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Here we go again ☁ Nathan

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Lena Wates
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Empire State of Mind
▌INSCRIT LE : 10/10/2010
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MessageSujet: Here we go again ☁ Nathan Dim 28 Déc - 1:16


La convalescence… Vous auriez dit ce mot il y  a quelques mois devant la demoiselle Wates, elle vous aurait certainement et simplement rit au nez. Sans le moindre doute. Après tout, cela semblait trop… Trop… Enfin, certainement pas Wates. Non, cela ne ressemblait pas du tout à Lena Wates. Cette période de rétablissement progressif semblait parfaitement bien marcher sur des personnes atteintes de certaines maladies ou victimes de certains chocs. Les psychologues de l’hôpital lui avaient d’ailleurs dit qu’une période de convalescence avait toute son utilité et que cela pourrait lui permettre d’aller mieux. Certes, la demoiselle ne remettait guère en cause la réussite de cette méthode. Mais, certainement pas sur elle. Et, sur le coup, la blondinette avait même balancé que ce n’était que des foutaises. Des illusions qui donnaient de l’espoir aux gens afin d’éviter qu’ils le perdent. Alors, ouais, sur le moment, Lena avait refusé de suivre leur programme et elle avait continué sa vie. Comme avant. Comme toujours. Comme les mois qui avaient suivis le viol. Une descente aux enfers les plus sombres où elle ne cessait jamais de plonger dans l’horreur et la noirceur. Une chute vertigineuse qui la conduisait droit au renfermement, à la folie et à la mort. Les sorties évitées, les contacts fuis, les mots tus, les dépendances augmentées… Un effondrement  extrême.

Alors, finalement, du jour au lendemain, la blonde avait fait ses valises et avait quitté New-York pour deux mois. Deux mois durant lesquels elle avait appris à revivre et à redevenir Lena Wates, la fille que tout le monde connaissait à New-York comme étant une rebelle droguée et accro au danger – peut-être que, du coup, elle était considérée comme stupide pour cela. Deux mois où elle était partie loin de la Grosse Pomme. Deux mois durant lesquels elle avait eu le temps de revoir du pays et de se sentir comme une adolescente orpheline à nouveau. Comme lorsqu’elle devait passer de familles en familles, de villes en villes. Lena avait passé quelques temps dans sa ville natale comme si cela pouvait réellement l’aider à retrouver les bases de sa vie de gosse de riche battue, délaissée, oubliée. Puis, elle avait passé du temps avec Hunter, son ex et elle avait longuement hésité à rester avec lui. Elle s’était longtemps demandé si elle devait dire oui pour s’installer avec lui et vivre une histoire exclusive. Bordel, elle aurait pu oui. Mais c’était trop compliqué, trop différent. Ce n’était pas ce qu’elle était. Non, ce ne pouvait pas être elle. Alors, la blonde avait pris la fuite vers Las Vegas pour replonger dans les délisses des soirées. Et, petit à petit, Lena était redevenue celle qu’elle était avant le viol. Les soirées redevenaient son empire, les coups d’un soir étaient une habitude, le danger la tentait à nouveau et elle se plaisait à jouer avec la mort. Et, une fois en parfaite santé, la jeune fille était de retour à New-York. Prête à agir à nouveau comme elle l’avait toujours fait. Comme Lena Wates.

Elle était donc rentrée dans cette ville qui ne dormait jamais depuis trois semaines. Et, en trois semaines, la jeune fille savait parfaitement que beaucoup de monde pouvaient être au courant de son retour. Après tout, la jeune Wates n’avait même pas cherché à se faire discrète. Bien au contraire. Elle était sortie pratiquement tous les soirs. Elle avait fini par retrouver ses habitudes dans les boites et dans les bars de la ville. Elle avait fini par retrouver son réseau. Elle avait fini par redevenir la demoiselle Wates. Le visage d’ange et l’âme de démon. En apparence, la blondinette avait l’air d’une gamine qu’on avait envie de protéger et de tirer loin de l’enfer qui semblait la consumer. Vous savez, cet enfer qui laissait des marques sur sa peau, des marques dans son organisme. Cet enfer qui lui donnait envie, chaque jour, de se rapprocher du vide et d’y sauter. Mais, c’était loin d’être Lena Wates. Parce que, ouais, dès lors qu’on la connaissait entièrement, on se rendait rapidement compte que tout était choisi. Tout était voulu. Tout était désiré et décidé par la blonde même. Certains plaidaient la folie, d’autres le fait qu’elle soit un démon venu sur terre. Mais, en vérité, la jeune fille aimait simplement cette vie. Cette descente au vers le gouffre. Cette chute qui lui plaisait et qu’elle maniait à nouveau à New-York depuis son retour.

Officieusement, plein de monde devait être au courant de son retour. Les choses ne restent jamais  secrètes suffisamment longtemps dans une ville comme la grosse pomme et avec une fille comme Lena Wates qui avait l’habitude de traîner dans les endroits mal famés où tout se savait. Officiellement, seules trois personnes étaient au courant de son retour. En première position se trouvait Ryder puisqu’elle s’était empressée d’aller le voir à peine rentrée sur le sol new-yorkais. Dimitri était également au courant grâce à un simple SMS que la blonde s’était donnée la peine d’écrire. Et, enfin, Milo savait parce qu’elle avait était le voir peu de temps après son retour. Sur ces trois personnes, seul Milo avait réagit négativement au retour soudain de la blonde. Un retour trop soudain sans doute après deux mois d’absence et de silence (mais putain, certainement pas d’abstinences pour la blonde). Quoiqu’il en soit, trop peu de personne avait officiellement appris le retour de la demoiselle. Elle n’avait pas été porter la nouvelle à grand monde. Mais, ce soir c’était différent. Tellement différent bordel. Il y avait une personne très chère à son cœur qu’elle voulait aller voir. Une personne qu’elle voulait surprendre par son retour en priant pour que sa réaction ne soit pas négative. Une personne qu’elle allait voir ce soir même alors qu’elle s’empressait de se préparer passant de sa chambre à la salle de bain. Elle avait simplement hâte de pouvoir le revoir.

Lui. Nathan Lucas Miller. Elle avait sympathisé avec lui lors de l’une de ces foutues soirées où elle se plaisait à chercher l’adrénaline en vendant son corps. Oh, je sais déjà que vous allez dire que la blonde n’est qu’une folle bonne à enfermer. Putain, ouais, quelle personne saine d’esprit irait se prostituer alors qu’elle est riche et n’a pas besoin d’argent ? Bingo, Lena Wates. Elle était simplement accro au sexe et accro au danger. Simplement elle. Puis, il y avait eu Nathan. Alors, la blonde revenait souvent dans le Bronx pour le voir et ils se coupaient du monde fumant leurs cigarettes, discutant de clients et rigolant. Ils en oubliaient le reste. Ils en oubliaient le monde et ils se confiaient. Ils s’appréciaient. Elle l’appréciait chaque jour un peu plus. Puis, il y avait eu le viol et elle avait disparu soudainement. C’était comme si une bourrasque de vent avait fait voler la feuille au loin et la feuille était incapable de revenir. Incapable de retrouver sa route pour aller se glisser aux côtés de celui qui était devenu un ami trop cher à son cœur.

Mais, elle y était retournée et les mots avaient glissé. Les confessions nocturnes avaient pris le dessus comme dans toutes ces stupides séries à l’eau de rose. La demoiselle avait confié toute son histoire du départ au jour d’aujourd’hui : la mort de sa mère, la violence de son père, le suicide de ce paternel, les familles d’accueil, la descente aux enfers, l’envie de se prostituer, le viol… Les mots s’étaient échappés de ses lèvres et Nathan n’avait pas pris la fuite en courant comme elle s’y attendait. Non. Bien au contraire. Il était devenu encore plus proche. Il était cet ami protecteur avec lequel elle pouvait rire et oublier le monde. Il était ce garçon si cher à son cœur qui faisait attention aux fréquentations de la demoiselle. Il était ce garçon précieux qui la mettait trop souvent en garde. Alors, elle était devenue un rempart aussi proposant son aide régulièrement. Et, ce soir, au-delà de la mission surprise-je-suis-de-retour-à-New-York-après-deux-mois-de-silence-et-tu-vas-peut-être-m’en-vouloir-pour-ça-mais-tant-pis, c’était également une mission sauvetage. Vêtue de son habituel short en jean, de ses chaussettes montantes, de ses bottines, d’un tee-shirt et de sa veste en cuir, la blonde s’empressa de sauter hors de son appartement et de se retrouver dans un taxi direction le Bronx. Et, elle se retrouvait rapidement dans cette ruelle se rapprochant silencieusement de Nathan qu’elle avait aperçu de dos au loin. Lena glissa ses mains sur les yeux du jeune homme et elle lui murmura à l’oreille.

Bonsoir trésor

Ce n’était qu’un surnom purement affectif. Ce n’était qu’une habitude qu’elle avait prise. Ce n’était qu’elle. Elle et lui. Lui et elle. C’était simplement eux. Retirant ses mains des yeux de son interlocuteur, la demoiselle s’empressa de sautiller pour venir se placer face à lui alors qu’un grand sourire étirait déjà son visage. Elle ressemblait sans doute trop à une enfant. Vous savez le genre de gamine surexcitée et bien trop heureuse. Le genre d’enfant qui nous fait parfois mal au cœur parce que nous sommes des adultes et nous ne pouvons plus rêver comme elle. Ouais, c’était exactement ça. Et, elle n’aurait pas dû se présenter de cette façon. Si joyeuse. Si surexcitée. Ouais, elle était putain de contente de retrouver Nathan et de se présenter à lui. Mais, bordel, elle avait été absente pendant deux mois sans donner le moindre signe de vie après un sms envoyé à tous ses contacts et qui sonnait comme un sms d’adieu. Les gens s’étaient inquiétés pour elle, d’autant plus lorsque, comme Nathan, ils tenaient à elle et l’attitude que la rebelle adoptait ne convenait pas. Notamment en sachant qu’elle pouvait à tout moment se faire hurler dessus. Etudiant le visage de son interlocuteur comme pour rechercher tout et n’importe quoi, la blonde se lança alors.

Dis-moi que je t’ai manqué

Et, elle faisait cette moue de chien battue. Exactement comme une gamine l’aurait fait. Une moue d’enfant à laquelle on ne parvenait généralement pas à résister. Vous savez, ces petites moues qui vous poussent à dire oui même lorsque vous avez envie de dire non au départ. Dans le fond, la rebelle voulait juste se rassurer et se dire qu’elle avait fait un bon choix en retournant vivre à New-York. Elle aurait très bien pu partir, commencer une vie calme et posée ailleurs avec quelqu’un qui l’aimait. Ouais, elle aurait pu. Alors, à présent qu’elle avait fait une croix sur ce futur, la blondinette cherchait une sorte de réconfort comme pour se dire que, ouais, sa place était dans cette ville. Sur ce sol. En effet, même si la demoiselle se sentait parfaitement à sa place comme si les choses étaient à nouveau normales, elle n’en restait pas moins sceptique. Avait-elle réellement bien fait de revenir ici et de continuer la descente ? Si elle n’était pas revenue, cela aurait-il réellement été un vide ? Tellement d’interrogations. Tellement de stress. D’ailleurs, pour éviter les réponses, pour éviter de se faire hurler dessus, la rebelle reprenait trop vite.

