doucement son dos, te laissant aller, te laissant contrôler. C'est juste quelques secondes & pourtant, elles te laissent pantelant, à demi-perdu, un peu bousillé. Un soupire & tu t'effondres dans un rire. « Tu embrasses vraiment bien. », tu le confesses en laissant ta joue être prisonnière de ses caresses. Tu voudrais plus, tellement plus mais tu te retiens. Tu as appris la leçon. Tu frottes en douceur ton nez contre le sien, gentiment, tendrement, camouflant la tempête assassine de  tes désirs. Pas encore. Trop tôt. Il est bien trop tôt. «  Je peux attendre, ce n'est pas un soucis. », ta voix caresse les accents de ta langue natale, presse en chaleur ton cœur contre le sien. « Tu ne me perdras pas. Jamais. », c'est toi qui le perdra, tu le sais bien. Toi, tu réduis tant d'amour en cendre. Il enfouit son nez dans ton épaule & tu caresses ses cheveux. Tu l'aimes tellement. Si seulement tu ne devais pas tout perdre.

Il se dégage & tu soupires. Les rôles sont repris. Il faut s'incliner. Il faut reprendre sa place. Ton rêve éveillé s'arrête un instant trop vite. Un petit sourire triste s'esquisse & tu lui accordes cette victoire. Tu ne le quittes pas des yeux. «Tu me laisses m’occuper de toi maintenant en tant que médecin ou pas ?» , un rire s'égare devant sa moue furibonde, cruelle. Il n'a pas vraiment de crédibilité. « J'ignorais que tu voulais déjà jouer au docteur. », un frisson sensuel court dans ta voix, laisse l'humour brûler tes rétines. Tu ne peux pas résister au frémissement salace que prend ta voix. Tes yeux brillent, explosent d'un amour véritable, sincère. « Occupe-toi de moi, doc. », tu tends le bras, lui laissant remettre les perfusions, lui laissant tout pouvoir sur toi. Tu détournes les yeux, mal à l'aise à l'idée de te faire perforer les veines. Un soupire & tu le fixes de nouveau.

Tu laisses tes yeux courir sur son visage, détaillé chaque expression, l'aimer en silence. Il est beau. Il est à toi & en douceur, un sourire timide se glisse sur tes lèvres. « Hé Yasen ? Tu voudras sortir avec moi ? », un rendez-vous qui débutera vraiment votre histoire, qui signera votre commencement. Ton esprit se met en marche & tu sais déjà où l'emmener.  Tu sais déjà comment le séduire. « Mais avant, je dois dormir, mon médecin risque de ne pas être content sinon. », tu le taquines en douceur, avec délice & tendresse. Il n'y a pas de méchanceté, juste un amour simple. Tu te redresses un peu & vient caresser ses lèvres d'un dernier baiser, court, volage. « Bonne nuit toi. ».  Bonne nuit mon amour.
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But I'm only human, and I bleed when I fall down... (Maten)

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