Que dirais-tu si je te kidnappais jusqu’à demain trésor ? Oh, n’allez pas imager des choses. Ce n’était pas une invitation pour coucher avec Nathan ou pour profiter de lui. C’était tout le contraire. Une invitation purement amicale avec au final de la bouffe, des discussions, des films, des jeux. C’était simplement Nathan et Lena. Sans attendre de savoir si la réponse était positive ou non, Lena annonçait déjà la couleur comme si elle espérait ainsi faire en sorte que Nathan dise oui. On pourrait s’arrêter où tu veux pour prendre ce que tu veux à manger – et sans restriction – puis aller à mon appartement histoire que tu me racontes ce que j’ai loupé ces deux derniers mois et que je te dise ce que j’ai fais aussi. Sinon, j’ai toujours des films et des jeux vidéo tu sais. Puis, tu pourras dormir à l’appartement cette nuit, même pour le petit-déjeuner si tu veux et puis voilà…

Elle parlait trop. Beaucoup trop. Et, voilà qu’elle haussait les épaules. Incertaine. Elle ne savait vraiment pas comment Nathan allait réagir. Comment il allait réellement prendre ce retour soudain, cette apparition violente. Elle ne savait pas s’il allait accepter son invitation ou préférer la laisser pourrir sur ce trottoir et aller avec un client. Elle ne savait rien et c’était trop stressant. Trop prenant aux tripes. Alors, abandonnant sa contemplation du jeune homme face à elle, la blonde baissa les yeux et glissa une cigarette entre ses lèvres. Elle alluma rapidement son bien malgré ses doigts tremblants sous le froid de l’hiver. Et, elle tirait rapidement une bouffée de sa clope en reposant ses yeux brillant d’espoir sur Nathan. Elle voulait juste passer cette soirée avec lui. Elle voulait simplement le retrouver. Et, au fond, elle voulait l’avoir en sécurité près d’elle. Elle voulait pouvoir, elle aussi, veiller sur lui après de long mois d’absence. Lena espérait simplement que son trèsor soit du même avis.
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MessageSujet: Re: Here we go again ☁ Nathan Ven 9 Jan - 7:26




❝He we go again ❞

Nathan n'avait pas beaucoup d'amis. Mais alors vraiment, vraiment pas beaucoup. Il les avait tous vu partir de sa vie les uns après les autres. Au début c'était douloureux. L'émancipation de Nathan s'était faite contre son gré. Il avait du quitter sa famille, son milieu, et ses amis avec. Son travail sur le trottoir et son nouveau statut social ne lui avait pas permit de garder d'étroits contacts avec ses amis du lycée. Il avait souvent regretté de ne pas avoir essayé de garder contact avec ces gens. Les relations humaines, ce n'était pas son point fort. Son talent, c'était la baise. Du moins si il pouvait appeler ça un talent. C'était la seule chose qu'il savait plus ou moins faire correctement. Voilà pourquoi c'était devenu son business. L'amitié, il avait du mal, l'amour, encore moins. Ce n'était pas faute d'avoir essayé pourtant. Nathan était toujours quelqu'un de jovial, à l'écoute, tendre et qui ne jugeait pas. Il avait croisé bien des personnes atypiques dans sa vie et jamais il ne s'était permit d'émettre un jugement ou de penser quelque chose de négatif des choix d'autrui. Il n'avait jamais supporté qu'on lui fasse ce genre de choses. C'était la première raison pour laquelle il avait perdu ses anciens amis. Certains ne comprenaient pas sa vie, ses choix. Il avait beau leur répéter mille fois que tout ça ressemblait plus à une immense contrainte, personne n'était réceptif à son discours. Il avait entendu bien de mauvaises paroles disant qu'il n'était pas obligé, que tout ça était par pur plaisir, par goût de l'expérience et de l'aventure. De nombreux amis aisés lui avaient prêtés de l'argent et avaient proposé de l'héberger pour le sortir de son trou, à l'époque où il venait tout juste d'entrer dans ce malheureux cycle infernal. Nathan avait un semblant d'ego. Et lorsqu'on entre dans l'âge adulte, on n'a aucune envie de dépendre d'anciens amis. Au fil des moins, des années, il avait fini par oublier tous ces gens qui composaient son cercle d'ami à une ancienne époque. Tout ceci lui paraissait excessivement loin, comme si plusieurs décennies avaient passé entre le moment où il les fréquentait encore, et aujourd'hui.

Le quartier de Nathan était un endroit très folklorique. Il avait vu passer bien du monde dans son immeuble, dans sa rue. Au début, tout avait été très difficile pour lui. S'habituer à vivre dans la misère lorsqu'on a connu le confort n'était pas chose facile. Au début, on l'avait vu comme Nathan le petit bourgeois de Manhattan, celui qui parle encore trop bien, qui est trop poli et trop snob pour s'intégrer. Il ne pouvait pas perdre ses anciennes habitudes en quelques jours. Le moment de la transition était le plus difficile. Il était devenu trop différent pour garder ses anciennes amitiés, et ne l'était pas assez pour s'entendre avec les gens de son quartier. Au début, il les avait jugé grossiers et dangereux, puis il s'y était habitué. Il avait apprit à aimer ces gens avec de lourds passés qui se retrouvaient dans la misère, exactement comme lui. Le dealer de son immeuble à première vue menaçant qui en réalité était quelqu'un de très généreux, les deux clochards qui squattaient les caves, Nathan les avait prit pour des voleurs, ils ne feraient pas de mal à une mouche. Certes, toutes les personnes dans cette ville n'étaient pas bienveillantes. Malheureusement, il avait croisé sur sa route de véritable monstres dépourvus d'humanité. Mais dans l'ensemble, ça aurait pu être pire.
Nathan n'avait pas énormément d'amis par sa faute. Il avait un mal fou à accorder sa confiance aux gens. Il ne se confiait pas facilement. Seulement une poignée de personnes connaissaient ses plus lourds secrets, et encore, il y avait énormément de choses qu'il ne disait pas. Lorsqu'il était plus jeune, il pensait innocemment que les hommes étaient naturellement agréables avec leur prochain. Il faut dire les hommes, car les femmes elles sont plus douces, plus compréhensives, du moins dans l'ensemble. Après avoir donné trop facilement son amitié à de vilains créanciers qui l'avaient mit plus bas que terre après lui avoir prêté de l'argent, Nathan s'était petit à petit refermé sur lui même. Il faisait de jolis sourires et s'efforçait d'être agréable en toutes circonstances. Jamais il ne se mêlait aux querelles de la rue. Il semblait être quelqu'un de gentil et docile, mais quelque chose était cassé en lui. Il n'était plus le gentil garçon sur qui le monde entier pouvait compter. Il n'avait pas besoin de beaucoup d'amis si la plupart étaient malhonnêtes. Seulement 2 ou 3 suffisaient tant que ceux-ci ne le descendraient jamais.

Lena Wates faisait partie de ces chanceuses filles à avoir touché Nathan. Il l'avait rencontré quelque mois auparavant sur les trottoirs. Généralement, il ne sympathisait pas trop avec les prostituées. Elles étaient trop bruyantes, trop vulgaires pour lui. Nathan n'avait jamais essayé d'attirer sa clientèle de cette manière. Il s'habillait normalement, lui ne se maquillait pas, évidemment. Il ne cherchait pas à être provoquant. Il se sentirait sali à jouer les aguicheur devant ces hommes qu'il n'aimait pas. Lena semblait différente. Il se souvenait de la première fois qu'il l'avait vu. Il l'avait trouvé étonnement jolie, son visage était tendre et doux. Il ne trouvait pas souvent les filles si belles, mais celle-ci avait attiré son regard. Elle semblait différentes des autres. Déjà, il ne l'avait jamais vu dans le coin, et c'était plutôt étrange de voir quelqu'un débarquer sur un nouveau ''territoire'' et se sentir si à l'aise en abattant les clients. Il se souvint l'avoir observé toute la soirée, en oubliant même son propre boulot. Nathan ne s'entendait pas toujours très bien avec les prostituées. Le pire, c'était avec les autres hommes comme lui. Il y avait une drôle de concurrence. Leur corps était de la réelle marchandise, et c'était à qui réussira à vendre le mieux, et au meilleur prix. Nathan ne s'en sortait pas trop mal à ce niveau la. Il voyait des clients réguliers et réussissait à charmer par son air angélique et son corps d'adolescent. Lena avait immédiatement était avenante avec lui. Au début, il la voyait un peu comme un alien. Elle se prostituait pour le goût du danger apparemment, pour braver l'interdit et les expériences sexuelles. Nathan avait toujours vu ça comme une véritable torture et avait du mal à penser que quelqu'un dans ce monde aille vraiment sur le trottoir en espérant y trouver du plaisir. Puis finalement, il avait comprit. Ils avaient longuement discuté tous les deux. Au début, c'était timide, puis ils avaient commencé à rire, et à se confier un peu. Nathan adorait fumer quelques clopes avec elle après le boulot et lui raconter quelques anecdotes croustillantes. Elle aimait jouer avec le feu. Lena était une véritable étincelle, elle illuminait le monde de tous ceux qui l'approchaient. Nathan qui portait dans son regard une tristesse constante se sentait enfin bien lorsque la blonde était à ses côtés, ses yeux brillaient un peu plus et il pouvait enfin se détendre. Elle cherchait le danger, Lena faisait partie de ce genre de gens qui ont besoin de vivre dans une action constante pour se sentir exister. Nathan n'était pas comme elle, lui aurait signé sans problème pour passer une vie paisible sans aucun événement sortant de l'ordinaire. Et pourtant, il la comprenait et ne la jugeait pas une seconde. C'était son amie, une de ses plus sincères et il tenait énormément à elle. Nathan n'était pas protecteur naturellement, c'était plutôt lui qu'on devait protéger. Il attendait toujours un homme qui pourrait prendre soin de lui. Pourtant, il avait ressenti le besoin de s'occuper de Lena. Elle ressemblait à une gamine, une gosse un peu excitée qui n'a pas peur de prendre des risques. Un jour il se sentait comme son grand-frère, le lendemain comme son petit.

Et puis un jour, elle lui avait tout raconté. Nathan se doutait bien que derrière ce feu d'artifice qu'elle représentait à ses yeux se cachait quelque chose de dur et de profond. Mais il n'imaginait pas son passé difficile à ce point. Durant son discours, il s'était senti pitoyable. Cette fille pleine de vie arrivait à donner de l'amour et de la joie autour d'elle malgré ses malheurs. Nathan lui s'apitoyait pour beaucoup moins. Certes, ce n'était pas rien, mais elle lui avait apprit à un peu relativiser. Tout le monde peut se relever un jour. Sa vie familiale était réellement terrible. Elle avait été livrée à elle même, et pour une fille partie avec de si gros problèmes dans son enfance et dans son adolescente, elle avait réussi à remonter la pente. Nathan l'admirait. Lui regardait bien trop souvent son propre nombril et avait été longtemps persuadé que sa vie était sûrement la pire de tous les habitants de New-York, il se trompait énormément. Il avait essayé de trouver les bons mots pour la réconforter, pour lui faire oublier son viol, pour la flatter et la valoriser. Il comprenait tout à fait la douleur que l'on pouvait ressentir après être autant sali. On avait abusé de lui, lorsqu'il était plus jeune. Il s'en rappelait à peine. A l'époque, Nathan se droguait énormément. La vie qu'il vivait était dans un perpétuel brouillard, ainsi, il se souvenait à peine de ce qu'il lui était arrivé. Ce n'était pas plus mal, la convalescence avait été plus rapide pour lui que pour Lena. Jamais il n'avait mentionné cette histoire, il avait préféré écouter la sienne. Son viol remontait à un long moment maintenant, et les souvenirs qu'il en avait étaient flous. Il avait un peu parlé lui aussi. De son ex petit ami, de ses premières fois avec des clients, de sa famille aussi. Nathan avait comme effacé cette partie de sa vie de sa mémoire. Il en parlait extrêmement peu. Cela lui laissait un souvenir dur et amer dans la poitrine, il préférait éviter cette affreuse sensation de manque, et de regret.

Et puis un jour, plus rien. Elle avait disparue comme si elle n'avait jamais existé. Elle venait de s'enfuir de sa vie aussi vite qu'elle était entrée, avec pour seul message un sms que Nathan avait interprété comme un adieu. Il avait parlé à quelques amis de Lena qu'il connaissait plus ou moins, tous avaient reçu la même chose, et depuis, aucune nouvelles. Les jours passèrent, puis les semaines. Le brun était quelqu'un de pessimiste. Il était certain qu'il lui était arrivé quelque chose, tentative de suicide, quelque chose dans le genre. Il savait qu'elle allait mal. Tout était de sa faute. Nathan vivait maintenant dans la culpabilité de n'avoir rien pu faire de plus pour aider son amie en détresse. Elle n'était plus à New-York, où pouvait-elle se cacher ? Elle n'avait pas vraiment de famille, tout était flou. Il avait passé des heures à réfléchir, à passer des coups de fil. Au bout de quelques semaines, ses recherches étaient définitivement vaines, et il décida de reprendre le cours de sa vie en faisant le deuil de son amie. Sur le tabouret bancal qui lui servait de table de chevet, à côté d'une photo de lui et sa famille, il avait déposé une jolie photo de Lena et lui qu'il aimait bien. Nathan était quelqu'un de très angoissé, il avait toujours fait des cauchemars plus ou moins violents, depuis sa disparition, la blonde hantait ses nuits. Il ne pouvait pas l'oublier, ni faire comme si rien ne s'était passé.

Puis sa situation avait empiré. On avait à nouveau abusé de lui, des mecs l'avaient attendus à l'entrée de son immeuble pour lui faire la peau à cause d'une affaire d'argent. Lena était devenue un ancien souvenir qu'il gardait bien au chaud quelque part dans son cœur. Lorsqu'il pensait à elle, il avait une boule désagréable dans la gorge. Elle lui manquait. Il aurait aimé qu'elle soit à ses côtés après son viol. Elle aurait voulu en parler à quelqu'un qui comprenait. Il était certain qu'elle aurait tout fait pour qu'il se sente mieux, qu'ils auraient bu et manger ensemble quasiment tous les soirs, qu'elle aurait assez généreuse pour lui dépanner d'une centaine de dollars à rendre à ses créanciers. Malheureusement, elle n'était plus la. Et ce soir encore, il arpentait son petit bout de trottoir à la recherche de quelques dollars.

Il faisait froid cette nuit, et Nathan avait cette manie de bouger sans cesse pour essayer de se réchauffer un minimum. Certaines filles se baladaient avec des shorts et de gros décolletés pour essayer d'attirer la clientèle, Nathan les respectait, parce que lui, derrière son gros sweat, il crevait de froid. Il avait déjà couché avec deux clients ce soir, il espérait en faire un peu plus. Il sentit soudainement deux mains sur ses yeux et sursauta. Il pouvait sentir l'odeur assez familière de la personne, sans réussir à savoir à qui il avait à faire. Les mains étaient fines, ce n'étaient sûrement pas celles d'un homme. Lorsque la voix l'appela par un surnom bien familier, son cœur s'accéléra très brusquement. Lena. Il n'y avait pas de doutes. Il n'y avait qu'elle pour l'appeler ainsi. Il n'eut pas le temps de bouger que la blonde venait déjà de débarquer devant lui comme une gamine excitée. Nathan était tout bonnement perdu. Il ne savait pas comment réagir, la serrer dans ses bras ? La réprimander ? La chasser ? Il n'en savait rien. L'abandon était un sentiment honteux et cruel. Elle lui avait fait subir quelque chose de très dur, et revenait comme une fleur. Et en plus, elle avait le culot de lui demander si elle lui avait manqué. Du Lena tout craché. Il s’apprêtait à lui crier dessus mais lorsqu'il vit sa petite moue, il n'eut pas le courage et poussa un long soupir d'agacement. Décidément, cette fille lui faisait perdre la tête.

« Bien sur que tu m'as manqué idiote. C'est pour ça que je t'en veux. »

Nathan était incapable de hausser le ton. Il ne s'énervait jamais, ou alors le faisait silencieusement. Pourtant, il ne laissait pas son amie se tirer comme ça. Il avait besoin d'une longue explication pour justifier son acte. Il ne pouvait pas effacer si vite ces longs mois d'inquiétude et de peur. Il ne lui voulait pas totalement. Il s'attendait sûrement à ce qu'elle soit parti se ressourcer dans un endroit calme pour faire le point, et s'efforcer d'oublier ses mésaventures. Par contre, il serait très en colère si il apprenait qu'elle avait passé deux mois à faire la bringue sans se soucier de ses amis inquiets.

« Tu sais qu'on s'est tous fait un sang d'encre ici ! T'aurais au moins pu me laisser un sms du style : coucou, je ne sais pas trop quand je reviendrai mais je vais bien, t'inquiète »

Elle avait la tête d'une gamine peureuse, elle se cachait presque derrière la cigarette qu'elle venait d'allumer. Il soupira une dernière fois avant de s'avancer vers elle et de la serrer entre ses petits bras. Nathan n'était vraiment pas grand et n'était pas l'homme idéal aux bras musclés qui rassure par son côté sécurisant, mais il la serrait très fort, humant son odeur qu'il connaissait si bien. Il ne pouvait pas refuser sa proposition. Il avait beau lui en vouloir un peu, intérieurement, il était soulagé, et joyeux de la retrouver.

« On a qu'à aller dans un fast-food en plus, je meurs de faim. On prend un max de trucs et on se cale devant un bon film histoire que tu me racontes tout. J'imagine qu'il a du t'arriver encore pleins de choses. »

Il ne se fit pas prier pour quitter sur le champ son trottoir. Il mit son sac à dos sur ses épaules, attrapa la main de Lena et la tira plus loin d'ici. Il aimait bien son appartement, il le trouvait confortable et chaleureux grâce à la présence de son amie. Il ne pensait vraiment pas pouvoir retrouver les soirées qu'il avait passé avec elle à geeker ou à parler de diverses choses en regardant le plafond de son appart'. C'était le bon vieux temps, il espérait qu'elle ne reparte plus jamais.

« T'as loupé quelques trucs effectivement. Que des mauvaises choses, mais je n'ai pas envie de te bassiner immédiatement avec mes histoires tristes. Au fait, demain je ne dois pas rentrer trop tard car je viens d'adopter un chaton, il a assez peur d'être seul et je dois le nourrir tous les matins. »

Nathan était très tendre avec son animal de compagnie, peut être trop. Il dépensait de l'argent pour lui acheter les croquettes les plus chères, lorsqu'il l'avait trouvé, il était maigre et perdait ses poils, maintenant c'est un petit animal plein de vie qui est en pleine santé. En marchant, il ébouriffa les cheveux de Lena comme il avait souvent fait avant. Elle n'avait pas beaucoup changé physiquement. Nathan lui avait maigrit en deux mois, il espérait qu'elle ne le remarque pas. Il prit la cigarette qu'elle avait entre les lèvres pour tirer dessus.

« Alors, raconte moi où tu as bien pu te fourrer pendant deux mois. Tu avais besoin d'être seule ? T'étais chez un ami ? T'as trouvé un mec ? Je veux être le premier au courant. »

Il se doutait bien qu'il n'était pas le premier au courant, mais il était persuadé que sa disparition cachait des potins croustillants.
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Lena Wates
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MessageSujet: Re: Here we go again ☁ Nathan Sam 17 Jan - 1:07

Stop… C’était exactement ce qui s’était passé ces derniers mois. Comme si la blonde s’était retrouvée à un croisement et que l’horreur s’était arrêtée à ce stop alors qu’elle continuait sa route. Quelques morceaux demeuraient accrochés à elle. Quelques fumées demeuraient toujours en elle, sur elle. Mais, ce n’était plus comme avant. Ce n’était plus si douloureux, plus si malheureux. À présent, Lena pouvait faire semblant de nouveau. Elle pouvait agir comme elle avait toujours agit à son arrivée à New-York. Elle pouvait utiliser cette fichue image qu’elle renvoyait d’elle pour masquer aux yeux des autres toutes les cicatrices ouvertes de son être. Foutues conneries. Pouvait-on réellement garder secret l’horreur qui nous martyrisait jour après jour ? Sans doute pas. Pas pour toujours en tout cas. Pourtant, la jeune Wates faisait de nouveau semblant devant toutes ces personnes. La chute n’était plus vertigineuse et elle ne lui glaçait plus les os. Le viol n’était plus aussi présent dans sa tête et ses réactions. Et, bordel, la descente aux enfers était devenue de nouveau fortement agréable. Oh oui. Le pied absolu. En rentrant à New-York, la jeune fille avait d’ailleurs eu l’envie de se précipiter à l’hôpital pour serrer dans ses bras le psychologue qu’elle était obligée de voir juste pour lui dire que la convalescence avait marché. Cependant, ce n’était guère quelque chose qu’elle ferait et pour deux raisons : il était hors de question qu’elle s’approche de près d’un psychologue plus que de raison et il était absolument impensable qu’elle avoue qu’elle avait eu tort de dire que ce n’était que des foutaises. Après tout, la convalescence de deux mois de la rebelle n’avait sans doute rien à voir avec la convalescence dont les psychologues parlaient. Oh non, certainement pas. La convalescence de Lena était presque devenue un jeu, une course vers l’enfer. Et, les psychologues faisaient tout pour sortir les autres de ces feux dévorants. Ce n’était pas la même chose. Ce n’était jamais la même histoire.

New-York était redevenu le terrain de jeu de la blondinette. C’était redevenu sa terre et officieusement le retour de la blondinette avait dû faire les grands titres. Elle imaginait sans mal les dealers se passer rapidement le mot de son retour. Peut-être même que son violeur entendrait ce mot et peut-être qu’il reviendrait terminer la tâche en se rendant compte que cela n’avait pas marché la première fois et que la vengeance n’était pas assez prise. Peut-être… Dans tous les cas, la rebelle préférait ne pas y penser. Elle préférait vaquer à cette vie sans se préoccuper de rien. Juste vivre et glisser comme elle aimait. New-York était et demeurait à jamais son terrain de jeu. Les pièces de l’échiquier avait été remises en place. Toutes sans faute et la reine qu’elle était demeuraient enfin prête à recommencer sa partie contre la vie. Tenter de gagner cette foutue partie sans se faire mettre en échec et mat trop rapidement, trop réellement. Cela faisait trois foutues semaines que la blonde était là et les pièces demeuraient toutes en place. Inébranlables. Parfaites. Lena glissait et elle choisissait. Elle usait les pions comme elle voulait. Elle les déplaçait. Elle les utilisait. Elle les piégeait. Et, parfois, si c’était nécessaire, elle les écrasait. Et, dans un jeu, il y avait toujours besoin d’allier. Il y avait toujours besoin d’avoir des personnes sur qui on pouvait compter. Vous savez le genre de personnes qui pourraient toujours venir à la rescousse si le SOS parvenait à leurs oreilles. Le type de personnes bien trop rare dans la vie de la demoiselle puisque ce genre se comptait sur les doigts d’une main. Ryder était le premier de la liste et il y avait une autre personne. Sur le coup, cela semblait être tout. Sur le coup, la blonde ne pensait qu’à deux noms. Deux personnes dont une qui n’était pas encore au courant de son retour : Nathan. Son Nathan. Celui qu’elle allait voir actuellement.

Nathan, Nathan, Nathan… Il n’y en avait pas deux comme lui. Non, ça n’existait pas quelqu’un comme Nathan Lucas Miller. Il était unique et la blonde était simplement trop heureuse de pouvoir dire qu’il faisait parti de sa vie et de sa liste privilégiée d’amis. Elle était putain de fière à l’idée de le dire alors que tant d’autres auraient plutôt cherché à masquer cela. Après tout, Nathan était un prostitué et ce n’était pas le genre de personnes qu’on se vantait d’avoir dans ses relations. Non, les autres préféraient mettre en avant les points forts tels que les amis célèbres ou riches qui pouvaient réellement avoir une influence sur leur vie. C’était sans doute là où ils se trompaient tous. Ils pensaient que les célébrités ou les riches pouvaient influencer. Ok, c’était vrai et possible dans certaines situations. Après tout, la demoiselle Wates était issue d’une riche famille et elle connaissait toutes ces petites magouilles sous la vie de princesse. Mais, ces gens-là pensaient que des personnes comme Nathan ne pouvaient rien faire. Et, bordel, ils se trompaient complètement. Nathan était cet ami trop cher. Cet ami protecteur et bien trop précieux dans la vie de Lena. Il était cet ami dont elle aimait être le rempart. Il était ce trésor que les gens ne regardaient pas parce qu’il ne brillait pas autant que les riches et les célèbres. Mais, putain, Nathan avait bien plus de valeur que ces fausses personnes. Avec Nathan, la blonde pouvait se permettre de rire et d’oublier le monde. Avec lui, elle se sentait en vie et elle se sentait bien. Alors, quand elle se retrouvait là derrière lui, la rebelle avait simplement envie de replonger dans leur monde comme si ces derniers mois n’avaient pas existé. Elle voulait simplement faire comme s’ils s’étaient encore vu la veille et que Lena n’avait pas disparu. Alors, elle agissait comme tel glissant ses mains sur les yeux de son trèsor et balançant un surnom affectif en guise de salut. Et, elle venait rapidement se placer devant lui comme une gamine surexcitée avec un grand sourire et une moue adorable d’enfant irrésistible qui attendait d’entendre le jeune homme lui dire qu’elle lui avait manqué. Cependant, vu la tête que tirait Nathan, Lena hésitait. Il allait sans doute lui crier dessus lui aussi. Et, lorsqu’il soupira d’agacement, la rebelle souriait parce qu’elle avait gagné en un sens. Il n’y aurait pas de cris, pas de colère et cela même s’il lui en voulait. D’ailleurs, Nathan ne tardait pas à confirmer les pensées de la blonde. Bien sûr qu’elle lui avait manqué, idiote. C’était pour cela qu’il lui en voulait. Se mordant la lèvre, la jeune fille hésita un instant quant au comportement à adopter. Et, finalement, elle murmurait simplement.

Désolée… Tu m’as manqué aussi trésor…

Ce n’était qu’un murmure léger comme si elle n’osait pas réellement dire quelque chose de plus, comme si soudainement l’étincelle ne brillait plus autant. C’était comme si soudainement, le vent soufflait et qu’elle avait du mal à rester allumée. Nathan était ce vent doux et agréable qui soufflait sur elle. Et, c’était sans doute pour cela qu’elle ne lui en voulait même pas. Alors, la blonde se contentait de garder les yeux baissés et de triturer ses mains. On aurait facilement pu la comparer à une enfant qui venait de se faire gronder. Après tout, la différence ne devait pas être énorme si ce n’était la taille. Elle n’était qu’une petite gamine et elle cherchait alors à éviter de subir plus de reproches en évitant de laisser la place au silence. Elle parlait d’un kidnappage de son trésor jusqu’au lendemain et même si cela aurait pu sonner comme une invitation peu catholique aux yeux des personnes autour d’eux, c’était bien loin d’être ça. C’était une invitation purement amicale ou peut-être plus qu’amicale. Après tout, l’amitié qui liait Lena et Nathan était sans aucun doute au dessus de toute amitié normale. C’était juste eux. Nathan et Lena. Lena et Nathan. Au fond, au lieu de parler d’amitié, on pouvait tout aussi bien parler de Lethan – un mix sans doute un peu étrange de leurs deux prénoms tout comme l’était leur histoire. Elle lui proposait de s’arrêter pour prendre à manger – parce qu’il était hors de question que la blonde cuisine quelque chose à moins que mettre le feu à l’appartement devienne une occupation pour la soirée – avant d’aller se poser dans l’appartement de la jeune fille. C’était pour raconter les derniers potins, partager tout ce qu’ils avaient loupé. C’était aussi pour se retrouver devant des films ou des jeux vidéo pour oublier la vie merdique qui les entourait constamment. Et, la rebelle parlait trop. Elle allait encore plus loin proposant au jeune prostitué de dormir chez elle et d’avoir en prime le petit déjeuner. Lena finissait par se planquer derrière une cigarette qu’elle glissait entre ses lèvres. Elle n’était qu’une gamine peureuse et incertaine de la réaction de son ami. Incertaine des mots qui allaient suivre. Elle voulait simplement avoir Nathan près d’elle et en sécurité pour le temps d’un instant. Les yeux de la rebelle brillaient d’espoir. Une flamme rapidement éteinte lorsque Nathan avoua qu’ils s’étaient tous fait un sang d’encre ici et qu’elle aurait au moins pu lui laisser un sms pour le rassurer sur son état même si elle ne savait pas quand elle revenait. La blonde haussa les épaules. Elle regardait uniquement ses pieds à présent et n’osait pas réellement relever les yeux. Petite enfant blonde qui tentait de se justifier.

Je… Merde… J’suis désolée hein… J’voulais pas inquiéter qui que ce soit tu sais, mais c’était… Mmh… Euh… Ouais, ça semblait plus simple comme ça ? Sa voix sonnait comme une réelle interrogation, comme si elle n’était même pas certaine des mots qu’elle prononçait. Cela sonnait comme si elle demandait à Nathan de réellement définir la chose parce qu’elle en était purement incapable. Mais, dans le fond, la voix de la jeune droguée était recélante de mensonges et de petits secrets bien cachés. Elle ne disait pas, elle n’osait peut-être pas tout dire dans le fond. Cela ne plairait pas à Nathan et ce fut sans doute cela qui la poussa à se reprendre et à écarter les feuilles pour laisser la vérité glisser entre ses lèvres. Lever le voile sur l’histoire et la réalité même lorsque celle-ci était merdique. À vrai dire, je ne pouvais pas envoyer ce genre de sms… Même à toi trésor. Et, ce n’était pas uniquement parce que j’avais balancé mon portable dans une poubelle… Mmh… Euh… J’étais pas certaine de revenir un jour Nathan… Je n’étais pas certaine de ce que j’allais réellement faire en disparaissant… J’savais pas si j’allais tenter de m’en sortir ou juste me jeter dans le vide… Alors, ouais, couper tout contact si violemment semblait mieux ? J’en sais rien. Sans doute ouais. Je n’allais pas bien et c’était plus simple d’agir ainsi.

Lena haussait les épaules. Incertaine. Perdue. À vrai dire, elle ne pensait pas réellement se confier et elle n’avait même pas dit ces mots à Ryder qui demeurait pourtant l’homme dont elle était le plus proche. La confession avait glissé entre ses lèvres et elle n’avait pas quitté le sol des yeux comme si prononcer ces mots coûtaient réellement à la blonde. Et, dans le fond, c’était le cas. Cela lui demandait de tout avouer, de réellement dire les choses comme elle les avait vécu. Comme elle les avait pensés. C’était douloureux aussi de se souvenir. Se rappeler de cette détresse et de cette ignorance qui la possédaient deux mois auparavant. La blonde fut cependant tirée de ses pensées lorsqu’il y eut du mouvement près d’elle. Elle relevait automatiquement les yeux. Réflexe de la fille qui aimait se battre sans doute. Mais, ce n’était que Nathan qui s’approchait d’elle. Ce n’était que lui et elle. Lorsque Nathan s’avança vers elle, la rebelle n’eut même pas de recul. Quelques mois auparavant, avant cette foutue convalescence, nuls doutes que la blondinette aurait eu un recul. Sans doute pas aussi violent que s’il s’agissait d’un inconnu, mais cela aurait eu lieu comme un pas incertain en arrière. Là, maintenant, il n’y avait rien. Elle ne bougeait pas et elle acceptait ce contact. Elle se retrouvait dans les bras de Nathan. Dans les bras de son trésor et c’était comme si elle était enfermée dans ce coffre fort elle aussi. C’était comme si elle se retrouvait dans une bulle protectrice et tellement agréable. Une bulle où elle avait sa place. C’était sécurisant. C’était réel. Et, le parfum de Nathan emplissait ses narines très agréablement. Trop agréablement. Alors, la blonde ne pouvait s’empêcher de sourire et de se sentir bien. Son cœur battait à nouveau régulièrement. Elle respirait si bien. Elle se sentait simplement humaine. Alors, lorsqu’il annonça un programme avec un achat au fast-food, une envie de manger et d’aller se caler devant un bon film pour tout se raconter, la rebelle était à sa place. Plus qu’heureuse. Nathan glissait son sac sur ses épaules et il tirait déjà la blonde par la main. Blonde qui acquiesçait à l’idée d’avoir plein de choses à raconter. Blonde qui se laissait guider et qui répondait.

Direction le fast-food alors. Tu prends tout ce qui te fait envie trésor, c’est moi qui invite pour me faire en partie pardonner de mon absence. Puis, après, tu auras l’honneur d’entendre le récit des trépignantes aventures de Lena Wates. Offrant un sourire au jeune homme à ses côtés, la rebelle reprenait le contrôle de la situation. Elle redevenait cette enfant un peu trop folle et un peu trop gamine sans doute. Ouais, la blonde était aux côtés de Nathan et après les derniers mots qu’elle venait de prononcer, elle n’avait pu s’empêcher de se lancer dans une tentative de générique. Vous savez, un mélange entre tous les génériques de séries ou de films comme pour donner vie à son propre générique pour sa propre émission. Et, lorsqu’elle en eut passé une dizaine (passant des Simpson à MacGyver, d’Alerte à Malibu à Ghost Buster, de l’Agence Tous Risques à Indiana Jones), la rebelle cessa enfin ses gamineries et elle redevint tout à coup sérieuse en demandant. Tu as besoin qu’on s’arrête à une pharmacie avant de rentrer ou tout va bien ?

La blonde s’était carrément arrêtée de marcher et arrêter de faire l’idiote. C’était fou de voir qu’elle pouvait passer de l’état de gamine absolue à celui d’adulte trop responsable en un quart de seconde. La jeune fille posait son regard sur Nathan et elle n’hésitait pas à le détailler comme à la recherche du moindre indice. Elle savait à quel point les choses pouvaient mal tourner lorsqu’on se prostituait. Elle savait à quel point on pouvait se retrouver blesser parfois. Alors, soudainement, la blondinette endossait le rôle de la grande sœur parce qu’elle avait été absente durant deux foutus mois et qu’elle avait à présent peur pour son trésor. Peur que quelqu’un l’ait abîmé. Peur que quelqu’un lui ait fait du mal. Une fois l’examen terminé (et après avoir rapidement noté qu’il avait entre autre maigrit), la blonde se concentra sur les propos suivants de son ami. Elle avait loupé quelques trucs. Que des mauvaises choses. Malgré elle, son ventre se tordait d’effroi et elle avait envie de vomir. Elle n’avait même plus faim alors que la bille de culpabilité remontait le long de sa gorge. Nathan ne sembla pas le remarquer puisqu’il continuait avançant qu’il ne voulait pas la bassiner avec ses histoires tristes immédiatement. Et, il agissait comme elle. Il s’empressait de détourner la conversation vers un autre sujet. Il s’empressait, comme elle, de lancer autre chose. Une autre brèche pour ne pas sombrer dans le noir. Il ne devait pas rentrer tard le lendemain parce qu’il venait d’adopter un chaton qui avait peur d’être seul et qu’il devait nourrir tous les matins. Lena fronça un instant les sourcils devant cette soudaine nouvelle, mais elle se dérida lorsque son trésor lui ébouriffa les cheveux. Il lui piquait sa clope et elle ne protestait pas. Toujours trop sérieuse. Toujours trop grande sœur.

Je ne lâcherais pas l’affaire Nathan pour savoir tout ces trucs tu le sais. Tu ne veux pas en parler maintenant et c’est ok, mais je n’oublie pas et je saurais au courant. D’autant plus que tu as perdu du poids… Petit pique de rappel du genre « tu sais, j’ai beau apparaître comme une gamine insouciante et un peu trop folle, je fais réellement attention à toi et je vois toutes ces choses et je ne te laisserais pas tout seul ». Ouais, c’était un peu cela dans le fond. C’était pour lui dire qu’elle était là pour lui. C’était pour lui rappeler qu’elle n’était pas aveugle. C’était pour lui signaler qu’elle ne le laisserait pas sombrer seul dans l’horreur. Cependant, elle était prête à le laisser respirer autant qu’il le désirait et il se confierait quand il le voudrait. Alors, la blonde plongeait dans la brèche offerte. Cette foutue échappatoire. Est-ce que tu veux qu’on passe le chercher avant d’aller chez moi ? Comme ça, tu pourras rester plus longtemps demain et je pourrais avoir l’honneur de rencontrer cette boule de poil. D’ailleurs c’est quoi son petit nom ?

Cela ne dérangerait guère la blonde de ramener le chaton chez elle. Au contraire. La jeune Wates n’avait jamais réellement eu l’occasion de cohabiter avec des animaux. Son père était totalement contre et ce n’était certainement pas dans les familles d’accueil qu’elle avait eu le temps d’apprendre à les connaître ou à réellement se placer face à eux. Une fois à New-York, la blonde avait toujours pensé qu’elle n’était pas assez responsable, pas assez maîtresse d’elle-même pour avoir un animal chez elle. Après tout, elle oubliait parfois de se nourrir elle-même alors penser à donner à manger à quelqu’un d’autre n’était sans doute pas envisageable. Pourtant, la présence d’un animal ne la dérangeait jamais. Elle aimait bien et c’était sans doute pour cette raison qu’elle n’avait pas hésité à faire cette proposition à Nathan. Après tout, dès lors que le jeune homme serait chez elle, elle serait rassurée et elle n’aurait sans doute pas envie de le voir disparaître dans la nature. Alors, si accepter le chaton chez elle lui permettait d’avoir Nathan quelques heures de plus, c’était toujours à prendre. Toujours en route vers le fast-food, Nathan repris la parole. Il lui demandait enfin le récit. Où avait-elle pu se fourrer pendant deux mois. Avait-elle besoin d’être seule ? Etait-elle chez un ami ? Avait-elle trouvé un mec ? Il voulait être le premier au courant. Un sourire glissa sur les lèvres de la blondinette.

Je te fais un immense honneur trésor puisque tu seras la seconde personne – et sans doute la dernière – au courant de mes aventures.

Reprenant sa cigarette, la blonde tira une longue bouffée avant de retendre le bien à son interlocuteur. Cela semblait juste normal. C’était simplement naturel. C’était juste comme avant. Ils avaient beau avoir la possibilité d’avoir une cigarette chacun, c’était toujours plus agréable de s’en partager une. Nathan aurait peut-être aimé être le premier au courant de tout. Il aurait sans doute apprécié la situation et la blondinette aurait très bien pu lui mentir en lui disant qu’il était le premier à savoir. Cependant, ce n’était pas son genre et elle préférait amplement balancer la vérité. Puis, merde, la place de second était fichtrement importante tout de même. Après tout, comme elle l’avait dit, la jeune fille ne pensait pas divulguer cette histoire de disparition en détail à un grand nombre. Ryder et Nathan seraient sans doute les deux seuls privilégiés. Comme souvent. Comme toujours. Lena hésita un instant, se mordant la lèvre, se rapprochant inconsciemment de Nathan avant de commencer.

J’suis d’abord allée à Greenville… J’sais pas ce que j’espérais trouver là-bas dans le fond, peut-être me sentir à nouveau comme la gamine Wates que j’étais, peut-être pour retrouver mon ancien moi… La blonde haussa les épaules comme pour dire qu’elle-même ne savait pas réellement ce qu’elle avait été cherché là-bas. Sur le coup, lorsque la convalescence s’était imposée à elle, c’était l’idée qu’elle avait eu de cette connerie. Retourner sur les traces de son passé. C’était d’ailleurs sans doute ce chemin que les psychologues conseillaient et ce chemin qui n’avait pas réellement marché chez elle puisqu’elle continua. J’avais besoin d’être seule, mais je ne suis pas restée longtemps dans ma ville natale et j’ai fini chez Hunter… Le prénom avait été presque trop murmuré comme une honte. Comme un secret. Après tout, Nathan connaissait son histoire avec Hunter et il devait bel et bien haïr ce mec. Ce mec qui avait si souvent brisé le cœur de la blonde, ce mec qui avait fini par quitter New-York en détruisant Lena encore plus. Se raclant la gorge, la rebelle reprit. Il…. Mmh… Hunter m’a proposé une belle et réelle histoire exclusive… J’ai passé un peu de temps avec lui, chez lui… Tu sais comme… Enfin ensemble quoi… Le mot de « couple » n’avait pas réussit à glisser entre les lèvres de la rebelle comme si elle ne pouvait pas réellement se résigner à cette réalité, à ce qu’elle avait vécu quelques semaines. Pourtant, c’était ce qui les avait définis le mieux pendant quelques temps. Hunter et Lena. Lena et Hunter. Un couple au passé sans doute. Un couple sans réel fin puisque Lena avait fini par se barrer comme ça, en silence, en secret. D’ailleurs, elle n’hésitait pas à l’avouer. J’ai fini par fuir et je me suis envolée à Las Vegas… J’ai fais la bringue, je suis redevenue moi… Enfin je suppose avec les soirées, les coups d’un soir, le danger et toutes ces choses… Puis, j’suis revenue ici…

Elle ne précisait pas clairement la mort, mais c’était suffisamment sous-entendu. Après tout, Nathan la connaissait et il devait savoir toutes ces choses qui définissaient ce qu’elle était. L’histoire avait glissé entre ses lèvres. Rapide et très bref résumé de ces deux derniers mois comme si la rebelle ne voulait pas réellement en parler, comme si elle ne voulait pas s’étendre sur cette absence qu’elle avait provoquée. Surtout que, putain, les derniers mots qu’elle prononçait, les derniers aveux qu’elle balançait n’était certainement pas bon pour elle. La blonde faisait la bringue à Las Vegas laissant tout le monde sans nouvelles alors qu’à New-York, les gens s’inquiétaient. Nathan s’inquiétait. La jeune fille avait soudainement peur que le prostitué lui crie dessus ou s’enfuit. Alors, elle obligea Nathan à s’arrêter et là, en plein milieu de la rue, elle vint simplement se blottir dans les bras du jeune homme. Nichant sa tête dans le cou du beau brun, Lena murmura alors : Bordel, tu m’as manqué trésor et j’suis vraiment désolée d’être partie comme ça et de t’avoir laissé. Foutue culpabilité.
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MessageSujet: Re: Here we go again ☁ Nathan Dim 1 Fév - 17:24




❝He we go again ❞

N'importe qui pouvait remonter la pente. Nathan en était intimement persuadé. Il fallait juste du temps, du courage, et des amis. Selon lui, il était impossible de se sortir seul de sa dépression. Il fallait forcément quelqu'un à un moment ou un autre, pour nous pousser vers le haut. A l'inverse, certaines personnes peuvent nous tirer profondément vers le bas, il est très important de choisir correctement ses amis. Beaucoup jouent la carte de l'hypocrisie, c'est tellement simple d'aider quelqu'un à aller mieux, pour ensuite le mettre plus bas que terre. Voilà pourquoi Nathan n'avait pas énormément de relations, et pourquoi l'amour, il n'y pensait pas. Il n'y avait rien de pire que d'être trahi, ou de tomber après avoir connu un bonheur sans faille. La convalescence était quelque chose de très compliqué, de très difficile à surmonter seul. Les gens ont tendances à se renfermer, à refuser toute aide par orgueil, ou simplement parce qu'ils ne sont pas près. La vie est une question de timing. Tout peut fonctionner, seulement si les conditions sont bonnes en temps et en heures. Lena avait prit du temps, et avait d'abord refusé tout aide, mais elle avait réussi. Il avait foi en elle, et en son mental de battante, elle ne laissait jamais tomber, elle se relevait, et il avait presque envie de l'applaudir pour ça, c'était véritablement admiratif qu'il la retrouvait, toujours aussi jolie, et pleine de vie. Nathan se sentait tout de même un peu inutile. C'était pour ça qu'il avait toujours le départ de Lena en travers de la gorge, et qu'il allait l'avoir un moment. Il aurait aimé être présent pour elle, lui parler, essayer de trouver les bons mots. Il n'était pas particulièrement doué pour ça, mais lorsqu'il essayait, c'était toujours touchant. Maladroit et parfois incohérent, mais touchant. Nathan n'était pas fait pour les déclarations d'amour, ni même les longs messages de soutien. Il avait du mal, selon lui, tout avait un goût d'hypocrisie, du moins dans la plupart des relations, pas dans celle de lui et Lena. Il avait vu si souvent ses amis partir, le quitter alors que quelques mois auparavant, il recevait de magnifique messages amicaux. Nathan n'aimait pas avoir besoin de mettre des mots sur ce qu'il ressentait, cela se sentait. Il n'était pas bête, ni timide avec elle, il se décoinçait quelque peu. Elle méritait tout son soutien, et il se devait d'être tendre. Les démonstrations d'amitié, il ne connaissait pas trop, du moins avant Lena qui passait son temps à le câliner ou à lui donner divers surnoms mignons qu'il aimait bien.

Cette fille était une aventurière, bien plus que lui d'ailleurs, et son départ n'était pas si étonnant que ça, c'était typiquement son genre, le danger. En règle générale, Nathan n'appréciait pas beaucoup les gens des milieux aisés qui venaient chercher ici un peu de folie, ou d'angoisse. Lorsqu'il était ado, il avait du mal à prendre du recul sur tout ça, et il voyait ces gens comme de véritables imbéciles, trop insolents pour comprendre la chance qu'ils avaient. Ce monde là n'était pas un jeu, c'était sa vie, il ne l'avait pas choisi et il avait envie de crier à tous ces gens de fuir, fuir ce monde de la rue, plein d'incertitude, de violences, de diverses personnes plus malveillantes les unes que les autres. Ils méprisaient ces jeunes filles et ces jeunes hommes qui pensaient que cette vie instable était un monde amusant. Pourquoi repousser les privilèges que l'on possède ? Pourquoi les pauvres rêvent de vies stables, alors que les jeunes bourgeois en quête d'identité cherchent un peu d'action dans le Bronx ? Quitte à vouloir changer, autant le faire totalement, il signerait pour pouvoir prendre la vie de quelqu'un d'autre. A la base, Lena était une fille aisée. Pourtant, cela ne se lisait pas sur son visage, contrairement à certaines. Elle n'avait aucune manières déplacées, pas d’orgueil, un cœur énorme, une joie de vive qui se transmettait. Et Nathan, qui de base avait une véritable aversion contre les gens aisés s'était surprit à l'aimer comme sa propre sœur. Ils se complétaient bien tous les deux, il avait l'impression de voir une version de lui un peu mieux faite, avec plus de sourire, de beauté, de courage. Malheureusement, les personnes les plus joyeuses en apparences ne sont pas toujours les plus fortes, c'est un fait. Et derrière son immense sourire, Lena cachait quelque chose de bien plus obscur, il le sentait. Seulement, ce n'était pas le genre de fille à s'apitoyer, à chercher de la pitié. Elle semblait si joviale quelque soit la situation. Nathan était soulagé de ne pas l'avoir vu pendant sa descente. Il aurait aimé être la pour elle, mais voir son amie dans un état de détresse, il ne savait pas si il aurait pu le supporter. Lorsqu'il se confiaient, il y avait parfois des moments de doutes, des paroles douloureuses qui sortaient de la bouche de la blonde. Mais tout se faisait dans la retenue, Lena ne jouait pas dans les mélodrames, c'était ce qu'il appréciait chez elle. Nathan lui, avait tendance à trop souvent se plaindre, il s'était calmé au fil des années, avait apprit à la fermer, pour ne pas emmerder les gens avec sa vie. Il avait apprit qu'il était loin d'être le plus à plaindre, et qu'il ne devait pas se lamenter devant des gens qui vivaient la même chose chaque jour, voir encore pire. Seulement voilà, Nathan avait déjà connu la douceur d'une famille aimante, la chaleur et la sécurité d'une grande maison chaleureuse. C'était si difficile de faire le deuil de cette belle vie, d'oublier définitivement que cela avait un jour existé. Il y arrivait, il oubliait parfois, il ne se souvenait plus de certains détails de sa chambre, du visage de sa mère, ou des choses qu'il aimait autrefois. Parallèlement, il se souvenait parfaitement de petites choses totalement inutiles de son ancienne vie. Il n'aimait pas trop en parler. Il avait immédiatement l'impression d'être le garçon le plus inintéressant du monde, un petit bourgeois encore coincé dans un monde qui n'est plus le sien, qui ne cesse de se plaindre. Il avait beaucoup apprit avec Lena, durant ses soirées où ils discutaient tous les deux, se confiant sans avoir peur du jugement. Il venait de retrouver la seule fille avec qui il arrivait à parler. Il avait hâte de lui raconter beaucoup de choses, mais ce soir, c'était elle la reine, il ne devait pas accaparer tout son temps. Avant, Nathan était un gros bavard, il parlait sans relâche, souvent pour ne rien dire, il aimait bien amuser la galerie, mais depuis l'âge adulte, il se confiait bien moins souvent, lorsqu'il divulguait un détail personnel de sa vie, il fallait se sentir honoré. Lena les connaissait presque tous, ces détails, et il était ravi de cette soirée qu'ils allaient passer ensemble. Demain, il n'irait pas travailler, c'était décidé. Il se fichait bien des deux clients qu'il devait voir, il trouverait un faux prétexte, et reporterait ça au jour suivant. La fatigue qu'il avait accumulé depuis qu'il s'était levé semblait avoir disparu, avec Lena, il était un véritable môme, il adorait se coucher tard, parler des potins, regarder des films un peu idiot. Ce n'était pas ce genre de choses que faisaient les adultes lorsqu'ils se retrouvaient, mais Lena et Nathan, derrière leur passé quelque peu cabossé, n'avaient pas réellement grandit. Ils se complétaient derrière leurs personnalités un peu différentes. Nathan n'avait pas eu le temps de réellement mûrir. Il avait été forcé de se débrouiller, on l'avait balancé dans la vie d'adulte sans aucune transition avec son quotidien douillet. Sur bien des sujets, il avait grandit, s'était forgé une carapace blindé pour que tout ce qui se passe autour de lui ne l'atteigne pas vraiment, mais concernant d'autres choses, il était resté cet adolescent un peu naïf et en manque de repères.

Les paroles de la blonde le touchèrent profondément. Surtout lorsqu'elle prononça les mots '' jeter dans le vide ''. Il comprenait bien trop, et ça faisait mal. Il l'imaginait, si faible, si seule, il en tremblait presque. C'était tellement dur comme situation, il avait connu ça plusieurs fois malheureusement. Le désir de se laisser couler. Nathan n'avait jamais osé fuir, du moins jamais plus que quelques jours. Il avait toujours connu New-York. Malgré les mauvais souvenirs qui hantaient les rues, c'était ici chez lui, pas ailleurs. Elle aurait pu crever, et il ne l'aurait jamais su. La plaie aurait fini par se refermer avec le temps, cette amitié lui aurait laissé quelques souvenirs amers, quelques regrets. Il aurait du être plus présent, peut être qu'elle n'aurait pas osé partir, qu'elle lui aurait donné des nouvelles. Ou finalement, cela n'aurait rien changé du tout. Il n'était pas en jeu dans l'histoire, ce n'était pas de sa faute. Nathan avait toujours le besoin de blâmer quelqu'un, dans n'importe quelle affaire. Il devait trouver un fautif, et le plus souvent, il finissait par se sentir coupable comme un gosse. Il voulait s'excuser, mais il n'avait pas envie de partir dans un mélodrame comme il savait si bien les faire. On lui avait bien trop souvent reproché ce côté la, si bien que maintenant, il se taisait et arrêtait de chercher sans cesse un coupable à tous les soucis qui l'entouraient. Il aurait du mieux la surveiller. Il n'avait pas été assez attentif à elle, à ses problèmes. Il avait beaucoup à gérer de son côté et avait le sentiment d'avoir négligé Lena. Elle était partie sans certitude sans désir de revoir tout ce beau monde. Si il ne connaissait pas ça, il l'aurait trouvé très égoïste, lâche, mais il savait pertinemment que ce n'était pas le cas. C'était les mots qu'on lui avait dit lorsqu'il avait décidé de fuir ses amis de Manhattan pendant un temps, et il l'avait extrêmement mal prit. Il n'y avait pas de lâcheté dans ce geste, ce n'était même pas vraiment un appel à l'aide, mais plus un abandon total de la vie. Elle avait laissé derrière elle bien des inquiets, mais maintenant, tout allait bien. Une plaie s'était refermée dans le cœur de Nathan. Il pouvait enfin respirer librement, un poids en moins. Il portait tant de peines et de stress constamment, le retour de Lena l'apaisait un peu. Son inquiétude n'était pas moins forte, il avait peur qu'elle reparte à nouveau, qu'elle craque, que cette ville lui rappelle de mauvais souvenirs. Peut être qu'elle avait apprit de cette expérience. Elle semblait réellement désolée, presque gênée de l'avoir laissé sans nouvelle, si elle repartait elle ne jetterai sûrement pas son téléphone dans une poubelle cette fois-ci. Même après tout ce qu'il avait subi, Nathan ne serait pas capable de faire quelque chose dans le genre. Il avait une peur bleue de l'incertitude. C'était son quotidien, mais même dans son mode de vie instable, il faisait en sorte que tout ait l'air plus ou moins organisé. Il avait peur de manquer de quelque chose, de changer ses habitudes. Jamais il ne pourrait partir du jour au lendemain en quittant tout, sans donner de nouvelles à personne. Il avait pensé à appeler la police après son départ. Mais.. à quoi bon. Ces types ne servaient strictement à rien, ils se fichaient bien de la disparition d'une jeune femme comme Lena. Ils lui auraient dit qu'elle était perturbée, instable, et n'auraient pas cherché plus loin. Un prostitué qui débarque dans un commissariat pour demander à ce qu'on recherche son amie prostituée, quelle ironie, tout le monde se fichait de leurs existences. « Je retire ce que j'ai dis, je ne t'en veux pas.. seulement si tu me promet que tu ne recommenceras plus. Tu peux passer chez moi n'importe quand, à n'importe quelle heure si ça va vraiment pas d'accord ? Je sais ce que c'est, je comprends pourquoi tu es partie. Mais si ça doit recommencer, laisse quelque chose pour te joindre, il aurait pu t'arriver quelque chose de grave. » Il préférait se faire réveiller tous les soirs par Lena à 3 heures du matin plutôt que de risquer de la perdre à nouveau. C'était inconcevable. Nathan pardonnait déjà, il n'était pas très rancunier, surtout pas avec la blonde. Comment pouvait-il bouder en voyant son visage et sa moue mignonne comme elle savait si bien la faire ? Même un psychopathe aurait été attendri. Il la serrait fort contre elle, avec ses maigres bras. Il avait fondu en quelques semaines, il n'avait jamais été gros, mais ces derniers temps, il ne ressentait plus vraiment la sensation de faim. Quand bien même il la sentait, il économisait son argent et préférait dormir que de se préparer quelque chose. Peut être que le retour de Lena allait l'aider à remanger, il savait très bien qu'elle n'allait pas le laisser dans cet état la, et qu'elle allait lui poser des questions. Elle insistait souvent beaucoup sur sa santé, un peu comme une maman. Leur relation d'entraide était vraiment très importante, ils se tiraient vers le haut tous les deux, même si ce n'était pas tous les jours facile.

Lena était restée une vraie enfant, elle se mit à chantonner un mix de plusieurs génériques. C'est vrai que leurs aventures à tous les deux étaient dignes d'une série, c'était même bien plus palpitant que tout ce que l'on pouvait trouver à la télévision. Il se mit à rire, amusé et apaisé par son côté doux et enfantin. Nathan tenait toujours sa main en marchant, et la caressait affectueusement avec son pouce. Elle allait payer à manger, évidemment. Mais Nathan n'était pas gêné, il savait que leur amitié n'était pas du tout basé sur une histoire d'argent, ou de services rendus. Elle voulait vraiment lui faire plaisir et n'allait rien lui demander en échange. C'était la seule personne de qui il acceptait sans broncher les cadeaux. Alors qu'ils marchaient vers le fast-food, Nathan trouva plus judicieux de passer chez lui avant. C'était sur le chemin, et devoir y retourner ensuite serait un peu bête. Il était vraiment fatigué, ses jambes n'en pouvaient plus. Il avait souvent l'impression d'avoir 4 fois plus que son âge tant ses douleurs étaient fortes. Il prenait parfois des cachets et avait la paix pendant quelques heures. L'idée de dormir avec Lena l'enchantait tellement qu'il oubliait tous ces petits désagréments quotidiens et même ses petites douleurs. « Passons chez moi avant d'aller chercher à manger, c'est plus près. J'embarque mon chat en passant. » Son studio était dans un sale état, il n'avait pas eu le temps de ranger en partant. Quoi que, la vaisselle était faite. Il ne prenait pas soin de chez lui et avait la plupart du temps honte de faire venir quelqu'un, mais pas Lena. Jamais elle ne le jugeait sur ce genre de choses. Elle savait pertinemment qu'il n'avait pas de temps, que sa vie ne lui offrait pas vraiment de répit. Si il se mettait à s'occuper correctement de lui et de son intérieur en plus du boulot, il crèverait de fatigue au bout de 6 mois. Elle parla de s'arrêter dans une pharmacie. Nathan n'en voyait pas vraiment l'utilité. Enfin si, il aurait bien besoin de quelques trucs mais il mettait rarement les pieds dans ce genre d'endroit, il n'était pas malade en ce moment, seulement crevé. Il dormait mal, et peu, dans le froid et l'inconfort, l'appartement de Lena était bien mieux à ce niveau là, et il avait hâte de se poser dans un lit. Son studio était seulement à quelques minutes de l'endroit du trottoir où il bossait, ce n'était pas très glorieux, mais il refusait de trop marcher pour rentrer chez lui. Il évita les ruelles désertes, la dernière fois, on ne l'avait pas loupé lorsqu'il était passé. Il avait envie de raconter ça à Lena, peut être que ça le soulagerait, qu'il se sentirait mieux d'avoir parlé... mais il n'osait pas. C'était vraiment dur de raconter ce genre de choses, remettre des mots dessus le ferait sûrement craquer, il se devait d'être fort pour tous les deux, et ne pas gâcher leur soirée de retrouvailles. Lena avait d'ailleurs remarqué que quelque chose clochait. Décidément, elle était très observatrice. Sa perte ce poids était si visible que ça ? Il n'avait même pas remarqué, il se regardait le moins possible. Nathan eut un petit rictus et haussa les épaules. Il n'était jamais à l'aise lorsqu'il devait parler de lui, surtout concernant des choses peu joyeuses. C'était la vérité, il ne voulait pas l'emmerder, c'était chiant d'entendre quelqu'un se plaindre constamment, il en avait conscience et ne voulait pas être ce genre de personne. Il avait du mal à être comme elle, toujours avec un sourire sur le visage. Il se demandait comment elle faisait. Lui avait beau essayer, on voyait très bien que ce n'était pas naturel, il n'arrivait pas à faire semblant d'aller bien. « Je te raconterai tout plus tard si tu veux, c'est pas amusant et... je crois que j'ai vraiment un karma de merde, il m'arrive que des choses affreuses. » Il se mit à rire, un peu nerveusement. Dieu était contre lui. C'était ce que lui avait dit son père lorsqu'il l'avait foutu à la porte, que sa maladie n'était pas tolérée et que ça allait lui porter préjudice toute sa vie. Peut être que ça avait quelque chose à voir avec sa malchance constante, il n'en savait rien. C'était quand même fou de tout rater de A à Z. Lena même si elle avait traversé des moments très difficiles avait réussi à se relever et à avancer à nouveau. Nathan faisait du surplace depuis ses 16 ans et ne savait pas si un jour, il pourrait se tirer d'affaire.

« Mon chat ? A vrai dire je ne lui ai pas encore donné de nom. Mais je pensais à neige, il est tout blanc et je l'ai trouvé un jour où il neigeait beaucoup. Il est un peu peureux au début mais très câlin tu verras. » Il avait toujours rêvé d'avoir un animal à lui, c'était maintenant chose faite. Il dépensait pas mal de sous pour ce petit chat, récemment, il avait été obligé de l'emmener cher le vétérinaire. Il ne savait pas à quel point c'était cher, une consultation pour un bête chaton ; mais Nathan était vraiment de nature généreuse, cela ne le gênait pas et jamais il ne le remettrait à la rue. Lena mentionna qu'il serait le deuxième à savoir. Il fit une moue faussement triste, puis un sourire. Cela ne le gênait absolument pas, tant qu'elle lui disait tout. Il n'étais pas vraiment jaloux avec elle, il était certain de toute l'affection qu'elle avait à son égard, et c'était suffisant.
Elle commença à lui conter ses aventures, ce qu'elle avait fait pendant ces mois de errance. Revenir sur les traces de son passé, c'était inévitable. Il connaissait bien le proverbe qui disait que pour savoir où l'on va, il faut savoir d'où l'on vient. Sa vie familiale était si compliqué, pas étonnant qu'aujourd'hui elle manquait parfois de repères. Il ne dit rien, se contentant d'écouter en hochant la tête. Elle ne dit pas grand chose sur ses sentiments, elle se contentait de décrire, sans rentrer dans les détails. Ce que Nathan avait véritablement envie de savoir, c'était ce qu'elle avait ressenti en y allant, si cela avait été bénéfique. Peut être pas finalement, ça devait être pour ça qu'elle évitait le sujet. Lorsqu'elle prononça le prénom d'Hunter, il s'arrêta une seconde et fronça les sourcils. Elle revenait toujours vers ce type qui lui avait fait tant de mal. C'était ça l'amour, idiot et douloureux. Il ne comprenait pas comment elle avait fait pour le pardonner, encore et encore, retomber dans ses bras. Nathan avait beaucoup souffert en amour lui aussi, mais il avait réussi à laisser ses ex partir, surtout Aaron qui l'avait tant blessé, aussi bien physiquement que moralement. Elle avait passé du temps avec lui. C'était injuste, elle ne donnait pas de nouvelles pour retourner chez un connard qui ne l'avait jamais respecté. Il ne dit rien, se contentant de regarder le sol. Le regard de la blonde devait être plein de tristesse et Nathan n'avait pas envie de le soutenir. Il l'avait souvent mit en garde contre cet homme, il espérait que cette relation était définitivement finie. Apparemment oui, puis qu'elle l'avait quitté. Il se demandait si au fond, elle allait réellement mieux, parce que retrouver sa vie d'avant à Vegas n'était peut être pas la meilleure solution pour une convalescence. Elle ne lui avait pas parlé de ses sentiments, encore une fois. Elle gardait tout ça en elle. Lena aussi était pudique dans un sens. Il sentait bien que ses paroles étaient pleins de sous-entendus. C'est alors que la blondinette s'arrêta et le serra fort dans ses bras. Elle semblait réellement peinée d'être partie. Nathan répondit à son étreinte et frotta doucement son dos. « Chhut... ce n'est pas grave, tant que tu vas mieux, et que tu es redevenue toi-même, c'est tout ce qui compte. »

Nathan ne comptait pas en rester la, les explications n'étaient pas suffisantes à son goût. Il la questionnerait plus tard. Les rues étaient assez désertes ce soir, sûrement parce qu'il faisait froid. Lorsqu'il arriva devant la porte de son immeuble il eut un soupir de soulagement en constant que personne ne zonait ici. Il détestait les connards qui passaient leurs vies à squatter et à le critiquer à chaque fois qu'il passait le pas de cette porte cassée. Il ne voulait pas trop se plaindre, beaucoup dans cette ville n'avaient aucun endroit où dormir, lui se sentait heureux d'avoir un toit. Il lâcha la main de Lena pour chercher ses clés au fond de son sac. Nathan entra dans l'appartement suivi de la blonde, son chat se rua à ses pieds, bien heureux de retrouver son maître. Il déposa son sac à dos par terre et soupira lourdement. Il ne voulait pas rester longtemps, juste le temps de discuter 5 minutes et de chercher ses affaires. Il invita Lena à s'asseoir sur une chaise, la seule non bancale qu'il possédait et se mit à rassembler de quoi passer une nuit chez la blonde. Des fringues de rechange, sa brosse à dent et le petit panier qu'un voisin lui avait donné pour transporter son chat. Après avoir tourner dans la petite pièce pendant deux ou trois minutes, il s'assit sur son matelas et soupira, encore. C'était presque un tic chez lui. Il regarda Lena avec tendresse et lui posa une question qui le démangeait depuis un bon moment. « Hunter.. tu es toujours amoureuse de lui ? C'était comment quand vous viviez tous les deux ? » Il espérait que la réponse soit non, qu'elle ne l'aimait plus du tout, que tout soit fini, mais il savait combien c'était difficile. Lui même s'était souvent accroché à des hommes pour ne pas perdre pied, c'était compliqué d'apprendre à vivre sans, avec l'absence d'une personne que l'on a aimé. « Tu mérites tellement mieux Lena, j'imagine que ce n'est pas forcément ta priorité mais il faudrait que tu te trouves un mec, un vrai. Quelqu'un qui pourra te respecter et prendre vraiment soin de toi. » Il ferma la grille une fois que son chat fut bien installé dans son petit sac de transport et se releva pour sortir rapidement de cet endroit. Il faisait froid à l'intérieur de son studio, tout était tellement triste, et vide, impersonnel. Il gardait juste quelques photos de famille, et quelques unes avec ses anciens amis. Il avait un drôle de sentiment en les regardant, entre le regret et la joie d'avoir un jour vécu dans un monde heureux. Il fit signe à Lena qu'ils devaient partir, son ventre gargouillait, il avait vraiment hâte de manger un bout. Il reprit ses clés et ferma la porte une fois qu'il fut tous les deux partis. « Raconte moi un peu Las Vegas, t'as rencontré du beau monde ? C'est quoi le déclic qui t'as fait revenir ? T'aurais du m'appeler, je t'aurais rejoint là-bas et on aurait commencé une nouvelle vie tous les deux. » Il pouffa un peu, c'était une plaisanterie, Nathan se considérait comme un gosse perdu, coincé ici. Même si il le voulait, il aurait énormément de mal à se tirer d'affaires. Mais imaginer une autre vie avec Lena le faisait franchement rêver. Le petit chaton miaulait alors que Nathan le transportait, il n'était sûrement pas habitué à ce genre de choses et devait avoir peur d'être à nouveau abandonné. Il serra mieux sous son bras la petite boite de transport en tissus très épais pour ne pas le faire trop bouger. « Tu sais.. on m'a fait du mal il y a quelques semaines.. un type qui passait par là m'a sauvé. Le mec en question est mort d'après ce qu'on m'a dit alors tu ne dois pas t'en faire pour moi. » Il n'avait pas besoin de lui donner plus d'explications, elle allait comprendre. Il ne voulait pas rentrer dans les détails, il n'avait pas eu le temps de se remettre de ce viol, sa vie allait trop vite, il ne pouvait pas s'arrêter, dès le surlendemain, il était sur le trottoir à bosser. Il savait qu'elle comprenait à quel point c'était dur, de l'avouer, d'en parler, la honte qu'on ressentait. Il avait bien choisi son coup, au même moment ils arrivèrent devant le fast-food. Il se tourna vers la blonde avec un léger sourire et entra pour commander. Ils auraient tout le temps d'en discuter plus tard.
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Lena Wates
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MessageSujet: Re: Here we go again ☁ Nathan Jeu 5 Fév - 0:52


Et si tout n’était qu’illusion ? Si tout était joué ? Si les gens étaient simplement des victimes de cette illusion qu’elle jouait à la perfection ? La vie de la blonde semblait n’être qu’une pièce de théâtre. Absolument. Totalement. Il y avait deux mondes à différencier. La scène et les coulisses. L’illusion et la réalité. Le jeu et l’horreur. Dès lors qu’elle se retrouvait seule chez elle, la jeune Wates n’essayait pas de faire semblant ou de donner des illusions. Non. Elle se contentait de survivre comme elle l’avait toujours fait. Elle se contentait d’encaisser les cauchemars et les hallucinations comme si c’était quelque chose de normal. La blonde sortait souvent et elle plongeait dans l’alcool, dans la drogue et les coups d’un soir. C’était pour oublier l’horreur qui lui collait à la peau. C’était pour oublier l’obscurité qui flottait autour d’elle. C’était pour effacer qui elle était dès lors que le rideau était fermé. Elle cherchait simplement à rayer sa pitoyable réalité. C’étaient les coulisses de sa vie, c’était là où il n’y avait plus de rôles et plus d’illusions. C’était là où elle était simplement Lena Wates, une gamine détruite par une chienne de vie. Mais, dès lors qu’elle entrait en scène, tout se modifiait. Tout changeait en quelques secondes parfois. Dès lors qu’elle se retrouvait face à autrui, la blonde ne jouait plus le mélodrame. Elle ne se plaignait pas, elle ne balançait rien quand bien même l’horreur pouvait toujours se lire sur les traits de son visage de poupée. Face aux autres, la blonde se contentait de jouer. Encore et toujours. Sans doute à jamais. Elle enfilait le costume et le masque. Puis, elle se mettait dans cette nouvelle peau et elle entrait en scène comme l’aurait fait une parfaite actrice. Elle encaissait cette double-vie sans se plaindre. Elle plongeait dans ces rôles comme s’ils correspondaient parfaitement à ce qu’elle était. Sur scène, tout semblait parfait. Tout semblait briller. Elle était une gosse de riche qui étudiait la psychologie et la danse. Une gosse de riche qui avait les moyens de réussir sa vie. Une jeune adulte encore pleine de vie et de gamineries. Et, dès que le rideau s’abaissait, les ombres l’entouraient. L’enfer intervenait. Elle n’était plus qu’une gamine perdue et achevée. Double-jeu. Illusion. Sa vie était constituée ainsi.

Cependant, une ombre s’était étendue sur la scène lorsqu’elle avait choisi la fuite comme une solution radicale, une solution de facilité aussi peut-être. C’était comme un tour de magie qui avait foiré. C’était comme si les autres pouvaient soudainement être témoin de la réalité qui se cachait derrière l’illusion. Absolument. Totalement. En s’enfuyant, la rebelle permettait aux autres de voir. D’un seul coup, la blonde n’était plus venue pour jouer ses rôles. Après tout, elle ne tenait plus l’échiquier en main. C’était la vie qui avait tous les pions et elle se retrouvait simplement propulsée à terre. Alors, elle avait disparu de ce piédestal sur lequel elle se mettait en scène. Et, les autres s’étaient posé des questions. Bien évidement, certains demeuraient encore idiots et ils s’étaient sans doute simplement dit que la blonde s’était barrée pour profiter de la vie ailleurs. Mais, d’autres devaient savoir que ce n’était pas normal. Ils devaient s’être rendus compte qu’ils s’étaient simplement fait berner depuis le début grâce à une mise en scène parfaite et une actrice qui savait comment jouer ses pions, comment manier ses rôles. Le tour de magie avait tout perdu. Le rideau semblait constamment ouvert alors que les ombres prenaient leurs aises partout autour d’eux. Tout n’était plus parfait. Ce n’était peut-être pas encore un désastre. Mais, putain, les choses tournaient au cauchemar. En quittant New-York, la demoiselle ne s’était pas tout de suite rendue compte que les autres, les étrangers pourraient se douter des mystères et des horreurs qu’elle cachait. Et, putain, ce n’était pas bien. Elle ne voulait pas. La jeune Wates ne voulait pas devenir pitoyable aux yeux d’autrui. Elle voulait pouvoir continuer à monter sur scène et à endosser ses rôles. Elle voulait pouvoir donner la magie à nouveau parce qu’elle n’avait pas besoin des autres en coulisses. Quand l’horreur la rongeait, quand elle était mal, c’était mieux d’être seule et sans témoins. Mais, l’horreur avait franchi le rideau dès lors qu’elle s’était barrée. Et la magie était ébranlée alors qu’elle revenait prête à jouer.

Habituée à être seule, habituée à gérer ses coulisses en solitaire, la blonde n’avait d’ailleurs guère prévu ce qui était arrivé pendant son escapade de convalescence. En s’éloignant, la rebelle n’avait sans doute pas prévu qu’elle serait si humaine. Oh non. Elle n’avait pas prévu le trou béant dans sa poitrine dû au manque des personnes qui faisaient partie de sa vie new-yorkaise. Des personnes qui connaissaient ou non le secret derrière le rideau. Des personnes qui avaient eu l’opportunité de connaître les failles de la rebelle. Des personnes qui lui avaient trop manqué en réalité. Il était vrai que, parfois, la jeune fille s’était sentie mal d’avoir balancé son téléphone portable parce qu’alors elle n’avait aucun moyen pour joindre ces personnes qui faisaient naître un manque dans son être. Elle n’avait aucun moyen pour apaiser le trou béant qui semblait enclin à la dévorer. Mais, maintenant qu’elle était de retour, la plaie se refermait. Lentement. Sûrement. Au fur et à mesure que les autres reprenaient place dans sa vie, elle se sentait revivre. Et, putain, alors qu’elle se retrouvait avec Nathan, la demoiselle se rendait compte à quel point cet ami trop cher lui avait manqué. Ce frère tantôt grand, tantôt petit avec lequel elle partageait tant. Ce gamin comme elle qui cherchait à se tirer vers le haut. Ce petit trésor avec qui elle oubliait simplement les monde. Alors, comme pour rester dans leur vie, dans leur normalité, comme pour oublier le monde à nouveau, la blonde s’excusait encore et encore. Toujours avec cette moue de gamine, les yeux rivés au sol et se triturant les mains. Puis, ça marchait toujours puisque Nathan ne résistait pas longtemps. Il en venait même à retirer ce qu’il avait dit et il ne lui en voulait pas. Sur le coup, la demoiselle aurait aimé faire une danse de la joie, mais la phrase était en suspens. Ce n’était pas si facilement en vérité parce que le jeune prostitué semblait déjà poser des conditions derrière cette réalité. Elle devait lui promettre de ne jamais recommencer. Elle pouvait passer chez lui n’importe quand, à n’importe quelle heure si ça n’allait pas. Putain, le ferait-elle vraiment ? Il savait ce que c’était et il comprenait pourquoi elle était partie. Bien sûr, Nathan était l’une des rares personnes à réellement pouvoir comprendre l’envers du décor et c’était plus facile de lui parler à cœur ouvert parfois grâce à cela. Mais, si ça devait recommencer (tiens notez que lui aussi était conscient que cela pouvait arriver), elle devait laisser quelque chose pour la joindre parce qu’il aurait pu lui arriver quelque chose de grave. Se mordant la lèvre, la demoiselle hésita de longues minutes quand à la réponse qu’elle devait donner face à de tels mots, quand aux promesses qu’elle pouvait réellement faire, quand aux choses qu’elle pouvait se permettre. Nathan avait beau connaître son horreur, la demoiselle détestait l’étaler. Alors, elle reprit doucement.

Je ne peux pas te promettre de ne plus recommencer. C’était sans doute une jolie claque en plein visage sur le coup, mais c’était les seuls mots qu’elle pouvait réellement prononcer. C’était les seuls mots dont elle pouvait être absolument certaine dans le fond, la seule réalité qu’elle était certaine de pouvoir balancer. Elle n’était pas certaine de repartir, mais elle n’était pas plus certaine de rester non plus alors la promesse de ne jamais recommencer ne pouvait pas tenir. Malheureusement. Et ce n’était qu’une chose parmi tant d’autres. Je sais que tu es là pour moi et tous ces trucs, mais je ne peux pas… Je ne peux pas te faire la promesse de venir te voir si ça ne va pas… Tu sais comment je suis. J’peux pas… J’pourrais pas débarquer chez toi comme ça… Puis, pour rendre les choses plus simples, autant que tu emménages chez moi. Elle lui offrait un doux sourire face à ces derniers mots. Cela sonnait certes comme une petite plaisanterie comme pour détendre l’atmosphère et éviter de replonger dans le tourbillon des horreurs. C’était juste des mots lancés comme ça. Et, pourtant, des mots qui pouvaient devenir trop réels car la rebelle était absolument prête à accueillir Nathan chez elle. Après tout, cela serait tellement agréable. Préférant ne pas s’attarder sur cela, la blonde reprit. En revanche, si je disparais de nouveau, je te promets de te laisser un moyen de me joindre à condition que tu le gardes pour toi… Après tout, je crois que je ne pourrais plus jamais rester aussi longtemps sans entendre ta voix.

Elle souriait comme une gamine. Amusée, détendue. Elle faisait une promesse qu’elle se savait en mesure de tenir. Une promesse bien ciblée surtout. Elle ne promettait pas de garder un téléphone portable, mais elle promettait de faire en sorte que Nathan et elle puissent toujours se joindre. Et, c’était tellement privilégié. C’était tellement inédit que la rebelle ne savait pas réellement si elle faisait bien de donner autant d’importance à quelqu’un dans sa vie, autant de places. Alors, comme à son habitude, elle balançait quelque chose de plus léger à la suite, quelque chose de plus rigolo en un sens. Quelque chose qui ne les obligeait pas à discuter ou à réfléchir réellement. C’était un fait : la voix de Nathan lui avait manqué autant que sa présence. Et, c’était tout. Puis, la rebelle avait été encore plus loin. Toujours plus loin. C’était comme si le jeune prostitué face à elle avait une clé qui permettait d’ouvrir chaque mur que la blonde mettait en place. Lena avait toujours prit cette habitude, elle s’était toujours enfermée dans son cercle bien protégée et elle se taisait. Mais, Nathan renversait tout. Trop souvent. Alors, elle s’abaissait à de nouvelles excuses et à des confessions inédites sur tout. Des confessions qu’elle n’avait même pas avouées à Ryder, des mots que Ryder n’aurait sans doute pas pu comprendre de la même façon que Nathan le faisait. Puis, elle se retrouvait un instant enfermée dans une bulle protectrice et agréable. Une bulle où le parfum de Nathan flottait dans les airs, partout autour d’elle. Une bulle où elle se sentait bien. C’étaient comme s’ils étaient tous les deux dans le monde de la jeune blonde. Comme s’ils se retrouvaient tous les deux derrières ces murs. Et, finalement, ils s’éloignaient de cette ruelle main dans la main et elle jouait la gamine encore. Elle aimait le faire rire. Lena appréciait entendre le rire de Nathan alors c’était agréable pour elle de jouer à la petite enfant. Les doigts de Nathan caressaient sa peau. La voix de Nathan embellissait son monde alors qu’il indiquait quoi faire : passer chez lui avant d’aller chercher à manger parce que c’était plus près. Et, il embarquait son chat en passant. De sa main libre, la blonde fit un salut militaire en lançant simplement.

Bien mon commandant

Et elle rigolait. Réellement. Il n’était même pas question de survivre à cet instant précis. Oh non, elle vivait. Éperdument et c’était foutrement agréable. Surtout avec Nathan. Oh… Attendez… La rebelle venait simplement à l’instant de mesurer la portée des paroles du jeune homme : s’il embarquait son chat, cela signifiait qu’il était d’accord pour rester plus longtemps chez la blonde le lendemain. Lena se demandait déjà si elle parviendrait à le convaincre de passer toute la journée avec elle. C’était moins certain, mais elle croisait toujours les doigts. Ils pourraient rire et se confier ce soir. Ils pourraient dormir après. Puis ils pourraient flemmarder au lit comme deux enfants toute la journée entre confession, jeux enfantins et jeux vidéo. Et, surtout, la demoiselle veillerait à ce que son Nathan mange et soit totalement en bonne santé. Il était clair qu’il ne sortirait pas de chez elle sans être totalement sur pied aux yeux de la blonde. Et, elle en voyait des choses. D’ailleurs, elle le mettait bien vite en avant et son ami n’était pas décidé à aller à la pharmacie. Enfin, de toute façon, la blondinette avait déjà pas mal de choses chez elle donc c’était bon. Lorsque le jeune homme confia qu’elle avait loupé plein de mauvaises choses, le ventre de la blonde se tordit violemment et elle aurait aimé glisser une lame contre sa peau pour se punir de ne pas avoir été là ou de ne pas avoir eu la foutue idée d’embarquer le jeune homme avec elle ! Mais, Nathan détournait tout trop vite. Et, la blonde acceptait de laisser passer. Cependant, elle préféra tout de même souligner qu’elle avait tout vu et qu’il devrait parler tôt ou tard. Et, bordel, le jeune homme se contentait d’hausser les épaules avec ce petit rictus aux lèvres. À cet instant, Lena regretta que lui et elle soient aussi similaires et aussi silencieux sur l’horreur les entourant. Et, au lieu de répondre, Nathan en rajoutait une couche éveillant la curiosité et la culpabilité de la blonde : il lui raconterait tout plus tard, ce n’était pas amusant. Il croyait vraiment avoir un karma de merde parce qu’il ne lui arrivait que des choses affreuses. Soupirant dramatiquement, la jeune fille lança.

Foutu karma hein ? Nous n’avons vraiment pas de chance trésor.

Ce n’était même pas un reproche. Ce n’était même pas une façon d’en savoir plus. Non, c’était simplement une foutue affirmation bien trop proche de la réalité. C’était juste une phrase lancée comme ça comme pour détendre l’atmosphère. En vérité, la blonde cherchait surtout à se détendre elle. La jeune fille ressentait l’horreur coulé sur sa peau. Elle était curieuse et elle avait peur de ce qu’elle pourrait découvrir. Peur de ce que Nathan avait dû endurer tout seul. Et, putain, elle se sentait mal de l’avoir si lâchement abandonné simplement pour s’occuper d’elle-même. Alors, après ces quelques mots, la jeune fille n’insista pas plus pour tout savoir tout de suite. Le jeune homme se confierait quand il le voudrait et elle ne lui mettrait jamais la pression pour qu’il le fasse. Si ce n’était pas ce soir, ce serait demain ou un autre jour. Mais, quoiqu’il se passe, quoiqu’il arrive, la blonde serait présente pour lui à nouveau. Elle serait là chaque jour comme un ange inconnu, comme un ange invisible qui venait veiller sur un des trésors les plus précieux au monde. Il était hors de question que son ami ait à subir plus d’horreur. Elle ne voulait pas. Lena se lança dans l’échappatoire en demandant le petit nom de la boule de poil qu’avait recueilli son ami. C’était un sujet bateau, sans doute un peu trop banal. Mais, sur le coup, cela semblait juste bien. Parler de choses légères et pouvoir simplement se sentir comme des humains normaux. Un sourire se dessina sur les traits de la blonde lorsqu’il lui avoua qu’il ne lui avait pas encore donné de nom mais qu’il pensait à Neige parce qu’il était tout blanc et qu’il l’avait trouvé un jour où il neigeait beaucoup. C’était mignon. C’était adorable. Nathan continuait en avançant qu’il était un peu peureux au début, mais très câlin et qu’elle allait voir cela. Lena tourna son visage vers son ami avant de lui répondre.

J’ai hâte de le rencontrer alors. Mais, pourquoi neige ? Je ne sais pas pourquoi ça me fait juste penser à Blanche-Neige moi. Flocon sonne mieux non ? Quoique… J’suis certaine que ça pourrait aussi faire penser à un dessin-animé

Elle ne put s’empêcher de rire. Ha, Lena et ses références. Lena et les dessins-animés. Bah quoi ? Ce n’était pas sa faute si le simple mot neige lui faisait penser à Blanche-Neige… Ou alors ça lui faisait plus souvent penser à des emmerdes et au froid. Vous direz sans doute que flocon revient à la même chose. Cependant, la blonde n’avait pas trouvé de références immédiates. Et puis, cela semblait plus doux que la neige, plus agréable aussi sans doute. Enfin, ce n’était pas son chaton, ce n’était pas à elle de décider du prénom de la boule de poil. À moins bien sûr qu’elle en demande la garde partagée… Ouais, non, là ce serait partir dans des délires fous alors valait mieux se taire dès maintenant. Nathan la fit d’ailleurs revenir à la réalité puisqu’il lui demandait finalement ce qu’elle avait fait durant son absence de deux mois. La demoiselle ne put s’empêcher de sourire en avouant qu’il serait le second au courant et sans doute le dernier pour tout le programme détaillé de ces derniers mois. Quoiqu’il en soit, Lena n’aurait jamais gardé ça secret. Surtout envers son trésor. D’ailleurs, il avait attendu plus longtemps qu’elle ne le pensait avant de lui poser cette question tiens. La blonde balança les quelques mots qui résumaient ces derniers mois. Ce qu’elle avait fait concrètement, où elle était allée. Ce n’était que des faits qui étaient balancés comme on jette quelque chose dans une poêle ou dans un quelconque récipient ouais. C’était juste comme ça. Il n’y avait pas de détails, il n’y avait pas de ressentis derrière. La blonde agissait toujours de cette manière. Greenville, Hunter (d’ailleurs, Nathan marqua un arrêt et fronça les sourcils à cette vérité avouée et la blonde savait que les choses étaient loin d’être terminée sur ce point), Las Vegas. Et, c’était tout. Elle ne voulait pas entrer dans le détail. Elle ne voulait pas aborder ses sentiments. Alors, la blonde agit encore une fois impulsivement. Et, ce n’était pas là qu’un détournement pour éviter d’en parler. C’était une nécessité aussi alors qu’elle obligeait le jeune homme à s’arrêter et qu’elle venait se blottir contre lui en même temps que la culpabilité continuait de dévorer son être. Elle s’excusait encore une fois, elle avouait qu’il lui avait manqué. Et, le jeune homme se contenta de dire que ce n’était pas grave tant qu’elle allait mieux et qu’elle était redevenue elle-même. C’était tout ce qui comptait. Et, la blonde ne put s’empêcher de se sentir toujours plus coupable en vérité.

Pour elle c’était grave. Elle s’en voulait de l’avoir abandonné. Elle s’en voulait de ne pas lui avoir laissé quelque chose – n’importe quoi – pour pouvoir la joindre en cas de nécessité. Elle s’en voulait et elle ne connaissait pas encore tout ce qu’il s’était passé. La blonde aurait aimé répliquer à Nathan que c’était grave et qu’il n’y avait pas qu’elle dans l’histoire, mais elle n’en dit pas un mot préférant éviter une quelconque prise de tête. Ils se retrouvaient enfin devant l’immeuble de Nathan et il lâchait sa main pour prendre les clés. Étrangement, la blonde se sentait soudainement encore plus coupable lorsqu’il n’y avait aucun contact avec Nathan. Elle avait peur qu’il ne lui file entre les doigts. Ils pénétrèrent tous deux dans l’appartement et la rebelle observa un instant le chaton interagir avec son ami. Et, elle était simplement heureuse. Heureuse de voir deux êtres qui semblaient bien s’aimer. Crotte, Nathan lui indiquait une chaise sur laquelle s’asseoir et elle n’aimait pas cela. Elle n’aimait pas rester inactive et observer le jeune homme chercher ses affaires. Elle n’aimait pas être assise à cet instant tout simplement parce que ça se ressentait dans l’air. Les explications de son absence n’étaient guère suffisantes et Nathan allait chercher de percer un point là, dans quelques minutes. Bonne pioche ! Nathan s’assit en face d’elle avec ce regard tendre et il commença. Il prononçait le prénom d’Hunter et la rebelle ne put s’empêcher de grimacer. Merde, c’était mal parti. Il lui demandait si elle l’aimait toujours. Il lui demandait comment c’était lorsqu’ils vivaient tous les deux. La blonde haussa les épaules et Nathan continuait en avançant qu’elle méritait tellement mieux. Ce n’était pas forcément sa priorité mais elle devait trouver un mec, un vrai. Quelqu’un qui pourrait la respecter et prendre soin d’elle vraiment. Sur le coup, si Nathan n’était pas gay, elle aurait dit que c’était lui qui pouvait lui convenir. Mais, elle ne dit rien de cela et la confession glissa. Encore une fois.

J’sais pas ce que je ressens actuellement pour lui… J’pourrais même pas te dire comment je réagirais s’il débarquait à nouveau ici… Elle haussait les épaules, incertaine. Ouais, elle n’en savait foutrement rien. Elle serait bien capable  de se rejeter dans les bras de cet homme sans doute si jamais il débarquait en ville. Ouais. C’était… Bien, je suppose… C’était une sorte de vie posée… T’sais une vie normale. Je bossais chez lui avec mes dessins, il allait au boulot et on se retrouvait comme un couple… Ouais… C’était une routine normale et humaine j’crois. Lena n’avait jamais réellement vécu avec quelqu’un, elle n’avait jamais réellement eu l’occasion de partager sa vie avec d’autres personnes alors elle ne savait pas réellement. Les mots étaient balancés ainsi, incertains sans doute. Et, la rebelle préféra replonger dans ce qu’elle connaissait plutôt que d’étaler encore plus ce qu’elle ressentait. Beurk, j’veux pas me poser avec quelqu’un ! Ma vie est déjà suffisamment bien comme cela.

Foutaise. Sa vie était une constante descente aux enfers qu’elle orchestrait toute seule. Sa vie n’était pas bien ou en tout cas elle ne l’était pas aux yeux de la société, de l’humanité et de la normalité sans doute. Ouais, parce que putain, à son âge on envisageait une carrière précise, on envisageait de se poser avec quelqu’un avec qui on trainait déjà en couple. Lena fut coupée dans ses pensées lorsque Nathan lui fit signe de bouger et ils se retrouvaient à nouveau dans la rue, dans le froid de New-York. Direction le fast-food maintenant et ils prendraient peut-être un taxi pour aller jusqu’à l’appartement de la blonde. Merde, il faisait trop froid et la blonde avait bien noté que Nathan semblait être crevé. Il était hors de question de faire toute la route à pied. Un taxi serait parfait. La voix du jeune homme la tira de ses pensées alors qu’il lui demandait de raconter Las Vegas. Y avait-elle rencontré du beau monde ? Qu’est-ce qui l’avait poussé à revenir ? Et, il ajoutait une sorte de plaisanterie comme quoi elle aurait dû l’appeler pour qu’il la rejoigne et qu’ils commencent une nouvelle vie tous les deux. Il pouffait et cela fit sourire la demoiselle qui reprit la parole.

Las Vegas était magique… Mmh hormis quelques coups d’un soir et ce genre de choses, je n’ai pas vraiment rencontré du monde. C’était bien là-bas vraiment hein, je me suis bien amusée et je me sentais bien. Mais, ce n’était pas chez moi et il n’y avait pas tes beaux yeux alors je ne pouvais pas rester. Et, mmh promis, la prochaine fois, tu partiras dès le départ avec moi comme ça on pourra directement commencer une nouvelle vie ailleurs.

Elle lui fit un clin d’œil lui offrant un grand sourire. Lena ne s’attarda pas à décrire tout Las Vegas, tout ce qu’elle avait vécu là-bas parce qu’elle ne voulait pas le faire autant par pudeur que par respect. À quoi bon vanter une ville où ils n’étaient pas ? Et, elle se contentait de quelques mots pour expliquer son retour. Ce sentiment de ne pas être chez elle, ce manque dans son être. Puis, elle faisait une foutue promesse. Et, malgré la plaisanterie qui se cachait derrière cette offre, la jeune fille était parfaitement sérieuse. Si un jour elle partait, elle était d’accord pour emmener Nathan avec elle et pour recommencer une nouvelle vie ailleurs. Qu’est-ce qui la retenait à New-York ? Ryder ? Milo ? Ses contacts ? Plein de personnes, plein de petites choses. Mais il y avait toujours une solution non ? L’idée de commencer une nouvelle vie la faisait sourire. Mais son sourire se fana trop vite lorsque Nathan prit la parole. On lui avait fait du mal il y a quelques semaines… Un type l’avait sauvé… Le mec qui lui avait fait du mal était mort d’après ce qu’on lui avait dit alors elle ne devait pas s’en faire. C’était un électrochoc. Violent et certain. Ça faisait trop mal. Nathan ne donnait pas de détails mais elle avait saisit. Elle ne pouvait même pas répliquer parce qu’il pénétrait dans le fast-food et qu’elle refusait de créer un scandale là. Alors qu’ils faisaient tranquillement la queue, les mots de Nathan repassaient dans la tête de la blonde et elle se sentait mal. L’odeur de la bouffe lui donnait la nausée. Son cœur battait à cent à l’heure. Elle était certaine d’être trop pâle. Elle avait du mal à respirer. Fébrile, la blonde fouilla dans ses poches avant de tendre une liasse d’argent à Nathan. Elle se saisit du panier du chat en même temps qu’elle prenait la parole.

Je… Écoute, vas-y commande tout ce que tu veux hein, sans restriction… Je vais t’attendre juste devant si jamais tu n’as pas assez pour payer… J’serait juste à l’extérieur, prend ton temps et j’vais nous appeler un taxi comme ça…

La rebelle ne laissait pas le temps à Nathan de donner son avis ou de lui répondre et elle se faufilait déjà à l’extérieur respirant à plein poumon comme si cela pouvait l’aider. Elle avait prit le panier du chat comme une promesse de ne pas s’enfuir loin, comme une promesse qu’elle serait juste là. Et, même si elle avait tenté de faire bien passer les choses ou de faire comme si tout allait bien, Lena était certaine que Nathan était déjà au courant qu’elle se sentait mal. Elle espérait simplement qu’il allait l’écouter parce que sinon elle serait obligée d’entrer à nouveau dans ce fast-food et elle ne s’en sentait pas capable. S’appuyant contre un lampadaire, la blonde avait les yeux à moitié fermé et elle s’efforçait de compter dans sa tête. Elle ressentait toujours cette envie de vomir. Sa respiration demeurait hachée. Elle se sentait simplement trop coupable. Elle avait juste trop mal. Elle était une pauvre fille pitoyable. Et, elle n’était même pas foutu de protéger son Nathan. Son trésor.
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MessageSujet: Re: Here we go again ☁ Nathan

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Here we go again ☁ Nathan

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